Les promesses électorales de la CAQ

La CAQ promet un programme de départ volontaire de 507 M$

Les réseaux de la santé, de l’éducation et de l’enseignement supérieur ne seraient pas visés.

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Après le Parti conservateur (PCQ) et le Parti québécois (PQ), c’est au tour de la Coalition avenir Québec (CAQ) de promettre de dégraisser l’État et d’alléger la réglementation: Christine Fréchette s’est engagée mercredi à abolir 2900 postes par un programme de départs volontaires pour les 55 ans et plus, au coût de 507 millions $ à terme.

Cela reviendrait donc à verser près de 175 000 $ à chaque fonctionnaire volontaire en moyenne. 

Ces rachats s’ajouteraient à un programme déjà annoncé en juin d’abolition de 3000 postes d’ici 2030, donc pour un total de 5900 postes.

La CAQ s’est également engagée mercredi à investir 100 millions $ supplémentaires dans un programme d’aide au loyer afin de réduire l’itinérance.

Chez Ti-Oui

Par ailleurs, Mme Fréchette a perpétué une tradition des chefs de parti en campagne électorale. 

Elle a fait un arrêt au casse-croûte Chez Ti-Oui à Saint-Raymond, dans Portneuf, où elle a non seulement rencontré des bénévoles caquistes et sympathisants, mais aussi servi derrière le comptoir et fait payer à la caisse des clients.

Elle a aussi bien sûr goûté à la spécialité de la maison, a-t-on confirmé.

Mme Fréchette devait ensuite aller faire campagne dans Trois-Rivières, sa nouvelle circonscription où elle se présente après avoir représenté Sanguinet de 2022 à 2026. 

En RPA

Le matin, elle a fait fureur lors d’une visite dans une résidence pour aînés à Saint-Augustin-de-Desmaures, dans la circonscription de Louis-Hébert, que la CAQ espère garder avec son candidat Marc-Antoine Bernier, après le départ de la députée et ministre Geneviève Guilbault de la vie politique. 

«Je ne m’attendais pas à un tel accueil», a lancé Mme Fréchette, visiblement à son aise.

La cheffe caquiste a dit être en «mode éponge», prête à accueillir les suggestions, et une des résidantes l’a sensibilisée à la perte des préposés issus de l’immigration qui n’arrivent pas à faire renouveler leur permis de travail auprès du gouvernement fédéral. 

 «On en a perdu des bons», a déploré Thérèse Gendreau.

«J’ai confiance en vous, bonne chance!» a lancé Huguette Martel en serrant la main de Mme Fréchette.

«C’est une bonne personne, je suis sûre qu’elle va faire une bonne première ministre», a-t-elle justifié quand La Presse Canadienne lui a demandé pourquoi elle lui faisait confiance.

«Elle est tellement charmante, elle s’occupe beaucoup de nous et on aime son orientation», a témoigné Ovetta Sasseville.

«Ça a l’air niaiseux de dire que je vais voter pour vous, mais je le dis pareil», a lancé une des résidantes.

«C’est dans l’air du temps», a répliqué Mme Fréchette.

Cadre financier

Le programme d’abolition de postes annoncé en juin n’était pas inscrit dans le cadre financier de la CAQ présenté dimanche et permettrait notamment de réduire de 1 milliard $ l’écart à résorber de 6 milliards $ pour arriver à l’équilibre budgétaire, a-t-on expliqué à la CAQ. 

Mais les 507 millions $ du programme annoncé mercredi étaient déjà prévus au cadre financier. 

Le nouveau programme annoncé mercredi serait offert aux employés de 55 ans et plus.

Les réseaux de la santé, de l’éducation et de l’enseignement supérieur ne seraient pas visés.

«L’État s’est alourdi»

Par ailleurs, au pouvoir depuis huit ans, la CAQ reconnaît qu’«au fil des années, l’État s’est alourdi». 

Le parti de François Legault avait toujours promis depuis ses origines de faire le ménage et dégraisser l’État, alors qu’est-il arrivé pour que l’État se soit alourdi après huit ans de mandat caquiste?

«C’est sûr qu’il y a eu des embauches, du fait de responsabilités qui étaient importantes»,  a répondu la cheffe caquiste Christine Fréchette en conférence de presse dans Vanier-Les-Rivières, à Québec, en matinée.

Elle a donné les exemples des aides à la classe et d’enseignants supplémentaires. «C’est sûr que ça requiert de l’embauche. Alors oui, il y a eu des embauches pour des services directs aux citoyens.»

Mme Fréchette veut par ailleurs introduire la concurrence lorsque des ministères, organismes et sociétés d’État offrent des services qui peuvent être offerts par l’entreprise privée. 

Parmi les exemples évoqués, il y a l’impression et la reprographie, la gestion et l’entretien des flottes de véhicules, l’entretien des immeubles et terrains, les centres d’appels, etc.

Itinérance

La CAQ s’est aussi engagée mercredi à investir 94,8 millions $ supplémentaires sur quatre ans pour prévenir l’itinérance.

Le montant serait investi dans le PSL-Prévention, un programme qui aide des personnes qui risquent de perdre leur logement en leur fournissant une somme pour payer leur loyer, afin qu’il ne dépasse pas 25 % de leur revenu mensuel.

Avec la somme prévue, 1000 locataires de plus pourraient avoir accès au PSL.

Par ailleurs, Mme Fréchette donnerait suite à son engagement de tenir une grande consultation sur l’itinérance, comme le demandait un groupe de personnalités sous l’initiative de l’ancienne première ministre Pauline Marois.

Cette consultation précéderait la publication d’un Plan d’action en itinérance prévu en 2027.