Les promesses électorales du PQ

Churchill Falls: St-Pierre Plamondon n’a pas l’intention de déchirer l’entente

«Dans la mesure où l’entente est bonne, nous, on n’a pas intérêt à la déchirer pour la déchirer»

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Carney, Wakeham, Frechette Le premier ministre Mark Carney, au centre, signe une nouvelle entente concernant la centrale de Churchill Falls et le lancement de nouveaux projets hydroélectriques, éoliens et de transport d’électricité, entouré du premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, à gauche, et de la première ministre du Québec, Christine Frechette, à droite, à St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, le lundi 17 août 2026. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE/Paul Daly

S’il accède au pouvoir, le Parti québécois (PQ) ne déchirera pas l’entente conclue avec Terre-Neuve-et-Labrador sur l’hydroélectricité.

«Ce n’est pas mon intention», a déclaré lundi le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon. Ce qu’on obtient (...) d’Hydro-Québec, c’est que ce serait une bonne entente.» 

«Maintenant, vous nous permettrez d’être diligents et d’aller vérifier chaque détail pour être certain que ce soit bel et bien l’intérêt du Québec qui a été servi. 

«Mais dans la mesure où l’entente est bonne, nous, on n’a pas intérêt à la déchirer pour la déchirer», a-t-il ajouté.

Changement de cap

Le PQ a longtemps critiqué les tentatives de Québec de régler un vieux contentieux avec Terre-Neuve-et-Labrador.

En 2024, M. St-Pierre Plamondon avait qualifié les démarches d’«humiliantes» pour le Québec.

Selon lui, l’entente de 1969 permettant à Hydro-Québec de payer l’électricité seulement 0,2 cent le kilowattheure, pour la revendre ensuite à gros prix, était «parfaitement valide».

Il signalait l’«injustice» subie par le Québec en 1927 lorsque le Labrador «a injustement et unilatéralement été attribué à Terre-Neuve».

L’accord signé le 17 août dernier — facilité par le gouvernement fédéral — prévoit que le Québec paiera désormais environ 6 cents du kilowattheure en moyenne.

Il aura accès à environ 10 000 mégawatts de plus; Terre-Neuve-et-Labrador obtiendrait également une plus grande quantité d’électricité.

Pour y arriver, Newfoundland and Labrador Hydro et Hydro-Québec augmenteront la capacité de production des installations de Churchill Falls. 

Ils développeront également une centrale plus puissante que prévu à Gull Island. Un projet d’éoliennes est également dans les cartons.

Selon la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, la réélection de son parti est nécessaire pour que l’entente finale se concrétise.

«On sait que le PQ veut déchirer cette entente. Alors je leur dis: “Ben parfait, déchirez-la.” Mais qu’est-ce que vous proposez aux Québécois?», avait-elle lancé le 17 août.

M. St-Pierre Plamondon avait dit estimer que Christine Fréchette n’avait pas la «légitimité» nécessaire pour signer cette entente si près des élections.

Soins à domicile, pétanque et... Trump

Le chef péquiste était à Rivière-du-Loup lundi pour présenter son plan pour le soutien à domicile des aînés. Il s’est aussi adonné à une partie de pétanque avec des sympathisants.

Au même moment, le président américain Donald Trump menaçait sur son réseau social de ne plus vendre les produits de Bombardier aux États-Unis.

«C’est un tweet», a relativisé M. St-Pierre Plamondon, selon qui l’élection québécoise ne devrait pas être «consacrée à commenter chaque tweet de Donald Trump».

Il a indiqué avoir offert aux dirigeants de Bombardier de les rencontrer, avant de rediriger l’attention sur son annonce du jour concernant les soins à domicile.

«Un gouvernement du PQ aura pour objectif que tous ceux qui veulent et qui peuvent rester à la maison puissent le faire», a-t-il déclaré.

Il augmenterait de 50 % le budget en soins à domicile (1,3 milliard $ sur quatre ans) et faciliterait l’accès au crédit d’impôt pour le maintien à domicile.

Il rendrait disponible une aide financière de 10 000 $ pour couvrir une partie des frais de transformation d’une propriété en une maison intergénérationnelle. 

Et il bonifierait de 10 millions $ par année le Programme d’adaptation de domicile qui offre une aide financière pour l’exécution des travaux.

Selon le PQ, le virage vers les soins à domicile est «intelligent également sur le plan financier». 

Des soins à domicile pour une personne en lourde perte d’autonomie coûtent 86 000 $ par année; c’est 13 % de plus en CHSLD, estime-t-il. 

Le parti calcule qu’entre 500 millions $ et 1 milliard $ peuvent ainsi être économisés par l’État.

Interrogé à savoir pourquoi il ne reprenait pas sa promesse de 2022 d’investir 3 milliards $ en soins à domicile, M. St-Pierre Plamondon a soutenu que la situation avait évolué.

«La Coalition avenir Québec (CAQ) a investi, a-t-il reconnu. Il y a eu du rattrapage, il faut en tenir compte. (...) On ne peut pas faire semblant qu’il n’y a pas eu quatre ans avec certaines mesures.»

D’ailleurs, il en a profité pour confirmer qu’un gouvernement péquiste laisserait tomber la construction de «Maisons des aînés», concept cher à la CAQ.

«À un million de dollars la porte, le résultat de la CAQ, c’est 3000 places, alors que la demande, c’était 42 000. (...) Il y a des CHSLD vétustes à rénover qui vont passer en priorité», a-t-il tranché.

Lutte à deux

Un nouveau sondage Pallas publié lundi suggère que le PQ et la CAQ sont toujours au sommet des intentions de vote.

La lutte sera serrée dans plusieurs circonscriptions, y compris dans Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques, où le chef du PQ a passé toute la journée de lundi.

Sa visite dans une résidence pour personnes âgées a été fermée aux médias.

À l’échelle nationale, 55 % des Québécois auraient une impression défavorable de Paul St-Pierre Plamondon, alors que ce pourcentage est de 49 % pour Christine Fréchette, selon Pallas. 

Les Québécois seront appelés aux urnes le 5 octobre prochain.

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste