Les libéraux font grimper les attentes, promettant de faire mentir les pronostics même dans Beauce-Nord, une circonscription pourtant réputée comme étant conservatrice.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a amorcé sa dernière journée de campagne dimanche à Saint-Victor, avec sa candidate Nancy Labbé.
Plus de 150 personnes s’étaient déplacées pour un brunch militant au Manoir Route 66.
Mme Labbé est directrice générale de la MRC de La Nouvelle-Beauce; Charles Milliard et elle se sont connus lorsqu’elle travaillait à la chambre de commerce de la région.
«Si vous vous promenez dans Beauce-Nord, vous allez avoir de la difficulté à trouver quelqu’un qui ne connaît pas Nancy Labbé», a souligné M. Milliard en mêlée de presse.
«Nancy, c’est quelqu’un qui a tous les attributs pour devenir une excellente députée», a-t-il ajouté.
Le PLQ sous-estimé, selon Milliard
Charles Milliard s’est dit convaincu que le vote libéral est actuellement «sous-évalué» dans plusieurs régions, dont la Montérégie, la Mauricie, la Capitale-Nationale et la Beauce.
Selon lui, les sites de projections accordent trop d’importance dans leurs calculs aux résultats de l’élection de 2022.
«On est à des lunes de ce qu’on était en 2022. (...) Il y a demain des gens qui vont avoir des petits sourires en coin et je vais en faire partie», a-t-il prédit.
Les compétences de PSPP remises en doute
Le capitaine des rouges a parlé en Beauce de l’importance d’aider les entreprises et d’avoir un premier ministre «économique».
Il a appelé les conservateurs et les caquistes déçus à voter stratégiquement pour son parti, le seul qui peut coiffer le Parti québécois (PQ) au fil d’arrivée.
Car, selon lui, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon est tout sauf «économique».
Rappelez-vous, a-t-il dit: M. St-Pierre Plamondon — un avocat — n’a même pas daigné présenter son cadre financier; il a dépêché un de ses candidats pour le faire à sa place.
«Puis, à toutes les fois que des questions économiques sont abordées, il va toujours aller chercher l’aspect identitaire, l’aspect immigration», a-t-il dénoncé.
«M. St-Pierre Plamondon, il a beaucoup de qualités, mais il n’a pas d’expérience en économie, ni en santé, ni en éducation. (...) Moi, je n’applique pas pour être un comédien; j’applique pour être gestionnaire de l’État», a-t-il lancé.
Il n’a pas précisé qui, dans ce cas, était un «comédien».
«ll y a des gens pour qui la politique, c’est l’occasion de faire plus un spectacle que de parler de politique publique, (...) mais en bout de ligne, c’est un job de gestion», a-t-il toutefois ajouté.
Protéger le Canada
M. Milliard a également abordé la question nationale devant ses militants de Beauce-Nord, qui étaient particulièrement mobilisés.
«Le Canada, c’est l’un des plus grands pays au monde et on va protéger ça. On va empêcher M. St-Pierre Plamondon de séparer le Québec du Canada», a-t-il déclaré, provoquant une salve d’applaudissements.
Il anticipe quatre ans de «chicanes» si le PQ est élu lundi, à moins que le nouveau gouvernement soit minoritaire, dans quel cas le Québec pourrait rapidement replonger en élections.
D’ailleurs, «à choisir entre deux maux», M. Milliard a dit préférer «une autre élection dans deux ans qu’un référendum dans trois ans».
Il a reconnu que, pour le PLQ, la campagne de 2026 a beaucoup servi à préparer la suite.
«Dans l’éventualité où il y aura d’autres élections dans moins de quatre ans, effectivement qu’on bâtit des ponts pour la suite, mais moi, je ne concède aucun comté en prévision de demain soir.»
Gains espérés en Estrie
Dimanche après-midi, la caravane libérale s’est remise en route, en direction de Sherbrooke. Au total, elle aura passé environ le quart de la campagne en Estrie.
Les libéraux espèrent reconquérir la région, et faire élire leur chef dans Orford, ainsi que des candidats de prestige comme Frédéric Beauchemin et Pierre Cossette.
M. Milliard a profité du beau temps, dimanche, pour aller cueillir des pommes à Compton, au verger «Le Gros Pierre».
Il a dressé un bilan de campagne positif, affirmant qu’il n’aurait «pratiquement rien changé», sauf pour ce qui est d’avoir attendu avant de mettre son visage sur l’autobus de campagne.
À Sherbrooke, il a fouetté ses troupes, appelant tous les bénévoles à travailler à faire sortir le vote jusqu’à la fermeture des bureaux de vote lundi à 20 h.
Le PLQ tiendra sa soirée électorale lundi à la microbrasserie Octave, à Magog.

