La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, estime possible d’allier le projet de train à grande vitesse (TGV) avec la protection des terres agricoles.
«Ce n’est pas un choix entre est-ce qu’on a du transport collectif ou est-ce qu’on a de l’agriculture», a affirmé la cheffe solidaire en point de presse jeudi matin, à Longueuil.
Interrogée sur sa position face au projet de TGV du promoteur Alto, Mme Ghazal a réitéré que le Québec a un retard à rattraper en matière de transport en commun.
«Maintenant, il faut faire les choses de façon intelligente», a-t-elle précisé, à quelques heures de sa rencontre avec le conseil général de l’Union des producteurs agricoles (UPA).
L’UPA a fait connaître ces derniers mois son opposition et ses préoccupations au projet actuel du TGV devant relier Québec à Toronto.
L’organisation et ses membres s’inquiètent particulièrement de la perte permanente de superficies agricoles et forestières, ainsi que de la fragmentation de terres par le passage d’un équipement qui représente une muraille infranchissable.
Consciente des inquiétudes, Mme Ghazal croit qu’«il y a moyen pour Alto de faire les choses de façon intelligente».
«Il y a moyen de nous assurer de protéger nos terres agricoles le plus possible, de rattraper notre retard et d’avoir du transport en commun. Comme ça se fait ailleurs. En France, il y a de l’agriculture, et c’est traversé par plein de TGV partout au pays. On est capable de le faire», a-t-elle soutenu.
Le premier tronçon de 200 kilomètres entre Montréal et Ottawa doit être mis en chantier dès 2029, et touchera à lui seul environ 1700 propriétés, dont au moins 500 terres agricoles, selon Alto.
À sa sortie de sa rencontre avec l’UPA durant laquelle elle a présenté certaines propositions, Mme Ghazal a affirmé qu’un gouvernement solidaire exigerait d’Ottawa une «compensation complète» pour les expropriations.
Elle a précisé que l’objectif serait de minimiser la perte de terres en mettant en place certaines mesures, comme des traverses.
Offrir un dîner à chaque enfant
Au jour 15 de la campagne électorale, QS a remis sur la table sa proposition de créer un programme d’alimentation universel dans les écoles primaires et secondaires.
«Dans le Québec de 2026, près d’un enfant sur trois va à l’école le ventre vide, a exposé Mme Ghazal. C’est inacceptable. Il faut agir là-dessus.»
Selon les plans du parti, le programme serait mis en place dans les écoles progressivement jusqu’en 2031 et il serait volontaire, c’est-à-dire que les parents pourraient se retirer s’ils le souhaitent. Les parents pourront verser une contribution volontaire de 0 à 7 $, précise-t-on.
La gestion du programme incomberait aux centres de services scolaires, qui agiraient avec le soutien d’institutions publiques et d’organismes en sécurité alimentaire.
Le parti de gauche chiffre son engagement à 480 millions $ par année. Québec solidaire avait déjà présenté cette proposition en 2024. La formation politique estimait alors le projet à 770 millions $ annuellement.
À l’époque, QS incluait un remboursement aux services de garde, ce qui a été retiré dans la proposition actuelle, a indiqué Mme Ghazal pour expliquer l’écart entre les deux estimations.
La porte-parole présente aussi son engagement comme une manière de répondre à la hausse des coûts du panier d’épicerie, en plus de pouvoir alléger la tâche des parents.
«Ça devient une charge financière pour les parents de préparer des lunchs pour les enfants. Mais c’est aussi une charge mentale. On sait que cette charge repose encore aujourd’hui en grande partie sur les mamans», a-t-elle fait valoir.
Mme Ghazal a soutenu que l’offre de dîners universels dans les écoles est implantée ailleurs dans d’autres juridictions.