S’il prend le pouvoir le 5 octobre prochain, Paul St-Pierre Plamondon tiendra un référendum dans un premier mandat, même si 60 % des Québécois estiment que c’est une mauvaise idée.
En effet, selon un sondage Léger publié samedi dans les médias de Québecor, le référendum du PQ figure au bas de la liste des promesses préférées des Québécois.
Près de 60 % des personnes sondées estiment que «faire du Québec un pays» n’est pas une bonne mesure. L’idée est pratiquement aussi impopulaire qu’une hausse d’impôt.
«Nous allons faire ce qu’on dit, et dire ce qu’on fait», a martelé samedi le chef péquiste en point de presse à Québec, dans la circonscription de Chauveau.
Il a éclaté de rire lorsqu’une journaliste lui a demandé s’il y avait possibilité qu’il renonce à son engagement de tenir un référendum dans un premier mandat.
Rappelons que le PQ a récemment annoncé qu’il ne tiendrait pas de référendum avant le 20 janvier 2029, date de la fin du mandat de Donald Trump à la Maison-Blanche.
«Nos engagements sont clairs», a-t-il tranché samedi, avant d’aller disputer un match de pickleball avec quelques-uns de ses candidats de la région de Québec.
Saisissant cette balle au bond, la cheffe caquiste Christine Fréchette a lancé un appel aux souverainistes «lucides et réalistes».
«Beaucoup de personnes qui seraient tentées de voter Oui (...) sont conscientes que c’est le pire moment des 50 dernières années pour tenir un référendum», a-t-elle déclaré à Drummondville.
«J’invite ces gens-là à joindre notre coalition, on est ouvert», a-t-elle ajouté.
Invité à réagir aux propos de Mme Fréchette, M. St-Pierre Plamondon les a d’abord qualifiés «d’attaque». «Est-ce que je vais répondre à chaque attaque à tous les jours?»
Il a ensuite reconnu que ce n’en était pas une.
«Je vous dirais que le discours de Christine Fréchette en tout point aurait pu être celui (des libéraux) Jean Charest et Philippe Couillard il y a quelques années.
«C’est une campagne de peur qui commence à être ridicule», s’est-il tout de même indigné.
Le sondage Léger a été réalisé en ligne du 21 au 24 août 2026 auprès de 1010 Québécois âgés de 18 ans et plus.
Réduction de l’immigration
Par ailleurs, le PQ a consacré sa troisième journée de campagne au dossier de l’immigration.
Disant vouloir «réparer» ce qu’a brisé la Coalition avenir Québec (CAQ), M. St-Pierre Plamondon s’est engagé à réduire le seuil d’immigration permanente à 35 000.
Le seuil actuel fixé par la CAQ est de 45 000 nouveaux arrivants par année.
Le PQ promet aussi de couper de moitié l’immigration temporaire, «tout en protégeant des secteurs comme l’agriculture et le manufacturier».
Et le parti instaurerait un moratoire sur l’immigration économique.
Sous un gouvernement péquiste, tous les immigrants économiques proviendraient du bassin des immigrants temporaires déjà sur le territoire.
Selon le PQ, la capacité d’accueil du Québec a été largement dépassée ces dernières années, ce qui met une pression considérable sur les services publics, argue-t-il.
M. St-Pierre Plamondon a d’ailleurs fait son annonce samedi devant une école de Québec, ce qui a fait bondir ses adversaires.
«Je trouve ça maladroit, je trouve ça malaisant», a déclaré le chef libéral Charles Milliard.
«Donc, les jeunes qui se présentent dans ces écoles-là, c’est eux le problème? (...) C’est extrêmement malhabile et ça manque de classe.»
«Le manque d’espace, (...) on ne peut pas juste dire que c’est à cause de l’immigration. Ces problèmes-là existaient avant», a plaidé la co-porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal.
«Je trouve ça épouvantable que M. St-Pierre Plamondon continue de parler d’immigration de façon aussi négative», a-t-elle renchéri.
M. Milliard, qui faisait campagne à Québec, a rappelé que le maire Bruno Marchand réclame actuellement un minimum de 13 000 travailleurs additionnels pour la région.
«Hier, M. St-Pierre Plamondon nous a présenté son équipe économique et aujourd’hui, il nous fait la démonstration qu’il ne comprend absolument rien à l’économie», a-t-il raillé.
«On va exacerber la crise de main-d’oeuvre à cause de Paul St-Pierre Plamondon. (...) C’est le pire moment pour dire (...) qu’on va avoir encore moins de main-d’oeuvre.»
