Austérité, politiques natalistes, opposition au TGV: Une alliance se dessine entre les conservateurs d’Éric Duhaime et les péquistes de Paul St-Pierre Plamondon, selon la cheffe caquiste, Christine Fréchette.
«Un veut la tronçonneuse, l’autre veut la hache (...) Ils sont tous les deux dans des approches d’austérité qui vont générer des fermetures et des mises à pied massives au niveau de la santé et au niveau de l’éducation», a-t-elle lancé en mêlée de presse à Québec dimanche.
Tous les partis politiques, sauf Québec solidaire, proposent de couper dans la fonction publique à différents degrés.
Le Parti conservateur veut couper 20 000 fonctionnaires, la Coalition avenir Québec, 2900 et le Parti libéral, 12 000. Pour sa part, le Parti québécois propose de réduire les coûts de rémunération dans le secteur public de 2,5 %. Ils assurent tous que les services à la population ne seront pas affectés.
Les récents sondages laissent actuellement entrevoir la formation d’un gouvernement minoritaire du Parti québécois. La cheffe caquiste croit-elle que cette alliance pourrait prendre la forme d’un gouvernement de coalition formé des péquistes et des conservateurs ?
«Il y a des éléments de ça qui se dessinent, qui apparaissent. On dirait qu’il y a une concertation, un rapprochement et il y a les lignes convergentes qui émergent», a-t-elle répondu.
Christine Fréchette voit également une convergence entre les deux partis sur leurs «politiques natalistes». Le PQ a annoncé dimanche matin qu’il comptait offrir 350 $ pour un troisième enfant et un autre 350 $ pour un quatrième.
Les conservateurs, eux, ont promis 100 $ par semaine, par enfant, aux familles qui gardent leurs bambins à la maison.
La cheffe caquiste a également affirmé qu’Éric Duhaime «endossait» la position de Paul St-Pierre Plamondon sur le TGV entre Québec et Toronto. Les deux partis sont en effet opposés au projet.
«Fréchette fait une campagne de plus en plus négative»
Le chef péquiste n’a pas tardé à réagir. Il affirme que son approche en matière d’aide aux familles ne pourrait pas être plus différente de celle du PCQ et enjoint sa rivale caquiste à ne pas «induire en erreur la population».
«Je suis obligé de constater que Mme Fréchette fait une campagne de plus en plus négative. Je l’invite à se ressaisir et à continuer à proposer ses idées. Je vais proposer les miennes», a-t-il affirmé.
De son côté, Éric Duhaime s’est réjoui d’être attaqué par ses rivaux alors qu’il ne tenait aucune activité médiatique dimanche.
«Je suis au centre de toutes les nouvelles…Toujours un très bon signe en politique quand tes adversaires parlent beaucoup de toi. Rien n’illustre mieux que le Parti conservateur du Québec a le vent dans les voiles et s’apprête à faire une grande entrée à l’Assemblée nationale dans deux semaines», a-t-il écrit sur X.
«Bromance»
Christine Fréchette n’est pas la seule à voir des rapprochements entre Éric Duhaime et Paul St-Pierre Plamondon. La porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, a dit voir une «bromance» entre les deux.
«Éric Duhaime et le Parti québécois sont de plus en plus d’accord sur beaucoup de choses. Par exemple, ils sont d’accord sur le fait d’éliminer le fonds des subventions des entreprises et pour baisser les taxes sur l’essence», a-t-elle affirmé.
Le chef libéral, Charles Milliard, remarque que des idées du PQ s’inspirent de celles du PCQ.
«C’est assez clair pour moi que le Parti québécois est plus à droite qu’il l’a déjà été», a-t-il soutenu.
Stratégie maritime
Christine Fréchette était de passage à Lévis dimanche matin pour présenter sa stratégie maritime qui comporte des investissements de 300 millions $ dans les infrastructures portuaires et le corridor du Saint-Laurent et une enveloppe de 90 millions $ pour soutenir la filière de la construction navale.
En conférence de presse, Mme Fréchette a dévoilé sa stratégie «Horizon Saint-Laurent 2027-2032», qui vise notamment à diversifier les marchés d’exportation du Québec et développer une grappe québécoise de construction navale.
Un gouvernement Fréchette s’engage à développer de nouveaux corridors commerciaux, en commençant par un corridor Québec–Europe–Afrique du Nord appuyé sur la francophonie économique et à nommer un envoyé spécial au développement du Saint-Laurent et du commerce maritime pour attirer des investisseurs et développer des partenariats.
De pair avec l’investissement de 300 millions $ dans les infrastructures portuaires et le corridor du Saint-Laurent dans sa stratégie 2027-2032, la CAQ se donne comme objectif de mobiliser près de 2 milliards $ en investissements privés et fédéraux.
Concernant la somme de 90 millions $ pour soutenir la filière de la construction navale, le but visé est d’appuyer particulièrement les PME et de «favoriser l’émergence d’une grappe industrielle de calibre mondial, à l’image du secteur aérospatial québécois».
La CAQ a aussi fait état de sa promesse d’investir 26 millions $ sur 4 ans afin de pérenniser le réseau de navettes fluviales dans la région de Montréal.
