«Ce n’est pas le temps d’apprendre le métier», a lancé mercredi la cheffe caquiste Christine Fréchette, à l’intention des électeurs qui seraient tentés d’opter pour la nouveauté en votant pour un de ses rivaux qui n’a jamais été premier ministre auparavant.
Elle a ainsi joué la carte de l’expérience, elle qui a été choisie par les membres de la Coalition avenir Québec (CAQ) comme cheffe et donc première ministre il y a un peu plus de quatre mois, à la fin d’avril dernier.
«J’ai été testée comme première ministre depuis avril dernier», a-t-elle d’ailleurs rappelé quand on lui a demandé en conférence de presse dans une école de Mont-Saint-Hilaire comment elle se préparait pour les débats télévisés à venir.
Au cours des derniers jours, elle avait pourtant aussi laissé entendre qu’elle incarnait le renouveau.
«L’expérience qui compte le plus, c’est de savoir gouverner, a-t-elle ajouté. En ce moment on est au milieu d’une tempête», faisant référence ainsi à la guerre commerciale en cours entre le Canada et les États-Unis.
Interrogée à savoir si elle jouait ainsi le rôle de «capitaine Canada» au Québec, elle a répondu: «Si j’ai à me donner un titre, ce serait capitaine Québec. Moi, je travaille pour le Québec. Et on travaille fort pour les entreprises, pour préserver nos emplois.»
Le retour des PPP
Au cours d’une annonce portant sur les infrastructures, Mme Fréchette a relancé l’idée du partenariat public privé (PPP), un concept qui a suscité de la controverse dans l’Histoire du Québec.
Ainsi, des écoles et des Maisons des aînés pourraient être construites selon ce mode, a-t-elle évoqué.
«Les Maisons des années, ça, c’est un exemple de construction qu’on pourra faire avec le privé, dans la mesure où on y gagne en temps, qu’on y gagne au coût, en efficacité, les nouvelles écoles également. Donc, il y a toute une série d’infrastructures qui pourraient être faites en mode privé.»
La CAQ s’est engagée à améliorer les façons de faire dans la construction d’infrastructures pour diminuer les coûts.
Sa formation propose donc que, pour chaque projet public de plus de 10 millions $, le mode de réalisation offrant la meilleure valeur aux contribuables soit évalué dès le départ.
La CAQ créerait aussi un «catalogue québécois de modèles et de composantes standardisés» afin d’éviter que certains projets, comme des classes, des salles de bain ou salles mécaniques, soient chaque fois redessinés à partir d’une feuille blanche.
Questionnée à savoir pourquoi le gouvernement caquiste au cours de ses deux mandats n’avait pas mis en place de telles mesures pour réduire les coûts de construction, Mme Fréchette a assuré que certaines formules avaient été mises en œuvre.
«On l’a fait, mais cela n’a pas été systématisé, a-t-elle répliqué. Ça a été appliqué dans un certain nombre de projets.»
Finalement, un éventuel gouvernement Fréchette reviendrait à la charge avec un projet de loi visant à accélérer les projets jugés «d’envergure nationale».
Un tel projet de loi, s’inspirant de ce qui s’est fait au fédéral après l’arrivée au pouvoir du premier ministre Mark Carney, a été déposé par le ministre des Finances, Eric Girard, mais il est mort au feuilleton.
La CAQ a rappelé que, si elle est reconduite au pouvoir, elle investira 167 milliards $ dans les infrastructures au cours des dix prochaines années. Le déficit de maintien des actifs dépasse déjà 44 milliards $.
