Le plan environnemental présenté par Québec solidaire (QS) vendredi matin prévoit de responsabiliser les grands pollueurs et leur faire payer une partie du coût de la transition et mise aussi sur un investissement massif en transport en commun.
Dans la lutte aux gaz à effet de serre, Québec solidaire revient à l’échéancier qui était prévu avant que le gouvernement de la Coalition avenir Québec ne le change en janvier 2026, c’est-à-dire une réduction des émissions de 37,5 %, au minimum, d’ici 2030.
«C’est la cible recommandée par le Comité consultatif sur les changements climatiques pour, aussi, atteindre la carboneutralité d’ici 2050», a indiqué la porte-parole solidaire Ruba Ghazal en conférence de presse, à Québec, vendredi matin.
Pour y arriver, le plan solidaire de lutte et d’adaptation aux changements climatiques, intitulé «Préparer l’avenir», prévoit 23 milliards $ d’investissements en transports collectifs.
QS prévoit ainsi augmenter la proportion d’investissements dans les transports collectifs au-delà de 50 % des dépenses publiques en transport. «Cela revient à investir un dollar dans le transport collectif pour chaque dollar investi dans le réseau routier», souligne le document.
Dans la dernière décennie au Québec, environ de 65 à 70 % des investissements publics en mobilité ont été consacrés au transport routier, contre 30 à 35 % pour le transport collectif.
Québec solidaire veut également instaurer la gratuité aux jeunes de 25 ans et moins et aux personnes âgées de 65 ans et plus dans les différents réseaux de transports collectifs.
QS compte aussi poursuivre pour quatre ans le programme «Roulez vert» qui se termine cette année afin de favoriser l’achat de voitures électriques.
Le plan interdirait la vente de véhicules légers neufs à essence dès 2035 et l’immatriculation de nouveaux véhicules à essence à partir de 2045
Il prévoit aussi un programme de rachat des véhicules usagés, appelé «Vieux bazous» et évalué à 10 millions $ par année, qui offrirait «un montant de 1000 $ aux personnes qui se départissent de leurs véhicules de plus de 15 ans et qui leur octroierait un laissez-passer annuel en transport en commun pour un an ou un abonnement à un service d’autopartage».
Des infrastructures vertes
Un investissement de 950 millions $ serait consacré aux infrastructures vertes dans un premier mandat et 250 millions $ par année pour «financer un programme d’adaptations résidentielles pour favoriser l’efficacité et la sobriété énergétique, la rénovation thermique et la conversion des systèmes de chauffage».
QS veut aussi mettre fin à l’installation de tout nouvel équipement de chauffage aux énergies fossiles à partir de 2027.
Faire payer les grands pollueurs
Le parti de gauche veut encadrer les émissions des grandes entreprises, mettre fin aux pratiques les plus polluantes et conditionner l’aide publique à des comportements responsables.
«Tout ce que ça prend, c’est de l’audace et du courage», a lancé l’aspirante première ministre Ruba Ghazal.
Elle a expliqué que les coûts de la transition devraient être assumés en priorité par ceux qui ont le plus contribué au problème.
QS compte, par exemple, réserver «les aides financières gouvernementales aux entreprises respectant les normes environnementales et qui sont engagées dans une trajectoire crédible de réduction de leurs émissions».
Le parti veut aussi réformer le Système de plafonnement et d’échange de droits d’émission (SPEDE) lié au marché du carbone, «afin que les grands émetteurs réduisent leurs émissions principalement à la source plutôt que de les compenser».
Un nouveau contrat social avec les minières
Québec solidaire souhaite «conditionner tout développement minier au respect d’un nouveau contrat social minier», qui inclurait de nouvelles réglementations.
Le plan interdirait, par exemple, la destruction des lacs pour le remblayage de déchets miniers et «tout développement minier sera assujetti au principe pollueur-payeur».
2 milliards $ pour les municipalités
Vendredi après-midi, Ruba Ghazal, comme les chefs des autres partis, était de passage au Sommet électoral de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), à Québec.
L’UMQ réclame au provincial du financement supplémentaire totalisant 3 milliards $, dont 2 milliards $ en adaptation aux changements climatiques, et ce, dès cette année.
«Moi, mon engagement est clair, c’est 2 milliards de dollars pour les infrastructures municipales», a-t-elle dit.
Il faut également «réparer les infrastructures de transport en commun», a ajouté la porte-parole solidaire en répétant son engagement de 23 milliards $ pour les infrastructures en transport en commun.
