Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a présenté mercredi matin son cadre financier, une restructuration majeure des finances de l’État qui prévoit un retour à l’équilibre budgétaire en quatre ans.
«C’est un changement majeur», «un vrai coup de barre», un «changement de paradigme», a illustré le chef du PCQ, Éric Duhaime, mercredi, lors d’une conférence de presse où il a présenté le cadre financier de son parti, un document d’une centaine de pages.
Comme il l’avait déjà annoncé, le PCQ prévoit économiser 47 milliards $ en cinq ans en coupant dans les dépenses de l’État, ce qui inclut la suppression de 20 000 postes de fonctionnaires.
«Je vous donne deux chiffres qui sont un peu un résumé» du cadre financier, a lancé le candidat Adrien Pouliot, porte-parole du parti en matière de finances publiques.
«Le coût total des promesses sur cinq ans, c’est 52,57 milliards $» et «on finance ça avec 60,3 milliards $ de revenus additionnels».
Parmi ces promesses de 52 milliards $ figure une baisse d’impôt qualifiée d’historique qui coûterait 25 milliards $ sur cinq ans.
Le PCQ prévoit éliminer progressivement la majeure partie des aides et subventions aux entreprises pour réallouer ces sommes vers les baisses d’impôts.
Selon le cadre financier, l’abolition des subventions et aides aux entreprises rapporterait 19,47 milliards $.
La révision des dépenses de l’État et de la fonction publique inclut l’abolition de la bourse du carbone, la suspension de la taxe d’accise sur l’essence, l’élimination de la TVQ sur les biens usagés, notamment.
Le PCQ mise également sur l’exploitation des combustibles fossiles pour stimuler l’économie.
À la cinquième année d’un premier mandat, le PCQ prévoit que les revenus totaux de l’État s’élèveraient à 180 milliards $ alors que les dépenses seraient de 161 milliards $.
Le cadre financier du PCQ prévoit un retour à l’équilibre budgétaire au cours du premier mandat.
Un candidat controversé ne se présentera pas
Éric Duhaime a aussi annoncé que son candidat dans Pontiac, un pasteur antiavortement, ne sera pas sur les rangs lors des élections.
Le Journal de Montréal a rapporté mercredi matin qu’Éric Lanthier, entre autres positions controversées, «se disait en faveur des thérapies de conversion afin de changer une orientation sexuelle et réprimer les comportements homosexuels».
Comme c’était le cas avec d’autres candidats controversés, qui n’ont toutefois pas quitté le parti, Éric Duhaime s’est montré agacé par les questions des journalistes sur le sujet.
Il a, par exemple, précisé qu’il préférait répondre à des questions liées au cadre financier plutôt qu’aux valeurs morales de ces candidats.
«Moi, je veux rassembler les Québécois, je ne veux pas les diviser. Puis je ne suis pas dans la culture de l’annulation. Ce n’est pas vrai que quelqu’un aujourd’hui qui a des croyances religieuses ou qui est athée, n’a pas le droit de faire de la politique.»
Quant à la démission d’Éric Lanthier, Éric Duhaime a expliqué ce qui suit: «Le Parti conservateur du Québec, c’est un parti qui est pro-choix et il n’est pas question que ça change. Et vous avez compris aussi que la personne qui le dirige est un gay».
En fin de matinée, le chef libéral Charles Milliard a reproché à Éric Duhaime de ne pas avoir retiré son candidat.
«Je comprends qu’il s’est retiré et que ce n’est pas M. Duhaime qui l’a retiré. M. Duhaime nous a présenté son cadre financier ce matin, mais il pourrait nous présenter son cadre moral aussi parce que» les propos d’Éric Lanthier, concernant notamment les thérapies de conversion, «c’est complètement inacceptable», a indiqué le chef libéral.
