La cheffe caquiste, Christine Fréchette, va-t-elle relancer l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste ? Sa décision n’est pas encore arrêtée, mais, selon elle, les Québécois ont «une plus grande ouverture» à cette énergie.
«On est dans une période où il faut réduire notre dépendance aux États-Unis et c’est important qu’on diversifie nos marchés d’exportation et qu’on se repose davantage sur nos propres ressources naturelles», a-t-elle expliqué en point de presse samedi à Trois-Rivières.
Un sondage «Synopsis-La Presse» publié samedi matin montre que les Québécois sont divisés sur le gaz de schiste: 38 % y sont favorables alors que 37 % sont contre. Aussi, 25 % des personnes interrogées ont répondu: «Je ne sais pas».
«Je pense que les Québécois ont changé un peu d’optique parce que je pense qu’il y a une plus grande ouverture face à ces possibilités-là. Est-ce que cette ouverture-là est suffisante pour dire qu’on devrait considérer d’aller de l’avant ? J’en suis pas là», a-t-elle soutenu.
Depuis la chefferie caquiste, Christine Fréchette se dit ouverte aux gaz de schiste, mais répète qu’il doit y avoir de l’acceptabilité sociale.
«Les projets doivent être portés par les gens de la région. Et je pense que les gens de la région ont droit à des redevances, si jamais il y a des projets de cette nature-là qui voient le jour. Alors, on n’en est pas là, mais je vois que c’est partagé, et puis je vais continuer à surveiller l’évolution de la pensée des Québécois là-dessus», a-t-elle ajouté samedi.
Le chef conservateur, Éric Duhaime, de son côté, est un fervent défenseur du gaz de schiste, affirmant que la technologie a évolué et qu’il pourrait même être une option écologique.
La cheffe caquiste a tenu à prendre ses distances de ses adversaires conservateurs sur le sujet.
«M. Duhaime n’a pas l’air d’avoir de réserve. Moi, j’ai des réserves, j’ai des balises et il va falloir qu’elles soient respectées si jamais on décidait d’aller de l’avant», a-t-elle soutenu.
Pour Québec solidaire, pas question d’aller vers le gaz de schiste. «Pour se tenir debout face à Donald Trump, il faut mettre de l’avant ce qui fait notre force, c’est-à-dire l’énergie propre, l’hydroélectricité, l’éolien, la géothermie. On est assis sur une mine d’or qui s’appelle l’énergie propre», a affirmé la porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, samedi à Montréal.
Le Parti québécois a indiqué qu’il avait commandé son propre sondage sur la question et qu’il comptait le rendre public prochainement.
«On a un sondage qui démontre que, quand les gens sont consultés sur le gaz de schiste à proximité de chez eux, la réponse n’est pas si positive que ça. Et on peut les comprendre, parce que c’est une pollution de l’eau, une pollution de la qualité de vie, puis des conséquences à long terme quand le puits est mal fermé», a expliqué le chef péquiste lors d’une mêlée de presse à Saint-Tite samedi.
Le chef libéral, Charles Milliard, a accusé Christine Fréchette de faire du «avance recule» sur le gaz de schiste et a dit que ça ne faisait pas partie de ses priorités énergétiques.
«J’ai toujours été très clair là-dessus, je veux qu’on développe le potentiel hydroélectrique, éolien, solaire, avant de retourner à d’autres formes d’énergie», a-t-il dit.
En 2022, le gouvernement Legault a fait adopter une loi pour mettre fin à toutes les activités de recherche et d’exploitation des hydrocarbures au Québec.
«Je vais chez mes parents»
Christine Fréchette était dans la circonscription de Trois-Rivières – où elle tente de se faire élire – pour faire une série d’annonces.
Selon l’agrégateur de sondages Qc125, ce comté n’est pas gagné d’avance pour la cheffe caquiste: le PQ y est très compétitif également.
En point de presse, Mme Fréchette a indiqué qu’elle n’avait pas l’intention de déménager dans sa ville d’enfance si elle s’y faisait élire.
«Quand je viens à Trois-Rivières, je vais chez mes parents», a-t-elle dit.
«Confiance ébranlée»
La cheffe caquiste a encore dû répondre à des questions sur son candidat dans Rousseau, Louis-Charles Thouin, qui a distribué des billets de 20 $ et de 10 $ lors d’une activité de bingo.
Un journaliste lui a demandé si elle savait d’où provenait l’argent, si l’agent officiel était au courant et s’il y avait des factures.
«Je vais vous revenir sur ces questions-là. J’ai pas cette information-là, mais ces dépenses vont être intégrées dans les dépenses de campagne», a assuré Christine Fréchette.
Elle a répété que son candidat l’avait «déçue» et que sa «confiance a été ébranlée».
Le Journal de Québec a révélé jeudi que le 8 septembre dernier, Louis-Charles Thouin a donné de l’argent liquide en cadeau aux gagnants d’un bingo organisé pour des aînés. Il avait mis des billets de 20 $ ou 10 $ dans des casquettes et des chandails. L’élu a même reconnu les faits et a présenté des excuses.

