Les promesses électorales de QS

Québec solidaire souhaite réglementer l'industrie du courtage immobilier

QS promet notamment d’exiger la divulgation des offres d’achat reçues afin de faire cesser les enchères à l’aveugle.

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QS veut réglementer l'industrie du courtage immobilier Jugeant le marché immobilier «déséquilibré», Québec solidaire souhaite encadrer l’industrie du courtage afin de protéger les acheteurs, notamment en mettant fin aux «enchères à l’aveugle».

Jugeant le marché immobilier «déséquilibré», Québec solidaire (QS) souhaite encadrer l’industrie du courtage afin de protéger les acheteurs, notamment en mettant fin aux «enchères à l’aveugle».

La co-porte-parole de QS, Ruba Ghazal, a annoncé dimanche trois mesures que son parti mettrait en place afin de réduire la surchauffe immobilière. Elle a fait valoir que les acheteurs, en particulier ceux d’une première propriété, sont «quand même perdants dans le marché actuel».

QS promet d’abord d’exiger la divulgation des offres d’achat reçues afin de faire cesser les enchères à l’aveugle.

«Ça va éviter qu’un acheteur propose des dizaines de milliers de dollars de plus pour être certain de ne pas perdre la maison de ses rêves, et donc, de se surendetter», a affirmé Mme Ghazal, en conférence de presse dans un quartier résidentiel de Saint-Hyacinthe, en Montérégie, aux côtés de son candidat pour le secteur, Philippe Daigneault.

Le parti souhaite aussi plafonner le calcul des commissions de courtage à la valeur affichée d’une propriété.

«Une maison à 500 000 $, si le prix de vente final est à 600 000 $, le pourcentage de la commission est calculé sur 600 000 $. Nous, ce qu’on veut, c’est que ce soit calculé sur 500 000 $, a détaillé Mme Ghazal. C’est comme un incitatif qu’on vient enlever qui contribue à la surenchère.»

Finalement, QS veut réformer l’encadrement légal du courtage immobilier.

«Les courtiers ne devraient pas s’enrichir au détriment des acheteurs, qui subissent énormément les effets de la surchauffe immobilière, a dit la co-porte-parole de QS. Présentement, ce sont les courtiers qui mènent la barque, et on le voit, ça ne fonctionne pas du tout. Il faut serrer la vis.»

M. Daigneault, le candidat solidaire, a souligné que cet encadrement passerait par l’adoption de «normes rigoureuses et de mécanismes de reddition de comptes et de régulation par un processus indépendant».

Il a rappelé le cas du courtier Samuel Bérubé, dont l’histoire avait été rapportée par le «Journal de Montréal» en juillet dernier, qui s’est mis à dos une partie de l’industrie du courtage pour avoir proposé de travailler pour une commission débutant à 1,25 %. Le «Journal» indiquait que Re/Max lui avait proposé de rompre ses liens avec l’agence pour avoir proposé un tarif aussi bas.

«Il a été puni parce qu’il a eu l’audace d’être compétitif et d’offrir une commission plus basse pour les vendeurs. Ça n’a aucun sens», a déploré M. Daigneault.

Questionnée sur les inquiétudes que pourraient avoir les courtiers immobiliers par rapport à de telles réglementations, Mme Ghazal a soutenu que «c’est bon d’avoir un marché où les règles du marché fonctionnent, un marché de l’immobilier où l’on va permettre à plus de gens d’acheter».

«Ils (les courtiers) vont pouvoir continuer à faire des profits, à faire de l’argent, à vivre de leur métier. C’est juste qu’on va pouvoir avoir un équilibre pour que tout le monde sorte gagnant, et qu’il n’y ait pas juste des gagnants et des perdants là-dedans», a fait valoir Mme Ghazal.

Ces mesures s’ajoutent à celles annoncées par QS plus tôt dans la campagne électorale afin de faciliter l’accès à la propriété.

Le parti de gauche avait déjà affirmé vouloir aider les premiers acheteurs d’une maison principale sous le prix médian du marché avec un co-investissement allant jusqu’à 15 % de la valeur d’une maison neuve, ou de 5 % de la valeur d’une maison existante (à concurrence de 50 000 $). QS avait aussi dit vouloir développer des modèles alternatifs d’accès à la propriété.

Une «bromance» entre le PQ et le PCQ

En point de presse dans un verger à Saint-Mathias-sur-Richelieu dimanche après-midi, Mme Ghazal a pointé la formation d’une «bromance» entre le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, et le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, plus particulièrement dans leur opposition sur le projet de train à grande vitesse (TGV) d’Alto.

Samedi, M. Duhaime a participé à un rassemblement contre le TGV à Rigaud. Il a alors affirmé que les opposants au TGV pourraient être majoritaires à l’Assemblée nationale après les élections. Le PQ a déjà fait connaître son opposition au projet de TGV reliant Québec à Toronto.

«Moi, j’ai commencé à le remarquer pendant la campagne, plus particulièrement pendant les débats. Éric Duhaime et le Parti québécois sont de plus en plus d’accord sur beaucoup de choses. Par exemple, ils sont d’accord sur le fait d’éliminer le fonds des subventions des entreprises. Éric Duhaime et le Parti québécois sont d’accord pour baisser les taxes sur l’essence», a déclaré Mme Ghazal.

«Je remarque une “bromance” entre ces deux-là de plus en plus pendant la campagne.»

La co-porte-parole de QS a également réitéré l’appui de son parti au projet de TGV. «C’est un projet important, c’est un projet dont on a besoin ici au Québec», a-t-elle soutenu, en ajoutant que le fait que le PQ et le PCQ sont tous deux contre le projet «est une mauvaise chose pour le transport en commun et notre lutte au changement climatique au Québec».

Coralie Laplante

Coralie Laplante

Journaliste