Les promesses électorales du PLQ

«D’une tristesse infinie», «gênant»: le dossier de l’itinérance retient l’attention au jour 22 de la campagne électorale

«Le rôle de la ville de Montréal est aussi important que celui du gouvernement du Québec.»

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«D’une tristesse infinie», «gênant»: le dossier de l’itinérance retient l’attention au jour 22 de la campagne électorale Voyez le compte-rendu de Jean-François Poudrier.

La crise de l’itinérance et le dossier du campement Notre-Dame situé à Montréal se sont invités dans la campagne électorale au jour 22 de la course qui se conclura avec l’élection d’un nouveau gouvernement le 5 octobre prochain.

De passage à Lac-Mégantic, en Estrie, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard a affirmé que «oui, tous les élus qui ont un pouvoir devraient intervenir dans cette situation; il y a eu des manquements graves, on parle de vies humaines qui sont perdues. Je suis très préoccupé par cette situation», lorsque questionné sur le rôle que devait jouer la Ville de Montréal dans cette affaire.

Plusieurs personnes en situation d’itinérance ont perdu la vie l’hiver dernier dans des campements à Montréal, ce qui avait bouleversé la mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada. Elle avait demandé l’aide de tous les paliers gouvernementaux pour répondre à la crise.

Plus récemment, un bambin d’à peine un an a été retrouvé sans surveillance dans le campement installé sur le terrain longeant la rue Notre-Dame, à Montréal. Il a depuis été pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

La situation est «d’une tristesse infinie», a indiqué Charles Milliard qui n’a toutefois pas répondu clairement à une question sur un éventuel démantèlement.

«La question ce n’est pas si on est pour ou contre un démantèlement. La question c’est plutôt “Comment on s’est rendu là?” et ”Comment on va s’assurer que [rapidement] tout le monde dorme sous un toit?”», a indiqué le chef des libéraux. «Le rôle de la ville de Montréal est aussi important que celui du gouvernement du Québec», a renchéri M. Milliard.

Le terrain, rappelons-le, est la propriété du ministère des Transports du Québec.

Le chef du PLQ a récemment promis un investissement de 1,5 G$ pour ajouter 40 000 logements sociaux et abordables d’ici cinq ans, s’il est porté au pouvoir.

Les procédures de démantèlement intentées par le MTQ ont fait l’objet de nombreux sursis et de reports après des interventions de la Clinique juridique itinérante ainsi que de la Cour supérieure. Ces procédures ont permis aux occupants de rester sur place en attendant des dénouements judiciaires ou des solutions de cohabitation.

Mercredi, la mairesse montréalaise s’est tournée vers les réseaux sociaux et a fait pression sur Québec pour que des actions soient prises. «On ne peut plus attendre. Si Québec ne peut pas régler cet enjeu national, Montréal va agir. On va s’occuper de la friche Notre-Dame», a-t-elle mentionné. «Il faut agir maintenant», a conclu l’élue.

Une crise «gênante pour le Québec», dit PSPP

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a aussi été interrogé sur l’enjeu du campement Notre-Dame et plus largement, sur l’itinérance.

Lors d’une mêlée de presse à Longueuil jeudi matin, PSPP a dénoncé «le manque de volonté politique» du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) sur le sujet et sur «les enjeux sociaux en général».

La crise de l’itinérance est «gênante pour le Québec».

«On ne devrait pas accepter ça. C’est une perte de contrôle de la part de la CAQ sur cette question-là au cours des dernières années et c’est très triste», a insisté M. St-Pierre Plamondon, réitérant que ce sera «sa priorité sociale» s’il remporte la prochaine élection.

Il est cependant convaincu qu’il est possible de renverser la situation. «D’autres sociétés nous ont montré que c’est possible et que ce n’est pas une hypothèse. C’est faisable», a-t-il déclaré.

Selon M. St-Pierre Plamondon, la solution passe principalement par une augmentation de l’offre de logements sociaux. «Ça ne se fait pas par magie. Ça se fait par le concept de l’habitation en premier. Si on veut sortir les gens de la rue, ça va prendre du logement qui est proportionnel au nombre de personnes sur le territoire et ça va prendre de l’accompagnement autour de ces logements-là», a-t-il indiqué.

On estime qu’environ 12 000 personnes vivent actuellement en situation d’itinérance au Québec.

«Ça me fend le cœur»

De son côté, la cheffe caquiste Christine Fréchette était visiblement émue en évoquant ce drame en point de presse à Sainte-Julie, en Montérégie.

«Ça me fend le cœur. Je suis une maman d’abord et avant tout. Il faut éviter à tout prix que ça se reproduise», a-t-elle affirmé.

Pour y parvenir, elle mise sur «l’ensemble des partenaires». «Que ce soit les municipalités, le gouvernement du Québec, le fédéral, le secteur privé, les organismes communautaires, on a tous un rôle à jouer», a-t-elle soutenu, ajoutant qu’elle planche sur un plan national de lutte contre l’itinérance.

La première ministre sortante propose par ailleurs d’effectuer un décompte annuel du nombre de personnes en situation d’itinérance «pour avoir une vue sur l’évolution de la situation».

«Totalement inacceptable et choquant»

La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, est elle aussi bouleversée par les événements survenus au campement Notre-Dame.

«C’est totalement inacceptable et choquant. J’en parle et j’en “shake”», a-t-elle lancé devant les journalistes à Sherbrooke, en Estrie. 

Reprenant le slogan électoral de son parti, Mme Ghazal a assuré que «c’est possible de régler l’itinérance; ce que ça prend, ce sont des investissements, une volonté politique ferme et de l’argent, pas juste des belles paroles et des vœux pieux».

Elle a salué le souhait du PQ d’en faire une «priorité nationale», mais elle se demande comment le parti compte réussir à réduire le phénomène de 50 % d’ici quatre ans.

«J’ai regardé son cadre financier. J’ai trouvé zéro dollar en investissements en infrastructures pour le logement. Où est-ce qu’on va mettre les personnes en situation d’itinérance si on n’investit pas dans le logement? Le PQ prend le même montant d’investissements que la CAQ», a-t-elle critiqué, après avoir annoncé que le plan de QS «s’en vient très bientôt».

En attendant, Mme Ghazal a fait valoir que son parti prévoit des investissements totaux de 11,8 milliards $ pour le logement, notamment pour les personnes en situation d’itinérance, ainsi qu’un milliard $ supplémentaire par année pour les organismes communautaires «pour qu’ils arrêtent de remplir de la paperasse au lieu de s’occuper des gens pour notre filet social, qui est de plus en plus troué». 

Avec La Presse canadienne