Britany Fecteau, de Beauharnois, est devenue la première personne au Canada à subir une intervention rare destinée à préserver la fertilité des femmes suivant une radiothérapie pelvienne pour traiter un cancer de la région pelvienne.
Âgée de 29 ans, Britany Fecteau a eu son premier fils il y a 6 ans. À la fin de l’année dernière, elle a découvert une grosseur au niveau de l’aine, qui s’est avérée être un lymphome de Hodgkin après des examens.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Elle a appris que le traitement pourrait affecter sa fertilité et la faire entrer en ménopause précoce.
«Ça a été très difficile. Ça a aussi été dur pour mes proches», a-t-elle confié à CTV News. «J’essayais de ne pas trop m’inquiéter et de rester positive, car je voulais être forte pour mon fils.»

Le Dr Reitan Ribeiro, gynécologue-oncologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), a mis au point et pratiqué l’intervention chirurgicale subie par Mme Fecteau. Elle estime que c’est un coup de chance d’avoir appris qu’elle pouvait être candidate à cette intervention.
«Je sais aujourd’hui que cette opération m’a sauvée, grâce au Dr Ribeiro. Elle a préservé ma fertilité, mais elle m’a aussi évité d’entrer en ménopause précoce», a-t-elle dit.
Nouvel espoir pour les jeunes adultes atteints d’un cancer
Cette intervention, appelée «transposition utérine», consiste à déplacer l’utérus, les ovaires et les trompes de Fallope vers la partie supérieure de l’abdomen lors d’une première intervention chirurgicale, afin de les protéger du champ de rayonnement pendant la radiothérapie, car les rayons peuvent endommager les organes reproducteurs même à faibles doses.
L’utérus, les ovaires et les trompes de Fallope sont ensuite replacés dans leur position d’origine lors d’une deuxième intervention, une fois la radiothérapie terminée.
Le Dr Ribeiro a pratiqué cette intervention plus de 45 fois à travers le monde, ce qui a permis 6 grossesses naturelles menées à terme.
Cette procédure est destinée aux patientes atteintes de cancers pelviens qui n’affectent pas les organes reproducteurs, tels que certains cancers colorectaux, les lymphomes et d’autres cancers localisés dans le bassin. Elle n’est généralement pas utilisée pour les cancers de l’utérus, des ovaires et du col de l’utérus, qui touchent directement les organes reproducteurs.
Il affirme que cette intervention chirurgicale représente un nouvel espoir pour les jeunes adultes atteints d’un cancer qui envisagent de fonder une famille. Selon le Dr Ribeiro, elle prend en compte non seulement le traitement des patients, mais aussi les effets à long terme de ce traitement.

«Nous apportons davantage d’espoir aux patients en ce qui concerne leur fertilité, et je pense que c’est important car cela témoigne d’une volonté d’améliorer leur qualité de vie», a dit le Dr Ribeiro à CTV News. «Il ne s’agit pas seulement de traiter le cancer, mais aussi de veiller à ce qu’ils puissent profiter de la vie et de permettre aux patients de retrouver tout leur potentiel de vie.»
Un besoin croissant d’innovation
Jusqu’à présent, la principale option pour préserver la fertilité avant un traitement anticancéreux consistait à stimuler les ovaires par stimulation artificielle, à prélever des ovocytes et à les congeler.
Mais ce processus retarde le début du traitement anticancéreux et repose sur des techniques de procréation médicalement assistée, qui peuvent s’avérer coûteuses pour les patientes et ne permettent de prélever qu’un nombre limité d’ovocytes. Surtout, si la radiothérapie endommage l’utérus pendant le traitement anticancéreux, une femme ne peut pas mener une grossesse à terme.
Alors que les cas de cancer chez les jeunes patients sont en augmentation, en particulier le cancer du rectum, le Dr Ribeiro souligne qu’il existe un besoin croissant de traitements plus innovants et plus complets, qui ne se limitent pas au traitement du cancer, mais prennent également en compte la vie des patients après le traitement.
«Je pense que nous devons garder l’esprit ouvert et rechercher d’autres moyens de préserver la fertilité, que ce soit dans le cadre d’un cancer ou dans d’autres situations», a-t-il précisé. «Cette intervention chirurgicale est une technique que, pendant de nombreuses années, personne n’envisageait même d’essayer, car elle semblait en quelque sorte impossible. Puis nous avons réalisé qu’il était parfois possible de trouver une solution.»
«Nous pouvons innover dans bon nombre des traitements que nous pratiquons», a-t-il conclu.

