De passage à Sherbrooke où le parti mène une chaude lutte contre le Parti québécois (PQ), Québec solidaire (QS) s’est engagé samedi à renouveler le moratoire sur les évictions.
La candidate solidaire de la circonscription de Sherbrooke, Stéphanie Vachon, en a fait l’annonce aux côtés de la députée sortante Christine Labrie et de la co-porte-parole du parti, Ruba Ghazal.
Le moratoire sur les évictions, en vigueur depuis le 6 juin 2024 et d’une durée de trois ans, interdit au propriétaire d’un logement d’en évincer le locataire pour subdiviser le logement, l’agrandir de manière importante ou pour en changer l’usage.
«Ce qu’ils vont avoir les locataires, comme cadeau de Noël, ça va être des avis d’éviction à ne plus finir. Parce que, comme ça fait trois ans que le moratoire existe, il se termine en mai 2027, les avis vont commencer à arriver là, pendant l’automne», a affirmé Mme Ghazal, soutenant que le moratoire doit rester en place tant que la crise du logement ne sera pas résorbée.
Mme Ghazal a souligné le travail de son parti pour les locataires, rappelant que Mme Labrie a aussi travaillé à l’élargissement de la loi Françoise David pour protéger les aînés des évictions.
Mme Vachon a également promis de s’engager pour protéger le droit des locataires et pour réclamer un meilleur accès à des logements abordables. Elle a dit vouloir perpétuer le Fonds d’investissement citoyen et les séances d’informations pour les droits des locataires que Mme Labrie a mis en place.
«Moi, je refuse que Sherbrooke devienne une ville où il faut être riche pour se loger. Christine Labrie a placé la barre haute. Pendant huit ans, elle a été une voix claire, courageuse et proche du monde», a fait valoir Mme Vachon.
Selon les projections de l’agrégateur de sondages Qc125, le PQ et QS se trouvaient à égalité samedi dans la circonscription de Sherbrooke, suivis en troisième place par le Parti libéral du Québec.
Questionnée à savoir ce qu’elle dirait à un électeur indécis entre QS et le PQ, Mme Ghazal a invité les électeurs à constater les gains faits par les solidaires dans la circonscription de Sherbrooke alors que Mme Labrie était députée, ajoutant que le parti peut continuer à en faire.
«Ils voient à quel point Stéphanie, elle a des valeurs fortes, elle ne cède pas sous la pression. Quand elle dit quelque chose, c’est parce que c’est vrai, elle y croit et ils le voient», a affirmé Mme Ghazal.
«On a besoin de parler d’immigration de façon positive»
Gabriel Pallotta, candidat du PQ dans Sherbrooke, avait soutenu que son parti devait «assainir» son discours sur l’immigration, lors d’un débat dans la circonscription.
Il avait affirmé faire partie d’un groupe de 30 à 40 personnes qui étaient de son avis, avant de se rétracter et de dire qu’il avait «inventé cette histoire». Des médias ont également rapporté cette semaine que la candidate péquiste dans Maurice-Richard, Aisha Issa, a déclaré dans une entrevue plus tôt ce mois-ci trouver «triste» que des femmes ne puissent pas exercer leur profession puisqu’elles cachent leurs cheveux.
«On a besoin de parler d’immigration de façon positive, parce que des histoires positives en immigration, il y en a partout au Québec et ce discours négatif de l’immigration fait mal au Québec. Et je vois qu’il y a quand même des gens à l’interne du Parti québécois qui ont ce malaise-là, qui est tout à fait compréhensible, que je comprends», a réagi Mme Ghazal, lors d’une mêlée de presse samedi.
La co-porte-parole solidaire croit que M. Pallotta a «dit le fond de sa pensée» et que «personne n’est dupe» sur le fait qu’il aurait inventé cette histoire.
«Clairement, il s’est fait dire par le Parti québécois de revenir sur ses paroles et dire qu’il a inventé cette histoire-là, a affirmé Mme Ghazal. Moi, la question que je pose, c’est: est-ce que M. Paul St-Pierre Plamondon accepte la critique interne?»

