Les promesses électorales du PLQ

Charles Milliard évoque une taxe québécoise de 3 % pour les géants du web

Le chef libéral a dit espérer ne pas se rendre là; il compte dans un premier temps «faire changer d’idée le gouvernement fédéral là-dessus».

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Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, salue des sympathisants devant la Maison Radio-Canada à Montréal avant le débat des chefs le 23 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, salue des sympathisants devant la Maison Radio-Canada à Montréal avant le débat des chefs le 23 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Graham Hughes)

Déçu de l’abandon par Ottawa de la «taxe Netflix», le chef libéral Charles Milliard évoque désormais la possibilité d’imposer aux géants du web une taxe québécoise.

«On pourrait décider qu’on exerce un pouvoir de taxation, a-t-il lâché dimanche en point de presse à Montréal. On avait parlé de 3 %. C’était un chiffre qui a été avancé.»

Le chef libéral a dit espérer ne pas se rendre là; il compte dans un premier temps «faire changer d’idée le gouvernement fédéral là-dessus».

«Dans le plan B, (...) il pourrait y avoir des ententes (...) avec les géants du web pour des investissements supplémentaires dans la production télévisuelle, entre autres.

«Et sinon, nous, on pourrait décider d’avoir un pouvoir de taxation qu’on pourrait décider de mettre en place», a-t-il ajouté.

Son candidat dans Saint-Henri-Sainte-Anne, le producteur Benoît Clermont, a par la suite laissé entendre que la taxe québécoise pourrait même dépasser les 3 %.

«Écoutez, au fédéral, il y avait 5 % que le CRTC avait demandé. Je pense qu’il faut regarder tout ça et déterminer qu’est-ce qui va être le plus approprié pour notre système ici», a-t-il dit.

Charles Milliard a passé la matinée, dimanche, en compagnie de son candidat Clermont — les deux hommes sont allés serrer des mains au Marché Atwater.

La circonscription de Saint-Henri-Sainte-Anne — qui a une très longue tradition libérale — est actuellement détenue par Québec solidaire.

Devant la murale d’Oliver Jones, M. Milliard a annoncé plusieurs mesures en culture, dont la création d’un fonds de 40 millions $ pour la production audiovisuelle et musicale.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) augmenterait aussi de 20 % l’enveloppe du Programme d’aide au fonctionnement des institutions muséales, du soutien pour les musées partout au Québec.

Il donnerait également la consigne aux délégations du Québec à l’étranger de faire de la «diplomatie culturelle» afin «d’augmenter le rayonnement des artistes d’ici».

D’autres flèches à PSPP

Au moment de présenter ses mesures, M. Milliard a rappelé les propos de Paul St-Pierre Plamondon, qui, en décembre, accusait des artistes «d’aplaventrisme» face à Ottawa.

Le chef péquiste avait également déclaré que certains artistes québécois faisaient preuve de «vacuité intellectuelle», eux qui avaient salué l’arrivée en poste du ministre Marc Miller.

«Quand on défend la culture québécoise, on ne doit pas le faire en insultant ceux qui la font vivre», a pesté M. Milliard.

«Les artistes n’ont pas à passer un test de loyauté politique; (...) ils ont le droit de parler librement.»

Le chef libéral a aussi relevé que de nombreux artistes indépendantistes, à commencer par l’humoriste Christian Vanasse, critiquent la position du PQ en immigration.

M. Vanasse «a le mérite d’être (...) lucide (...) par rapport à la réalité migratoire et à l’impact artistique de tous les gens qui décident partout dans le monde de choisir le Québec», a-t-il dit.

Le PLQ se rassoirait avec les syndicats

Par ailleurs, en réponse à une question, M. Milliard a déclaré dimanche être prêt à revoir deux lois controversées de la Coalition avenir Québec qui touchent les syndicats.

«Dans les huit dernières années, on a fait de la politique sur le dos des syndicats et des médecins. Je veux qu’on aille dans une autre direction», a-t-il fait savoir.

Les lois 3 (transparence et cotisations facultatives) et 89 (conflits de travail) seront revues, mais pas nécessairement abrogées, a-t-il précisé.

En mai 2025, les libéraux avaient pourtant voté en faveur du projet de loi 89, qui limite le droit de grève et élargit les services essentiels, malgré l’opposition farouche des syndicats.

Dimanche, la candidate dans Bourassa-Sauvé, Madwa-Nika Cadet, qui était présente à l’Assemblée nationale lors des délibérations en 2025, a dit que le PLQ ne regrettait pas son vote.

«L’objectif, c’était (...) d’offrir des services», a-t-elle expliqué. Or, «est-ce qu’on est capable de se rasseoir avec ces organisations syndicales-là (...) pour rétablir une certaine paix industrielle?»

«Moi-même, j’avais déposé certains amendements (...) sur la manière la plus adéquate de procéder. (...) Cette préoccupation-là, on l’entend», a ajouté Mme Cadet.

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste