Les promesses électorales du PCQ

Immigration: le PCQ favoriserait les ressortissants de pays «démocratiques»

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Le Parti conservateur du Québec présente sa politique en immigration Le chef conservateur Éric Duhaime présente les propositions de son parti en matière d’immigration, dont la décentralisation de la planification vers les régions, un renforcement du test des valeurs québécoises et une réduction du panier des services publics pour les demandeurs d’asile.

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose de favoriser les immigrants provenant de pays «démocratiques».

Le chef conservateur Éric Duhaime était au centre-ville de Montréal, lundi, pour présenter la plateforme de son parti en matière d’immigration.

Il a dit vouloir rapatrier l’ensemble des pouvoirs en immigration, régionaliser le processus d’acceptation des immigrants et protéger les valeurs québécoises.

Afin de sélectionner une immigration «plus proche de nos valeurs», le PCQ ajouterait un critère au processus de sélection des immigrants permanents.

Un candidat à l’immigration aurait plus de chances d’être sélectionné par le Québec s’il est issu d’un pays «démocratique». 

Ce critère aurait le même poids que la maîtrise du français.

«Le PCQ est choqué par les dérives qu’on a vues avec les prières de rue à Montréal ou avec le scandale à l’école Bedford», a déclaré M. Duhaime en point de presse. 

«On a le droit d’exiger que ceux qui nous rejoignent partagent minimalement nos valeurs, plutôt que de nous faire reculer socialement», a-t-il ajouté.

Pressé de questions sur le sujet, le chef conservateur a cependant refusé de nommer les pays qu’il considère comme non démocratiques.

«La liste va être fixée par des critères objectifs, a-t-il affirmé. Il y a déjà des indices internationaux et universitaires qui existent à ce niveau-là.

«Pour ce qui est des droits des femmes, par exemple, il y a le “Women and Peace Security Index” de l’Université de Georgetown à Washington qui le délimite.

«Pour ce qui est des droits des gais et des lesbiennes, il y a les “Equality Index” aussi.»

Parmi les pires pays mentionnés dans le «Women and Peace Security Index», on retrouve l’Afghanistan, le Yémen, la République centrafricaine et la Syrie.

On juge aussi très sévèrement le Soudan, Haïti et la République démocratique du Congo.

«L’idée, ce n’est pas de discriminer un pays ou de favoriser un autre pays», s’est défendu M. Duhaime.

«C’est vraiment d’avoir une liste qui permet d’avoir des gens qui proviennent des endroits où les valeurs québécoises sont le plus partagées.»

Le PCQ renforcerait également le test des valeurs québécoises «pour qu’il soit plus sélectif et permette réellement d’évaluer les candidats».

Couper les services aux demandeurs d’asile

Par ailleurs, les conservateurs souhaitent réduire l’immigration «non économique» et couper de façon importante dans le panier de services offerts aux demandeurs d’asile.

Ils déplorent que les 190 000 demandeurs d’asile au Québec bénéficient, pendant le traitement de leur demande, de l’aide sociale et d’un accès gratuit à l’école, notamment.

«Le PCQ veut (...) rendre le Québec moins attractif pour les demandeurs d’asile qui viennent ici pour la générosité de nos programmes sociaux», a déclaré Éric Duhaime.

«Des gens qui viennent ici pour abuser de nos programmes sociaux, ça suffit!» a-t-il renchéri.

Il créerait une «prestation de dernier recours particulière» d’un montant de 75 % de l’aide sociale, «comme en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et tel qu’envisagé par l’Alberta».

Il cesserait aussi de leur rembourser les services d’avocats, et leur demanderait une cotisation pour l’hébergement temporaire, «comme en France ou au Danemark».

En outre, il «prioriserait les Québécois pour l’accès aux garderies subventionnées».

«Les personnes demandeurs d’asile, ce sont des personnes en situation de vulnérabilité», s’est offusquée la porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal. 

«De toutes les mettre dans le même panier, ce n’est pas digne de ce qu’est le Québec. Il faut faire les choses avec bienveillance, avec humanité», a-t-elle ajouté.

«Ce n’est pas une proposition radicale. On s’est basé au contraire sur ce qui se fait ailleurs. C’est une politique de gros bon sens», a soutenu le chef conservateur.

Il a également réitéré, lundi, sa volonté d’avoir une politique d’immigration décentralisée, décidée dans chaque région avec les élus locaux et les acteurs économiques et sociaux.

Le PCQ maintiendrait par ailleurs la réouverture temporaire du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) jusqu’en 2028.

Montée du PCQ dans les sondages: Duhaime jubile

En point de presse lundi, Éric Duhaime s’est dit heureux des résultats du plus récent sondage Léger, qui suggère que son parti progresse dans les intentions de vote.

Si l’élection avait lieu aujourd’hui, le PCQ amasserait 17 % des appuis, une hausse de deux points en une semaine, son meilleur score jamais mesuré par Léger.

Le Parti québécois serait toujours en tête, avec 29 % des intentions de vote. Il serait suivi par le Parti libéral du Québec (23 %) et la Coalition avenir Québec (21 %). 

«On ne sait pas si on va gagner l’élection, mais je pense qu’on est en train de gagner la campagne!», s’est réjoui M. Duhaime.

«Vous savez qu’un chef, quand il se lève le matin et que le Léger met le plus haut score qu’il a jamais accordé à son parti, il se lève, il a le sourire aux lèvres.»

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste