Les promesses électorales de QS

Québec solidaire appuie une réforme parlementaire et promet 50 000 logements sociaux

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Québec solidaire s’engage à livrer 50 000 logements sociaux dans un premier mandat Québec solidaire s’engage à livrer 50 000 logements sociaux dans un premier mandat pour que le marché locatif redevienne abordable au Québec.

La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, estime qu’il faudra absolument procéder à une réforme des règles parlementaire dans le nouveau contexte électoral où cinq partis sont en voie d’être représentés à l’Assemblée nationale, du jamais vu.

La règle de procédure parlementaire dans l’enceinte provinciale prévoit qu’un parti doit détenir 12 sièges ou avoir obtenu 20 % des votes dans une élection pour obtenir le statut de groupe parlementaire, statut qui lui confère certains avantages en matière d’interventions en chambre ou de budgets de recherche, notamment. Cette règle n’a toutefois pas force de loi et tant Québec solidaire, avec 11 sièges, que le Parti québécois, avec seulement trois, avaient réussi à obtenir ce statut après l’élection de 2022 et après négociation avec les autres partis.

Les projections actuelles laissent entrevoir que Québec solidaire n’atteindra pas la barre des 12 sièges et que le Parti conservateur d’Éric Duhaime pourrait la franchir, mais de justesse. Pour Ruba Ghazal, le temps est venu de changer le règlement: «Est-ce qu’il (faudrait) une réforme au Parlement pour que ça soit représentatif de la nouvelle situation, de la population, de la volonté populaire? Absolument. Absolument, on en a besoin. On a eu plein de discussions depuis 2018 et même avant par rapport à la réforme du Parlement, des règles pour qu’elles soient représentatives et que la volonté populaire soit plus exprimée et plus représentée au Parlement.»

Réformer le mode de scrutin

Cette question, croit-elle, s’inscrit dans la même veine qu’une réforme du mode de scrutin, que tous les partis ont déjà promis de réaliser lorsqu’ils étaient dans l’opposition, mais qu’aucun n’a réalisé une fois au pouvoir après avoir profité du mode de scrutin actuel. «La population, ce qu’elle nous dit, c’est: “je veux que notre voix soit entendue”. En ce moment dans le Parlement et dans la façon qu’on fonctionne, il y a une déconnexion entre la population et le Parlement. Et si on veut que les gens soient intéressés, puis sentent qu’ils ont une prise sur leur démocratie, bien, il faut oui, absolument une réforme.»

Cette question est d’ailleurs la seule susceptible de mener à une collaboration avec le chef conservateur Éric Duhaime, qui offre de collaborer avec tous les autres partis. En termes de proposition politique, par contre, Ruba Ghazal est aux antipodes du conservateur: «On a déjà soupé de ce discours-là qui dit, on va couper, couper et couper puis il n’y aura pas d’impact sur la population. Ce n’est pas vrai. Ce sont des mensonges.»

«Bromance» entre Duhaime et St-Pierre Plamondon

Et elle persiste et signe, les conservateurs et le Parti québécois se ressemblent de plus en plus sur ces questions: «Ce qui m’a vraiment frappée pendant la campagne électorale et aussi pendant les débats, c’est à quel point Éric Duhaime trouve que c’est bon ce que propose le Parti québécois. À quel point il est à l’aise avec le Parti québécois et leurs propositions et il aime ça. C’est lui-même qui a parlé de former une majorité contre le TGV. Donc c’est un constat, c’est un fait. Et cette bromance-là, je l’ai constatée, puis je pense que beaucoup de gens le constatent.»

50 000 logements sociaux

Mme Ghazal était dans son comté de Mercier, lundi, pour présenter le plan solidaire en matière de logement social. Québec solidaire promet de construire 25 000 logements sociaux et de retirer 25 000 autres logements du marché afin d’offrir un total de 50 000 logements sociaux dans un premier mandat.

L’objectif est d’augmenter massivement l’offre afin de mettre une pression à la baisse sur les autres logements. La formation politique ne vise pas un modèle unique pour ces logements, mais bien différentes options comme des coopératives, des OBNL ou des HLM.

«La CAQ a complètement abandonné les locataires depuis huit ans et tous les autres partis croient que jouer sur l’offre et la demande c’est la seule manière de calmer la hausse fulgurante des loyers», a dénoncé le député sortant de Laurier-Dorion, Andrés Fontecilla.

Des vies au-delà des chiffres

Également présente à l’annonce, la candidate solidaire dans Rosemont, Gisèle Pouhe Njall, a rappelé que «la crise du logement, ce n’est pas que des chiffres. Ce sont en fait des milliers de familles qui doivent choisir entre payer le loyer et se nourrir. Ce sont aussi des enfants qui changent d’école parce que leurs parents ne peuvent plus se permettre leur logement. Ce sont également des femmes qui restent dans des relations abusives parce qu’elles n’ont nulle part où aller. Et ça, évidemment, c’est inacceptable. Le logement, ce n’est pas un luxe, en fait, ça devrait être un droit fondamental.»

La mesure est assortie d’une enveloppe annuelle de 400 millions $ qui serait consacrée au Programme de supplément au loyer, mais réservée aux 50 000 locataires de ces nouveaux logements hors marché, permettant à ceux-ci de ne pas consacrer plus de 25 % de leur revenu pour se loger.

À cela s’ajoute une promesse déjà connue d’instaurer un contrôle des loyers par le Tribunal administratif du logement et des hausses de loyers limitées à l’inflation avec un plafond de 3 %.

Pierre Saint-Arnaud

Pierre Saint-Arnaud

Journaliste