Santé

Bris de service à prévoir dans l’unité des naissances de l’Hôpital de Saint-Eustache en août

Des fermetures sont à venir en raison d’une pénurie d’obstétriciens et de gynécologues.

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Hôpital de Saint-Eustache. Photo d'archives (CTV News)

Le service de maternité de l’Hôpital de Saint-Eustache, situé sur la Rive-Nord de Montréal, fermera temporairement ses portes à deux reprises au mois d’août en raison d’une pénurie d’obstétriciens et de gynécologues.

La fermeture est prévue du 14 au 17 août et du 21 au 24 août, de 8 h à 20 h. Il s’agit de la deuxième fermeture temporaire de cet hôpital, après celle survenue en juin.

Ces fermetures temporaires font suite à un transfert des services de maternité de l’Hôpital de Saint-Eustache vers l’Hôpital de Saint-Jérôme, qui a duré quatre mois, du 12 décembre 2025 au 15 avril 2026. Les deux hôpitaux sont distants d’environ 31 kilomètres.

Ce transfert a nécessité le déplacement de médecins, de personnel infirmier et de certains équipements de Saint-Eustache à Saint-Jérôme, et les femmes enceintes ont été admises à l’Hôpital de Saint-Jérôme pour y accoucher.

« Depuis plusieurs années déjà, le service d’obstétrique et de gynécologie de l’Hôpital de Saint-Eustache est confronté à une pénurie d’obstétriciens et de gynécologues, qui s’inscrit dans le cadre d’une pénurie nationale plus large », a déclaré Valérie Maynard, porte-parole de Santé Québec Laurentides.

« Soyez assurés que chaque femme enceinte sera accompagnée et soutenue, en fonction de sa situation. Nous reconnaissons l’importance de la grossesse et de l’accouchement dans la vie d’une femme. C’est pourquoi nous nous engageons à les rassurer et à maintenir des services de haute qualité. »

—  Valérie Maynard, porte-parole de Santé Québec Laurentides

Pendant ces périodes de fermeture temporaire, il est conseillé aux femmes enceintes de contacter le service de maternité au 450 473-6811, poste 42180, avant de se déplacer.

Une infirmière obstétricienne est disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept, pour évaluer les patientes et les orienter vers un hôpital voisin ou le service de santé le plus approprié, en fonction de la situation.

Les femmes enceintes à 36 semaines de grossesse ou plus ont été contactées à titre préventif afin de faciliter leur parcours de soins jusqu’à l’accouchement, a dit Mme Maynard à CTV News.

Selon Santé Québec Laurentides, l’Hôpital de Saint-Eustache compte actuellement cinq obstétriciens-gynécologues à temps plein sur un total de neuf postes disponibles.

Pendant la période de transfert, au cours de laquelle les ressources de l’Hôpital de Saint-Eustache ont été réaffectées à l’Hôpital de Saint-Jérôme, l’établissement disposait de trois obstétriciens-gynécologues à temps plein.

« Nous mettons tout en œuvre pour résoudre cette situation à long terme », a déclaré Mme Maynard.

Selon Mme Maynard, Santé-Québec Laurentides a lancé plusieurs initiatives de recrutement pour pallier la pénurie de personnel à l’hôpital.

Cela inclut des efforts menés par l’intermédiaire de la Fédération des médecins résidents du Québec et de l’Association des obstétriciens-gynécologues du Québec (AOGQ), ainsi que le ciblage d’infirmières cliniques et d’infirmières praticiennes spécialisées dans les soins aux adultes et le recrutement à l’international.

L'Hôpital de Saint-Eustache. (CTV News)

Une pénurie qui touche l’ensemble du Québec

La pénurie d’obstétriciens et de gynécologues touche l’ensemble du Québec et du Canada, selon l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec (AOGQ).

L’Hôpital d’Alma, l’Hôpital et le CLSC de Sept-Îles, l’Hôpital de Granby, l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima et l’Hôpital du Haut-Richelieu ont récemment connu, ou connaissent actuellement, des fermetures en raison de cette pénurie, selon l’association.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec Santé-Québec et le gouvernement pour expliquer la situation des obstétriciens et gynécologues dans la province, qui est très problématique », a déclaré la Dre Vanessa Picard-Fortin, membre du conseil d’administration de l’association et directrice du Centre d’obstétrique et de gynécologie de la Cité.

« Nous avons connu des fermetures à répétition parce que cette situation n’est pas prise en compte. »

Au Québec, on compte 564 obstétriciens et gynécologues, et 42 postes vacants.

Mme Picard-Fortin a indiqué que plusieurs facteurs contribuent à cette pénurie au Québec, notamment un nombre plafonné de places en internat pour les nouveaux spécialistes, un nombre limité d’obstétriciens pratiquant des interventions chirurgicales d’urgence, ainsi que des départs à la retraite anticipés en raison de la nature exigeante de la profession.

Elle a également indiqué que l’accord actuel entre le gouvernement et les obstétriciens-gynécologues rend difficile le remplacement de collègues dans d’autres régions de la province, et que les ressources ne sont pas réparties de manière optimale en fonction de la taille de la population et de la demande dans chaque région de la province.

« Nous faisons tout notre possible pour limiter ces fermetures et tenter de convaincre le gouvernement, mais ces fermetures sont inévitables pour le moment », déplore Mme Picard-Fortin.