Christine Fréchette vient de se disqualifier de la fonction de première ministre en prétendant qu’elle n’avait pas été informée que son équipe colportait des allégations d’ingérence américaine dans le processus électoral en faveur du Parti québécois (PQ), a dénoncé le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon dimanche.
«Il y a là quelque chose d’incompatible avec la fonction de premier ministre et je pense que cela la disqualifie», a-t-il affirmé en conférence de presse à Granby dimanche après-midi.
Selon lui, soit elle aurait dû être informée, soit elle ment.
Au troisième jour d’une controverse dans laquelle s’enfonce la Coalition avenir Québec (CAQ), Paul St-Pierre Plamondon a remis en question «le jugement et l’intégrité» de son adversaire.
Vendredi, la première ministre sortante disait être «très préoccupée» par «des informations sérieuses sur des possibles risques d’ingérence étrangère» américaine en vue de favoriser le PQ, à partir du contenu du blogue d’un groupe d’influence américain, puis elle avait ensuite admis qu’il n’y a «pas de nature à craindre pour l’intégrité du processus électoral québécois».
La menace référendaire du PQ divise le Canada et servirait les intérêts américains, avait-elle soutenu samedi.
Mais selon ce que rapporte Radio-Canada dimanche, la CAQ a tenté de faire connaître aux journalistes le contenu du blogue au moins une dizaine de jours avant d’informer le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS),
Le chef péquiste y voit une tentative maladroite de salissage de ses adversaires qui témoigne de la panique actuelle de la CAQ, en mauvaise position dans les sondages.
«Ce qu’on comprend ce matin de l’information dont disposait la CAQ et qui a été retenue soulève de véritables questions sur le jugement et l’intégrité de ce que nous présente la CAQ dans cette campagne», a-t-il déclaré en mêlée de presse à Dunham.
«On a voulu faire une mise en scène à des fins partisanes et tel un boomerang, c’est en train de revenir en plein visage de cette formation politique qui n’en est pas à sa première mise en scène douteuse.»
En conférence de presse plus tard à Granby devant un groupe de partisans, il a dénoncé ce qui lui semblait être le modus operandi des caquistes.
Ils ont tenté d’ameuter les médias avec un «obscur billet de blogue», puis voyant qu’ils ne mordaient pas à l’hameçon, ils ont refilé l’information au SCRS en «feignant d’être surpris», a-t-il résumé.
«Soit Christine Fréchette n’a aucune idée de ce qui se passe dans son équipe et de ce que son équipe décide à sa place et dans quel cas elle a aucun leadership ou soit elle nous ment», a-t-il conclu.

