Les promesses électorales du PCQ

Duhaime veut abolir le règlement restreignant les spectacles sur des terres agricoles

L’annonce s’est tenue au vignoble du chanteur Mario Pelchat.

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Le chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime, salue la foule alors qu'il est introduit à la Fédération québécoise des municipalités, à Québec, le 25 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, salue la foule alors qu'il est introduit à la Fédération québécoise des municipalités, à Québec, le 25 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, poursuit dans sa lutte contre la bureaucratie en répondant au cri du cœur lancé par le chanteur Mario Pelchat, qui a invité les chefs de tous les partis à son vignoble pour qu’ils lui proposent des recours aux limites imposées à la tenue de spectacles sur son domaine.

En conférence de presse dimanche matin au Domaine Pelchat Lemaître-Auger, à Saint-Joseph-du-Lac, le chef conservateur s’est engagé à présenter, s’il est élu, un projet de loi pour abolir le règlement qui empêche M. Pelchat de tenir des soupers-spectacles sur son domaine à l’ampleur qu’il souhaite.

«Picosser un artiste et un producteur agricole avec des tracasseries bureaucratiques et administratives, avec des règlements tatillons sur des salles de spectacle, ça ne protège pas l’agriculture, ça ne protège surtout pas notre culture, déplore M. Duhaime. La seule chose que ça protège, c’est le statu quo, le cynisme, puis ça crée quelques jobs de fonctionnaires.»

Durant plusieurs années, le chanteur a organisé des soupers-spectacles où il recevait 250 participants, 45 fois par an. Cette activité représentait une source supplémentaire de revenus pour sa conjointe, Claire Lemaître-Auger, et lui.

«J’ai pieds et poings liés, dénonce Mario Pelchat en conférence de presse aux côtés du chef conservateur. L’argent qu’on pouvait faire nous permettait de développer, mais là, depuis trois ans, je suis dans le rouge.»

En 2024, la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) leur a cependant formellement interdit de tenir ces évènements, exigeant du domaine qu’il cesse, fasse cesser et ne reprenne pas «toute utilisation à des fins autre que l’agriculture», citant «notamment l’utilisation de bâtiments agricoles comme salles de spectacles».

En mars 2026, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a assoupli le Règlement sur l’autorisation d’aliénation ou d’utilisation d’un lot sans l’autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec, faisant passer de 50 à 100 le nombre de participants autorisés dans les réceptions, dont 20 peuvent être tenues par année.

Ces nombres restent insuffisants pour l’ambition de M. Pelchat, qui déplore la perte d’un modèle d’affaires qui attirait la clientèle à son domaine, un sentiment partagé par le chef, qui y voit une capacité de stimuler une vitalité culturelle et économique dans les régions agricoles.

«C’était ça, le nerf de la guerre. Parce que planter de la vigne, c’est facile. Transformer le raisin, c’est facile, mais après, il faut le vendre», plaide M. Pelchat.

Mario Pelchat indique que cette sortie ne signifie pas pour autant qu’il appuie le Parti conservateur, et il réitère que son appel s’adressait à tous les chefs. «Seulement lui est venu.»

«Je vais reprendre les paroles qu’Éric a dit cette semaine: dans le cubicule, cette fin de semaine, il n’y a que moi qui vais savoir pour qui je vais voter», indique-t-il. Il ajoute cependant qu’Éric Duhaime est «le seul qui parle de cette manière-là, et qui est aussi concret dans ce qu’il tend à faire».

«Personne ne comprend rien»

Éric Duhaime dénonce un manque de cohérence de la part de la CAQ concernant cet assouplissement. «S’ils sont passés de 50 à 100, pourquoi ils ne permettent pas les 250, la pleine capacité? Fouillez-moi quelqu’un, personne ne comprend, affirme le chef. Pourquoi ils ne peuvent pas faire 45 soupers comme il souhaiterait le faire, pourquoi c’est 20? Ça non plus, personne ne comprend rien.»

Il estime que le cadre règlementaire municipal est déjà suffisant pour encadrer les possibles débordements que peuvent représenter de telles activités.

Dans le cas de Mario Pelchat, la règlementation municipale existante indique que le zonage de son terrain est bel et bien agricole. Un zonage commercial de divertissement, ne s’appliquant pas à son domaine, existe cependant dans le règlement d’urbanisme de Saint-Joseph-du-Lac.

Les autres règlements applicables concernent la nuisance liée au bruit, qui doit être sous un certain seuil entre 23 h et 7 h, tant pour les particuliers que pour les bâtiments hébergeant des performances culturelles.

M. Duhaime précise qu’il est en faveur d’un cadre de protection du territoire agricole, référant à la plateforme de son parti concernant l’agriculture, qui consiste, entre autres promesses, à déréglementer et à réduire les processus administratifs par lesquels les agriculteurs doivent passer.

Au Québec, moins de 2 % de la superficie de la province est propice à l’agriculture, selon la CPTAQ, dont le mandat est de protéger ce territoire. En invoquant cette statistique, l’Union des producteurs agricoles avait appuyé la décision de la CPTAQ. Le président et chef de direction de l’UPA, Martin Caron, avait alors dénoncé un projet qui «s’éloignait beaucoup trop de la pratique de l’agriculture et de sa valorisation».