Les promesses électorales du PCQ

Duhaime qualifie PSPP «d’obsédé» du référendum et veut rapatrier des pouvoirs

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Le chef du Parti conservateur Éric Duhaime prononce un discours au sommet de l'Union des municipalités du Québec, le vendredi 18 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le chef du Parti conservateur Éric Duhaime prononce un discours au sommet de l'Union des municipalités du Québec, le vendredi 18 septembre 2026. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) veut construire un rapport de force avec Ottawa en créant des alliances avec les autres autonomistes du Canada et appelle les électeurs à ne pas faire confiance au chef du Parti québécois, qu’il qualifie «d’obsédé» par le référendum.

Pour Éric Duhaime, les Québécois «n’ont pas d’appétit pour l’obsession référendaire» de Paul St-Pierre Plamondon.

«Il est obsédé. Il ne veut pas lâcher le morceau pis les Québécois n’en veulent pas», alors «ne faites pas confiance à un gars qui va vous amener dans le mur», ce «qu’on a besoin», c’est «d’un parti autonomiste», a indiqué le chef du PCQ.

Cette vision autonomiste, le chef du PCQ en a fait une plateforme qu’il a présentée mardi matin, à Montréal, aux côtés de différents candidats dont celle de La Peltrie, Maïté Blanchette Vézina.

Le PCQ veut créer une constitution québécoise, qui serait basée sur des consultations de citoyens et d’experts à travers le Québec.

Il veut aussi instaurer une «loi-bouclier» contre «les intrusions fédérales» et rapatrier des pouvoirs d’Ottawa.

Le PCQ demanderait, par exemple, le rapatriement de pouvoirs linguistiques, mais aussi en santé, en éducation, en culture, en immigration, en environnement, en fiscalité, ainsi qu’en ressources naturelles et en affaires municipales.

Que compte faire Éric Duhaime si le gouvernement fédéral lui refuse ses demandes?

À cette question, le chef du PCQ a répondu qu’il ferait comme Danielle Smith, première ministre de l’Alberta, et Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan, qui «ont contesté systématiquement devant les tribunaux toutes les ingérences du fédéral dans leurs compétences.»

Il faut «prendre exemple», selon lui, sur Danielle Smith, «qui a même réussi à avoir la tête de Steven Guilbeault et réussi à imposer un pipeline qu’elle réclamait depuis longtemps».

Éric Duhaime a expliqué qu’il veut «construire un rapport de force, puis accroître le pouvoir québécois à l’intérieur de la Confédération canadienne en créant des alliances avec les autres autonomistes, puis les autres conservateurs ailleurs au Canada».

Un référendum placerait le Québec en «situation de faiblesse»

Selon Éric Duhaime, «se lancer dans un troisième référendum perdant» placerait le Québec dans une situation de faiblesse.

«Regardez ce qui est arrivé au lendemain du référendum de 1980 quand on nous a rentré le rapatriement unilatéral de la Constitution dans la gorge. Regardez ce qui était arrivé avec la Loi sur la clarté référendaire au lendemain du référendum du 1995. Est-ce que vous voulez remettre le Québec dans une situation de faiblesse où le fédéral va s’ingérer et va profiter de (son) échec référendaire pour envahir nos compétences?», a demandé le chef conservateur.

La constitution que propose le PCQ «affirmera la souveraineté de l’Assemblée nationale et la primauté du droit québécois dans les champs de compétence du Québec, tout en consacrant le français comme seule langue officielle et commune, la laïcité de l’État et les caractéristiques fondamentales de la nation québécoise», peut-on lire dans le document publié mardi par le PCQ, intitulé «Oser l’autonomie du Québec, pour vrai».

Climat: le Québec «ne peut pas être le seul» à faire des efforts

Par ailleurs, lors de la conférence de presse, le chef du PCQ a été questionné sur la lutte au changement climatique. Les conservateurs n’ont pas l’intention d’avoir une cible de réduction de gaz à effet de serre et n’ont pas présenté de mesure non plus qui permettrait au Québec de réduire son empreinte carbone.

En revanche, le chef du PCQ répète souvent qu’il souhaite produire et exporter du gaz pour permettre à d’autres pays de remplacer leur combustible fossile, comme le charbon, par du gaz naturel qui aurait une empreinte carbone moins élevée, ce qui permettrait, selon Éric Duhaime, de diminuer les GES de ces autres pays.

La Presse canadienne a demandé au chef du PCQ s’il partage les conclusions des recherches scientifiques qui montrent que la baisse des émissions de GES épargnerait de la souffrance aux générations à venir, alors que leur hausse ne ferait qu’intensifier les difficultés qu’elles hériteront.

Éric Duhaime a répondu «je peux être d’accord avec ça».

Toutefois, a-t-il ajouté du même souffle, «je suis surtout d’accord aussi avec le fait que plus on appauvrit les Québécois alors que les autres polluent et que nous autres, on essaie d’atteindre des cibles inatteignables, plus on est en train d’affaiblir le Québec et que ça n’a pas d’impact sur l’environnement».

Selon celui qui promet de retirer formellement la province du marché du carbone, «le Québec ne peut pas être le seul joueur qui fait des efforts alors que nos voisins n’en font pas».

Stéphane Blais

Stéphane Blais

Journaliste