Québec solidaire (QS) mise sur une réforme fiscale qui fera payer les riches pour remettre le Québec sur les rails et faire face aux différents défis économiques, comme les menaces de Donald Trump.
Des dizaines de militants et de bénévoles enthousiastes ont réservé un accueil chaleureux à Ruba Ghazal et Sol Zanetti, co-porte-parole solidaires, lorsqu’ils ont fait leur entrée au Grand Quai du Port de Montréal, jeudi.
«Je vais prendre cette énergie» et l’amener avec moi «pour aller à la rencontre des Québécois et Québécoises», a lancé Ruba Ghazal.
«Vos craintes, je les entends» et «la campagne qui débute aujourd’hui, ce n’est pas une campagne comme les autres», a indiqué l’aspirante première ministre.
«L’incertitude provoquée par Trump depuis qu’il est président, c’est rendu notre nouvelle normalité et cette crise démontre la position de faiblesse du Québec dans l’économie actuelle.»
Pour «surmonter cette épreuve» et bâtir une «économie résiliente», il faut notamment miser sur «des services publics qui fonctionnent, des infrastructures en bon état, des logements abordables qui permettent à tout le monde de vivre dignement».
Ce que propose QS, c’est une façon différente de voir le rôle de l’économie.
Mais comment le parti de gauche compte-t-il financer les nouveaux logements, les épiceries publiques, les infrastructures, les écoles et les autres grands chantiers?
«Pendant cette campagne-là, on va présenter un cadre financier» qui propose «une réforme fiscale», a répondu la députée sortante de Mercier.
«Une des mesures de la réforme fiscale qu’on propose, c’est d’aller chercher l’argent là où elle est, chez les multimillionnaires, les 4000 ménages qui ont des fortunes familiales de 25 millions de dollars et plus. Ça, ça va rapporter 5 milliards de dollars dans les coffres de l’État. C’est comme ça qu’on va financer nos écoles (…), mais il va y avoir d’autres réformes et d’autres mesures.»
Ruba Ghazal promet «une économie à votre service», contrairement, a-t-elle dit, à ce que proposent ses adversaires.
«Christine Fréchette croit que plus de privé, (...) c’est bon pour nos services publics. Elle croit aussi que le laisser-faire du marché va tout régler. Si ça marchait, ça fait longtemps qu’on s’en serait rendu compte», a indiqué Ruba Ghazal.
«Aujourd’hui, le Parti québécois et le Parti libéral se taguent d’avoir la meilleure équipe pour gérer l’économie. Mais au fond, qu’est-ce qu’ils proposent? Les mêmes vieilles recettes caquistes (…) et des choix politiques qui ignorent l’environnement, qui favorisent quelques riches actionnaires, des politiques qui ne s’attaquent pas aux véritables causes de la crise du logement, de la crise du coût de la vie.»
À la dissolution du Parlement, QS était représenté par 11 députés, répartis principalement à Montréal, mais aussi à Québec et Sherbrooke. Quatre d’entre eux, Gabriel Nadeau-Dubois, Manon Massé, Christine Labrie et Haroun Bouazzi, ont décidé de ne pas se représenter.
Ruba Ghazal promet d’aller «partout au Québec» lors de la campagne.
«On a des candidats, des candidates partout au Québec, des gens de talent qui sont très impliqués dans leur communauté, on a 127 candidatures» et «je vais aller partout, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Abitibi-Témiscamingue, à Sherbrooke, à Québec et aussi ailleurs au Québec. Je vais faire une tournée, on a des candidats qui sont là pour offrir des solutions aux Québécois et Québécoises».
Une indépendance inclusive
QS, dont le slogan de campagne est «C’est possible», promet «un Québec plus juste, un Québec plus vert, un Québec plus inclusif et surtout un Québec plus indépendant».
Lors de la conférence de presse, une journaliste anglophone a demandé à Ruba Ghazal en quoi le projet d’indépendance de Québec solidaire était différent de celui du Parti québécois.
«Nous avons une vision inclusive», a répondu l’aspirante première ministre en rappelant qu’elle est arrivée au Québec à l’âge de 10 ans.
«C’est important que les anglophones et les immigrants voient que ce projet d’indépendances est aussi pour eux» et que c’est un projet «de justice sociale et d’égalité».
