Christine Fréchette a dû répondre à des questions, vendredi matin en campagne électorale, sur un voyage diplomatique en France qui aurait coûté un peu moins de 136 000 $ – une somme qui fait rager son adversaire Éric Duhaime.
«J’exige que Christine Fréchette rembourse les contribuables québécois», a déclaré le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans une conférence de presse sur une promesse électorale en logement.
«Le monde a de la misère à se payer l’épicerie, madame se paie des billets d’avion à 11 000 piasses sur leur bras», a continué M. Duhaime, en évoquant la liste des dépenses de ce voyage dévoilée mercredi matin par Le Journal de Montréal. «C’est indécent, ça n’a aucun sens, j’étais hors de moi quand j’ai lu ça ce matin.»
DOSSIER | ÉLECTIONS QUÉBEC 2026
Le voyage en question, d’une durée de cinq jours, a eu lieu en mai dernier. La première ministre s’était donné comme mission de consolider les liens politiques et économiques avec la France, dans un contexte d’incertitude dans les relations avec les États-Unis.
Mme Fréchette s’est alors notamment entretenue au Palais de l’Élysée avec le président français Emmanuel Macron et a échangé avec son homologue Sébastien Lecornu à Matignon.
«Le plus dépensier»: Fréchette renvoie la balle à Duhaime
Vendredi, la première ministre sortante a réexpliqué les raisons derrière la tenue de cette visite en sol français, sans commenter directement sur les montants avancés par le JdeM, comme les 22 000 $ qu’ont coûté les billets d’avion de la délégation québécoise, les 49 000 $ en services de chauffeurs privés ou encore les 40 000 $ qu’ont valu le séjour à l’hôtel.
«On est en discussion avec un grand nombre de partenaires», dit la cheffe d’Équipe Christine Fréchette dans une conférence de presse électorale à La Baie, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
«Il faut diminuer notre dépendance au marché américain. Et ça, ça passe par le développement de partenariats resserrés avec d’autres pays, notamment la France, avec qui on a déjà des bases importantes en termes de collaboration.»
— Christine Fréchette, cheffe de la CAQ
Mme Fréchette a toutefois pris soin de renvoyer la balle à Éric Duhaime, en critiquant le cadre financier qu’adopterait le PCQ s’il prenait le pouvoir au terme des élections provinciales du 5 octobre 2026.
«Il est le plus dépensier de tous les chiffres», a lancé la cheffe caquiste. «Ses engagements totalisent 65 milliards de dollars.»
Mme Fréchette a rappelé que le plan de dépenses de son parti au pouvoir s’élève à 9,7 milliards de dollars sur quatre ans, selon le cadre financier de la Coalition avenir Québec (CAQ), dont le manque de détails a cependant été critiqué en cours de campagne.
Au final, «le Québec doit rayonner à l’international», croit Christine Fréchette. «Est-ce que ça veut dire que M. Duhaime ne fera aucune présence du Québec à l’international s’il est élu? C’est étonnant comme position.»
Sur la question de ce voyage à 136 000 $, Mme Fréchette et Mme Duhaime en découdront peut-être plus tard. «Il reste trois débats, elle est mieux de régler ça maintenant», a averti Éric Duhaime.
Un autre candidat défendu
Éric Duhaime a été bombardé de questions sur le sujet vendredi matin en point de presse. Il a minimisé l’incident en parlant de «chicane de clôture entre voisins».
«Le juge a eu un jugement. Quand il y a un litige au civil, il y a toujours une partie qui est plus crue que l’autre, puis il y a une décision qui est prise, puis il y a une sanction qui est prise. (...) La décision a été respectée. Ça fait six ans que la chicane est terminée», a-t-il notamment répondu.
Un de ces débats sera présenté en direct sur la plateforme d’écoute en continu Crave et à la télé sur les ondes de Noovo, le 16 septembre prochain.
Tous les chefs des principaux partis politiques québécois seront réunis à 20h pour un débat dont le format sera inspiré de l’émission Les Débatteurs de Noovo.
Mme Fréchette, Charles Milliard (PLQ), Paul St-Pierre Plamondon (PQ), Ruba Ghazal (QS) et M. Duhaime auront l’occasion d’exposer leur vision pour le Québec de demain, avant les élections.
