Santé

«Ça m’a sauvé la vie»: un essai clinique sur des AVC en cours au CHUM

Il s’agirait du premier médicament efficace pour traiter les AVC de type hémorragie cérébrale.

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Un essai clinique sur les AVC hémorragiques au CHUM Le CHUM fait actuellement partie d'un essai clinique portant sur le traitement d'une forme d'AVC grave.

Le 25 novembre dernier, Sahntharja Santhalingan a subi une hémorragie cérébrale aiguë ― une forme d’AVC très grave ― alors qu’il se trouvait à son travail.

Il a rapidement reconnu les signes d’un AVC.

«J’avais des douleurs sur les pieds que je ne pouvais plus bouger. Les doigts, je ne pouvais plus les contrôler. La face, ça faisait un peu comme si je ne pouvais plus la sentir…»

«Tout à coup, je sentais que j’avais un AVC.»

—  Sahntharja Santhalingan

En 45 minutes, il s’est rendu au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Une fois sur place, l’homme de 34 a appris qu’il est éligible à un essai clinique. Il est alors pris en charge par la Dre Laura Gioia, neurologue vasculaire.

«Le risque imminent, c’est qu’il y a une croissance d’hématome», explique la Dre Gioia.

«Quand ça augmente, ça peut être comme on dit, une avalanche. […] Ça peut mettre la vie en risque»

—  Dre Laura Gioia neurologue vasculaire

L’essai clinique cible les patients dans les deux premières heures de l’AVC. Le CHUM et le CHU de Québec y participent. L’étude FASTEST cherche à déterminer si l’administration en urgence du rfVIIa ― idéalement dans les deux heures suivant l’apparition des premiers symptômes d’AVC ― pourrait freiner l’ampleur du saignement dans le cerveau, et du fait même améliorer les chances de récupération à long terme. Si l’essai est concluant, il s’agirait du premier médicament efficace pour traiter les AVC de type hémorragie cérébrale.

L’AVC hémorragique ne représente que de 10 à 15 % de tous les AVC (les autres étant des AVC ischémiques). Environ le tiers des patients décéderont dans les 30 jours suivant l’AVC, et jusqu’à la moitié dans l’année suivante. Les survivants devront habituellement composer avec des séquelles neurologiques importantes.

Les participants sont répartis de manière aléatoire donc il est actuellement impossible de savoir si les bénéfices sont dus au médicament ou à l’effet placebo avant la fin de l’étude. M. Santhalingan dit que cela a sauvé sa vie alors qu’il ne voulait pas être opéré.

Avec des informations de Jean-Benoit Legault pour La Presse canadienne