Un gouvernement péquiste tiendra des états généraux en éducation dans les 100 premiers jours du mandat.
C’est ce qu’a promis le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, en conférence de presse à Saint-Jérôme mercredi.
Il répondait ainsi favorablement à une demande du milieu, qui réclame une réelle discussion de fond sur le système d’éducation, 30 ans après les derniers états généraux.
«Un des objectifs, ce sera de s’inspirer des meilleures pratiques dans le monde pour rehausser le niveau (...) de chaque sphère d’éducation», a déclaré M. St-Pierre Plamondon.
D’ici là, il propose notamment de:
- réintroduire le chant et de faire une plus grande place à l’enseignement de la musique au primaire et au secondaire;
- rendre obligatoire la lecture de certaines oeuvres québécoises qui auront été sélectionnées;
- instaurer un minimum de 60 minutes d’activité physique obligatoire par jour, comme en Finlande;
- renforcer le civisme et le respect dans les écoles en mettant en place un code de sanctions «claires et plus sévères».
Par ailleurs, le PQ se pencherait sur la mixité socio-démographique et socio-économique dans les écoles, afin d’éviter la «ghetthoïsation» de certains groupes.
M. St-Pierre Plamondon a donné l’exemple de l’école secondaire Pierre-Laporte, à Montréal, où «il y a trois fois plus d’élèves qui ont l’arabe comme langue maternelle que le français».
«Vous avez plusieurs exemples d’écoles où il y a (...) une évolution récente qui rend la mixité une chose du passé et donc l’intégration un peu illusoire», a-t-il déploré.
Le parti lance l’idée d’un «jumelage» entre des écoles au Québec, qui rapprocherait «les régions et les villes», selon lui.
Pour favoriser la mixité, il rendrait aussi conditionnel une partie du financement des écoles privées au fait d’accueillir plus d’élèves défavorisés ayant des difficultés d’apprentissage.
Mercredi, Paul St-Pierre Plamondon a tenu à se distinguer de sa rivale caquiste Christine Fréchette, affirmant qu’il reconnaissait, lui, l’existence de «l’école à trois vitesses» au Québec.
Cette expression fait référence aux trois strates du réseau: l’école privée, l’école publique à projet particulier, qui trie aussi les élèves, et l’école publique régulière, la mal-aimée.
Le chef péquiste s’est indigné du fait que 89 % des enfants qui vont à l’école privée obtiennent leur diplôme dans les délais, comparativement à 66 % au public.
«L’argent des parents détermine où ira l’enfant. (...) C’est ça la réalité des trois vitesses. Ça veut dire que l’ascenseur social n’est pas le même», a-t-il souligné.
Venue écouter le point de presse, Annie Gingras, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord, croit que le PQ présente de «grandes annonces sans trop de détails».
«C’est super intéressant, mais on n’a pas de locaux, nos écoles sont pleines, puis on manque d’enseignants. On se questionne à savoir comment ça peut être réalisable», a-t-elle dit.

