La porte-parole solidaire Ruba Ghazal n’est pas passée par quatre chemins, dimanche matin, pour faire savoir ce qu’elle pense de la promesse caquiste de prioriser les résidents permanents pour les places en garderies subventionnées.
«Moi, je suis tombée en bas de ma chaise en lisant l’article hier (samedi)», a lâché Mme Ghazal lorsqu’interrogée sur cette mesure annoncée la veille par Christine Fréchette.
La cheffe de la Coalition avenir Québec avait alors affirmé que cette décision permettrait «à des femmes québécoises d’avoir davantage accès» aux services de garde.
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement caquiste tente d’empêcher l’accès aux garderies subventionnées aux demandeurs d’asile.
Un jugement de la Cour suprême de mars dernier précisait toutefois que cette mesure aurait un effet disproportionné sur les femmes.
Assurant que cette initiative n’irait pas à l’encontre des tribunaux, Mme Fréchette avait également précisé qu’une forme d’équité serait respectée, puisque cela «va permettre à des femmes québécoises d’avoir davantage accès aux services plus rapidement».
Mme Ghazal estime que cette sortie de Christine Fréchette est «vraiment décevante».
«En plus de ça, elle instrumentalise le féminisme. Le féminisme, c’est l’égalité non seulement entre les femmes et les hommes, mais c’est aussi l’égalité entre toutes les femmes», a-t-elle souligné en marge d’un point de presse au parc Frédéric-Back, à Montréal.
«Et de mettre une compétition entre les femmes, c’est ne pas comprendre, c’est quoi, le féminisme», a-t-elle soutenu.
La porte-parole de Québec solidaire estime que le vrai problème est le manque de places en CPE, ce que son parti espère améliorer en embauchant 5000 éducatrices qualifiées d’ici 2030, comme elle l’a annoncé le 17 septembre dernier.
Promotion de la «calculatrice solidaire»
Ruba Ghazal a invité dimanche matin les électeurs à faire l’exercice de sa «calculatrice solidaire» afin de vérifier l’effet que les mesures du parti pourraient avoir sur leur portefeuille.
Cette sortie intervient dans la dernière ligne droite de la campagne électorale et au moment où des Québécois se rendaient aux urnes dimanche pour la première journée de vote par anticipation.
Les électeurs qui le souhaitent peuvent vérifier anonymement si les mesures de Québec solidaire leur profiteraient en répondant à une vingtaine de questions.
Le parti les interroge notamment sur une estimation de leur revenu annuel, leur statut de propriétaire ou de locataire, s’ils sont salariés du secteur public, s’ils payent une méthode de contraception ou encore s’ils envisagent d’acheter un véhicule électrique ou hybride dans les quatre prochaines années.
«La calculatrice démontre clairement qu’une large majorité des gens vont bénéficier directement de nos engagements», a souligné Mme Ghazal.
Selon les estimations du parti, une famille avec deux enfants pourrait, par exemple, avoir 5500 $ supplémentaires dans ses poches avec leurs propositions.
Mme Ghazal a par ailleurs rappelé qu’elle avait parlé de la mise en place de cet outil de calcul lors du premier débat des chefs qui s’est tenu le 15 septembre dernier.
Cette calculatrice n’est d’ailleurs pas si nouvelle que cela, puisqu’elle avait déjà été développée lors des élections provinciales de 2022. Des experts avaient toutefois mis en avant le manque de précision de cet outil, ce qui n’a pas semblé inquiéter Mme Ghazal outre mesure.
«On demande des informations générales, on ne va pas dans le détail le plus précis, on n’est pas Revenu Québec», a-t-elle répondu lorsqu’interrogée à ce sujet.
La porte-parole croit surtout que la calculatrice vient aider les électeurs à y voir plus clair alors que «les gens ne s’y retrouvent plus» face aux engagements quotidiens des partis en campagne.
«(Les propositions de Québec solidaire) attirent l’attention de tout le monde parce qu’elles peuvent réellement les aider à souffler un peu», a-t-elle par ailleurs avancé.
Après son annonce, Ruba Ghazal s’est mise en route vers le marché artisanal Puces POP, avant de se préparer pour son passage en soirée à l’émission de Radio-Canada «Tout le monde en parle».
Avec des informations de Thomas Laberge pour La Presse Canadienne

