Ruba Ghazal a contribué à la fondation de Québec solidaire (QS) en 2006. Vingt ans plus tard, elle mène les troupes solidaires jusqu’au scrutin du 5 octobre, à un moment où le parti de gauche reste à la traîne dans les sondages.
DOSSIER | ÉLECTIONS QUÉBEC 2026
Mme Ghazal connaît QS comme le fond de sa poche. «Mon parti, je l’ai tatoué sur le cœur», a déjà dit la politicienne de 48 ans.
Aux côtés de Françoise David et d’Amir Khadir, elle a fait partie des membres fondateurs de la formation politique, qui a pris son envol en février 2006, lors d’un congrès qui s’est tenu dans une salle de l’Université de Montréal.
L’année suivant la fondation, elle tente de se faire élire sous la bannière du parti dans la circonscription montréalaise de Laurier-Dorion. Elle termine quatrième. En 2008, elle échoue encore une fois à déloger le candidat libéral, mais améliore son score en prenant la troisième place.
C’est aux élections générales de 2018 que Mme Ghazal fait son entrée à l’Assemblée nationale, après avoir succédé à Amir Khadir comme candidate de QS dans Mercier, toujours sur l’île de Montréal. Elle est réélue en 2022.
Il lui a aussi fallu deux tentatives avant de devenir la co-porte-parole féminine de la formation politique. En 2023, Mme Ghazal est défaite de justesse par Émilise Lessard-Therrien, au deuxième tour dans la course à la succession de Manon Massé.
À la suite de la démission fracassante de Mme Lessard-Therrien, peu de temps après son élection comme co-porte-parole, Mme Ghazal est seule sur la ligne de départ pour reprendre le flambeau.
La nomination de Mme Ghazal à la tête du parti est confirmée à l’automne 2024. La députée montréalaise est ensuite choisie pour être la candidate de QS au poste de première ministre. Elle obtient donc le mandat de représenter le parti au débat des chefs au cours de la campagne électorale.
Inspirée par Françoise David
Mme Ghazal affirme provenir de la même école que la députée Manon Massé et Françoise David. Cette dernière a d’ailleurs été une source d’inspiration pour Mme Ghazal.
«Dans les années 1990 (...), j’entendais Françoise David, une féministe à la tête de la Fédération des femmes du Québec, puis je me disais: “mon Dieu, ce discours-là m’inspire. Puis, si un jour Françoise allait en politique, bien moi, je vais la suivre’’. Et finalement, c’est ça qui est arrivé», a relaté Mme Ghazal en conférence de presse, en mai dernier.
Née au Liban d’une famille de réfugiés palestiniens en 1977, elle est arrivée au Québec à l’âge de 10 ans et a grandi entre Montréal et Laval. Mme Ghazal se rappelle que ses parents, à l’époque, détestaient la politique. Ils associaient ce milieu à la peur, la violence et la guerre.
Avant de devenir députée, Mme Ghazal a mené une carrière dans plusieurs usines, notamment comme conseillère en santé-sécurité et environnement.
Celle qui a un baccalauréat en administration des affaires et une maîtrise en environnement a entre autres oeuvré chez O−I Canada, Church & Dwight Canada, L−3 Communications et Bombardier Aéronautique.
Rejetant l’idée selon laquelle QS ne s’intéresse pas aux entrepreneurs, Mme Ghazal témoigne qu’elle est la fille d’un père commerçant. Pendant près de 20 ans, sur la Plaza Saint-Hubert, à Montréal, il a exploité un magasin de style «à 1 $». Mme Ghazal, son frère et ses soeurs y ont travaillé les soirs et les fins de semaine.
Elle dit comprendre la réalité des entrepreneurs après avoir vu son père faire beaucoup de sacrifices.
«Enfant de la loi 101», Mme Ghazal a publié à l’automne 2025 un essai intitulé «Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs» dans lequel elle raconte son histoire d’immigration et d’intégration au Québec, ainsi que son intérêt pour l’indépendance.

