Le Parti québécois (PQ) prévoit 6,5 milliards $ de nouvelles dépenses sur cinq ans et 6,6 milliards $ de «réduction de dépenses liées à la bureaucratie» ainsi que l’équilibre budgétaire dans moins de deux ans.
Les tensions commerciales avec les voisins du Sud, le ralentissement de la croissance économique, la hausse du coût de la vie, la pression sur les finances publiques et «les défis persistants de productivité» obligent le prochain gouvernement à «faire des choix responsables», a indiqué le candidat Nicolas Marceau, ancien ministre des Finances sous Pauline Marois, lors de la présentation du cadre financier du PQ à Montréal mardi.
Parmi ces choix «prudents» et «responsables», Nicolas Marceau a expliqué que le PQ compte baisser les dépenses liées à la bureaucratie de 6,6 milliards $ en cinq ans, en réduisant notamment la masse salariale de l’État de 2,5 %, et réinvestir de façon prioritaire dans les soins de santé, l’éducation et le soutien aux PME.
Questionné à savoir comment il réduirait la masse salariale de l’État, Nicolas Marceau a donné cet exemple en conférence de presse: «Dans nos municipalités au Québec, il y aurait 4000 employés n’ayant pour seule fonction que de compléter des formulaires de reddition de comptes pour le gouvernement du Québec. Ça représente, d’après les estimés des municipalités, 325 millions $ par année».
Il a ajouté que «c’est de ça qu’on parle quand on parle de s’attaquer à la bureaucratie et à la paperasse».
Réduction d’impôt pour les PME
Le cadre financier du PQ intègre une réduction de l’impôt des entreprises ainsi que plusieurs baisses de taxes et des crédits d’impôt ciblés pour les citoyens.
«On est particulièrement fiers de notre engagement à réduire de 20 % les impôts des PME sans que cela ne coûte un sous aux Québécois. Nous finançons ces nouvelles marges de manœuvre par une réduction équivalente des subventions aux multinationales étrangères», a indiqué Nicolas Marceau.
Cette «diminution historique du fardeau fiscal de nos entreprises» stimulera la croissance du produit intérieur brut (PIB) «d’un quart de point à terme, et ce à chaque année, rapportant annuellement de nouveaux revenus au Trésor public de l’ordre de 700 millions de dollars», a ajouté le candidat dans Marie Victorin.
Puiser dans le Fonds vert pour baisser le prix de l’essence
Comme elle l’avait déjà annoncé en début de campagne, l’équipe de Paul St-Pierre Plamondon compte rembourser la taxe sur l’essence à même le Fonds d’électrification et de changements climatiques (l’ancien Fonds vert).
Cette mesure, estimée à 450 millions $ par année, permettrait de redistribuer 125 $ par année aux Québécois qui gagnent moins de 40 000 $ annuellement.
Le Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC) est financé par le marché du carbone.
Questionnée à savoir si le financement de mesures qui réduiraient le prix à la pompe n’allait pas dénaturer l’objectif du marché du carbone, qui est de réduire les gaz à effet de serre, Nicolas Marceau a répondu «non».
Il a fait valoir que cette mesure faisait en sorte que «le prix de l’essence reste le même» et que le gouvernement ne fait qu’offrir «un soulagement» aux familles.
«Moi, je pense que collectivement, socialement, il y a une adhésion à ce système-là qui ne vient pas étrangler les familles à plus faible revenu», a-t-il ajouté.
Le PQ promet «d’ajuster» les fonds provenant du FECC, notamment en finançant une «Passe mobilité» pour permettre aux usagers du transport en commun de se déplacer partout sur le territoire pour 95 $ par mois. Une mesure estimée à 137 millions $ par année.
Un surplus en 2028-2029
Le Parti québécois prévoit, dans son cadre financier, que le solde budgétaire du Québec passera d’un déficit de 6,5 milliards $ en 2026-2027 «à un surplus de 49 millions de dollars en 2028-2029, et ce, après les versements au Fonds des générations».
Parmi les autres mesures, le Parti québécois s’engage à abolir l’agence Santé Québec, ce qui permettrait, selon le parti, de récupérer 340 millions $ sur cinq ans.
Le cadre financier du PQ anticipe également «des réserves pour éventualités de 5 milliards de dollars pour faire face notamment au conflit commercial avec les États-Unis».
Le chef Paul St-Pierre Plamondon était absent lors de la présentation du cadre financier, occupé à préparer le premier débat de la campagne qui aura lieu mardi soir.
Nicolas Marceau était accompagné du reste de l’équipe économique du PQ, formée des candidats Dieudonné Ella-Oyono, Natalie Bisaillon, Stéphane Paquet et Alain Therrien.
