Québec solidaire souhaite réformer le mode de scrutin dans les 100 premiers jours du mandat d’un gouvernement solidaire afin «que chaque vote compte réellement».
C’est ce qu’ont annoncé dimanche matin les porte-parole solidaires, Ruba Ghazal et Sol Zanetti, lors d’un point de presse tenu symboliquement devant l’Assemblée nationale du Québec.
Les solidaires veulent instaurer un système proportionnel mixte compensatoire.
Ainsi, un électeur pourra se rendre, comme d’habitude, au bureau de scrutin, mais aura deux votes à faire: celui pour le candidat qu’il souhaite voir député et l’autre pour le parti qu’il veut voir gouverner.
«Tous les députés qui vont avoir le plus de voix dans les circonscriptions vont être élus de la même façon que le mode de scrutin actuel», a expliqué M. Zanetti.
«Et il y aura une liste avec plein de députés qui auront été élus selon le deuxième bulletin qui vont être répartis dans les partis pour que le pourcentage de vote reflète le pourcentage de sièges à l’assemblée», a-t-il ajouté.
Mme Ghazal a également soutenu que le modèle de scrutin qui date de 1867 n’est plus adapté au paysage politique actuel au Québec, avec une diversité de voix politiques qui s’exprime.
«Ce n’est pas normal qu’à chaque élection, la carte électorale ne reflète pas la volonté politique des Québécois et des Québécoises, c’est une nécessité démocratique de faire en sorte que chaque vote compte», a affirmé M. Zanetti.
Appelé à réagir à cette proposition en point de presse à Rimouski en après-midi, Paul St-Pierre Plamondon a réitéré que c’était un engagement du Parti québécois et que «c’est toujours au programme».
«J’ai hâte d’entendre les réponses des autres partis, mais nous, ça n’a pas changé», a-t-il assuré, soulignant que «la CAQ a été plus que nébuleuse là-dessus».
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a dit appuyer la proposition de QS au sujet de la réforme du mode de scrutin, dans un communiqué diffusé dimanche soir.
«Le mode de scrutin actuel déforme la volonté populaire et alimente le cynisme. Les conservateurs sont prêts à travailler avec tous les partis pour que l’élection de 2026 soit la dernière sous ce système et que, dès 2030, chaque vote compte sans affaiblir la voix des régions», a fait valoir la candidate du PCQ, Maïté Blanchette Vézina, dans le communiqué.
«Les élections, ce n’est pas un chèque en blanc»
Les porte-parole solidaires ont également annoncé qu’ils veulent mettre en place des référendums d’initiative populaire.
«Les élections, ce n’est pas un chèque en blanc que les citoyens donnent à un parti politique pour faire ce qu’il veut», a souligné Mme Ghazal.
«Les citoyens auront la chance de modifier ou de bloquer ou d’ajouter l’adoption d’une loi, d’un projet ou d’une mesure en déclenchant un référendum populaire», a-t-elle précisé.
Pour ce faire, il sera nécessaire qu’une pétition soit partie dans la population et qu’il y ait 10 % des électeurs qui la signent, ce qui représenterait près de 600 000 personnes, selon Québec solidaire.
À ce moment-là, le Directeur général des élections pourrait mettre en marche le processus de référendum.
Mme Ghazal a toutefois ajouté une petite nuance. Les référendums ne pourraient concerner que des questions d’intérêt national, à l’exception de ce qui touche des questions constitutionnelles, la Charte québécoise des droits et libertés ou des traités internationaux.
La porte-parole solidaire juge que la population a «un grand appétit» pour avoir son «mot à dire entre deux élections», prenant notamment l’exemple de la protestation populaire lors de la fermeture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
«La réforme du mode de scrutin et le référendum d’initiative populaire sont une manière de mobiliser les gens pour qu’ils s’intéressent à la politique et s’investissent dans notre démocratie», a soutenu M. Zanetti.
Aider les agriculteurs
La caravane solidaire s’est par la suite dirigée vers Trois-Pistoles pour marquer un arrêt à la Fromagerie des Basques, où Mme Ghazal a proposé des mesures pour aider les producteurs agricoles touchés par la guerre tarifaire.
«Les producteurs laitiers qui sont très inquiets, il faut qu’on leur apporte des solutions, et non pas qu’on monte la tension en étant très inquiets, ils le sont déjà assez comme ça», a-t-elle fait valoir.
Elle en a profité pour souligner que son parti s’engage à acheter local pour les institutions publiques de la province.
«L’objectif, c’est de sortir de cette dépendance-là, de cette inquiétude-là et de pouvoir donner à nos agriculteurs un marché prévisible, des contrats à long terme pour qu’ils puissent vivre et nourrir la population québécoise», a-t-elle soutenu.
Les solidaires poursuivaient en fin d’après-midi leur périple dans le Bas-Saint-Laurent pour aller à la rencontre des citoyens lors d’un cinquième Rendez-vous des possibles, organisé cette fois-ci à Rimouski.
