Santé

Bientôt un ordre professionnel pour les kinésiologues du Québec ?

Au-delà des avantages pour les praticiens, la création d’un ordre viserait avant tout à renforcer la protection du public en réglementant et en surveillant l’exercice de la profession.

Mis à jour le 

Publié le 

Bientôt un ordre professionnel pour les kinésiologues du Québec ? Selon des sources proches du dossier, les kinésiologues du Québec pourraient prochainement obtenir leur propre ordre professionnel. Cette étape marquerait une avancée majeure pour la reconnaissance de la profession, tant auprès des instances gouvernementales que du grand public. Après 20 ans d’attente, les démarches n’ont jamais été aussi près d’aboutir.

Selon des sources proches du dossier, les kinésiologues du Québec pourraient prochainement obtenir leur propre ordre professionnel. Cette étape marquerait une avancée majeure pour la reconnaissance de la profession, tant auprès des instances gouvernementales que du grand public. Après 20 ans d’attente, les démarches n’ont jamais été aussi près d’aboutir.

Bien que la discipline gagne en popularité, elle demeure méconnue pour plusieurs. La mission du kinésiologue consiste à améliorer la condition physique de chaque individu — qu’il présente ou non une condition de santé particulière — par une pratique régulière de l’activité physique. De nombreuses disciplines de la santé, comme la physiothérapie, l’ergothérapie ou, plus récemment, la thérapie du sport, disposent déjà de leur propre structure d’encadrement.

Au-delà des avantages pour les praticiens, la création d’un ordre viserait avant tout à renforcer la protection du public en réglementant et en surveillant l’exercice de la profession.

«Là, présentement, c’est les associations qui jouent le rôle de police, si on veut, au niveau des membres, là, ce serait l’ordre professionnel qui ferait ce travail-là», souligne Roberto Poirier, président de l’AKKOMQ.

«Ça donne un certain pouvoir vraiment juridique et légal, dans le cas par exemple, de gens qui interviendraient de manière inadéquate ou inappropriée ou dangereuse pour certains», a affirmé Marc-Antoine Pépin, président de la Fédération des kinésiologues du Québec.

Pourquoi maintenant ?

Pourquoi une telle attente ? La discipline, née à la fin des années 90, est relativement jeune par rapport à d’autres sciences de la santé établies depuis les années 50.

Depuis l’émergence de la profession au Québec, quatre tentatives d’encadrement ont eu lieu. Jusqu’à récemment, les autorités jugeaient que les risques pour le public n’étaient pas assez élevés pour justifier la structure d’un ordre.

«La demande actuelle est une demande qui est beaucoup plus récente. On parle de 2013. Il y a eu une reconnaissance par l’office des professions qu’il y avait un risque de préjudice pour le public et ça justifie les nouvelles démarches», ajoute M. Pépin.

Alors qu’ils n’étaient qu’une poignée au début des années 2000, les kinésiologues sont aujourd’hui plusieurs milliers et sont formés dans dix universités à travers la province. Chez les étudiants, l’absence d’ordre professionnel est un sujet de discussion récurrent.

«Selon moi les kinésiologues, c’est 100 % un programme qui mérite son ordre de la santé. On a certains cours où est-ce que justement on l’aborde, le fait qu’on n’aille pas d’ordres qu’il y a des personnes dans de différentes organisations qui y travaillent», a mentionné Xavier Carignan, Étudiant en kinésiologie, UQTR

Des enjeux à clarifier

Si le projet est accepté, plusieurs questions resteront à trancher. Il faudra d’abord déterminer si les kinésiologues formeront un ordre indépendant ou s’ils seront affiliés à une structure existante, à l’image des thérapeutes sportifs.

Un autre point crucial soulevé par Roberto Poirier concerne le sort des pionniers de la profession. Certains kinésiologues en exercice avant les années 2000 n’ont pas suivi le cursus universitaire actuel. Pour le président de l’AKKOMQ, il est impératif de prévoir des clauses pour garantir leur sécurité d’emploi.

«Ce qui est un peu paradoxal, c’est que les premiers kinésiologues qui sont sortis en 2000 ont été formés par des non-kinésiologue […] ça va être important d’avoir une forme de loi grand-père dans cet ordre professionnel là, pour reconnaître ceux qui étaient là auparavant», a dit M. Poirier Sollicité à ce sujet, le ministre du Travail, Jean Boulet, n’a pas souhaité commenter l’état d’avancement du dossier pour le moment.