Les promesses électorales du PQ

St-Pierre Plamondon abolirait le lieutenant-gouverneur

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Manon Jeannotte Manon Jeannotte - Crédit image | Courtoisie

Scandalisé par les dépenses de la gouverneure générale, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a annoncé mardi qu’il veut abolir son représentant au Québec, le lieutenant-gouverneur, même si la fonction est inscrite dans la Constitution et essentielle au fonctionnement des institutions.

On apprenait mardi que le voyage de l’ancienne gouverneure générale Mary Simon au Groenland en février avait coûté 700 000 $, soit 100 000 $ par jour.

En mêlée de presse à Saint-André-Avellin, en Outaouais, M. St-Pierre Plamondon a réagi en affirmant qu’il voulait récupérer la part du Québec dans l’enveloppe fédérale qui finance le gouverneur général, pour financer ainsi la lutte à l’itinérance.

Il estime l’enveloppe fédérale à 50-60 millions $, donc la part à rapatrier du Québec serait de 12-15 millions $.

Mais qui plus est, il souhaite abolir le poste de lieutenant-gouverneur du Québec, occupé par Manon Jeannotte, qui est pourtant un rouage incontournable de l’ordre constitutionnel canadien, puisque c’est le lieutenant-gouverneur qui nomme officiellement le premier ministre et ses ministres, qui ouvre la Législature et qui signe les lois pour leur entrée en vigueur.

C’est ce que prévoit la Constitution du Canada et le Québec ne peut la changer unilatéralement. 

«C’est constitutionnel, mais il n’y a rien qui empêche l’Assemblée nationale d’agir en Parlement souverain et d’adopter une loi qui abolit les activités de la lieutenante-gouverneure et qui n’alloue plus de budget à cette mascarade qui coûte de l’argent qui pourrait être utilisé plus intelligemment - moi, je propose l’itinérance», a fait valoir M. St-Pierre Plamondon. 

Il reconnaît toutefois qu’une éventuelle loi québécoise pourrait être contestée, voire invalidée.

«Si des gens veulent aller devant les tribunaux pour nous expliquer que ce sont les tribunaux canadiens qui nous obligent à dépenser puis à gaspiller notre argent dans la monarchie britannique, ça, ce sera des choses qu’on ne contrôle pas.»  

Pour l’année 2026-2027, le ministère du Conseil exécutif du Québec verse 1,3 million $ au cabinet de la lieutenante-gouverneure.

M. St-Pierre Plamondon a affirmé qu’il trouverait une solution plus démocratique pour remplacer l’institution.

En réalité, Ottawa et le Québec se partagent le financement du lieutenant-gouverneur.

Le salaire et la retraite du lieutenant-gouverneur sont payés par le gouvernement fédéral, tandis que la province assume une part des dépenses de son bureau.

C’est donc le ministère du Conseil exécutif au Québec qui finance les salaires des employés de soutien du cabinet, les frais de sécurité et d’utilisation des véhicules officiels, les dépenses courantes de fonctionnement et activités officielles. 

Ottawa verse pour sa part une subvention annuelle, qui sert à couvrir les coûts liés à l’administration, aux déplacements officiels et à l’accueil, qui ne sont pas couverts par les provinces.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste