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PSPP:les indemnisations offertes par Alto laissent craindre des dépassements de coûts

Il a réagi samedi à un reportage de Radio-Canada qui indique que les indemnités à verser par le consortium aux agriculteurs touchés pourraient atteindre 350 % de la valeur de leurs terres.

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Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, prend la parole au sommet de l'Union des municipalités du Québec à Québec, le vendredi 18 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, prend la parole au sommet de l'Union des municipalités du Québec à Québec, le vendredi 18 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Même si les promoteurs du train à grande vitesse Alto augmentent la mise pour exproprier les terres agricoles, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon n’a pas l’intention de reconsidérer son opposition au projet.

Il a réagi samedi à un reportage de Radio-Canada qui indique que les indemnités à verser par le consortium aux agriculteurs touchés pourraient atteindre 350 % de la valeur de leurs terres.

Ce même jour, des centaines d’agriculteurs du Québec et de l’Ontario ont manifesté à Rigaud contre Alto et le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, s’est d’ailleurs joint à eux.

Le PQ avait déjà signifié son opposition et avait même réclamé un droit de retrait du Québec avec pleine compensation, pour obtenir sa part de ce projet fédéral dont les estimations ont été gonflées jusqu’à 150 milliards $, pour un corridor allant de Québec à Toronto, en passant par Ottawa et Montréal.

En mêlée de presse au Festival western de Saint-Tite, M. St-Pierre Plamondon a rappelé qu’il craignait l’explosion des coûts d’Alto et selon lui, les indemnisations envisagées lui donnent raison.

«Quand Alto sort d’un coup le chéquier, puis c’est rendu trois fois le prix de la terre, ça vous dit comment il ne faut pas prendre les chiffres d’Alto et du fédéral au premier degré. C’est un signe du dépassement de coûts immense qu’on a vu d’ailleurs en Angleterre sur un projet similaire. (...) Ça démontre l’approche de gestion qui a beaucoup de trous et de doutes dans cette entreprise-là.»

Il doute également que les agriculteurs cèdent même si on leur offre davantage pour qu’on passe le corridor sur leur terre et qu’on la coupe ainsi en deux.

Le chef du PQ voudrait que les milliards de dollars qu’Ottawa souhaite investir dans ce projet soient plutôt réalloués au Québec pour réparer ses infrastructures, routes, écoles, hôpitaux qui en ont bien besoin.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) a exprimé officiellement son opposition au projet, tandis que le Parti libéral est favorable et la Coalition avenir Québec (CAQ) aussi, mais avec des conditions.

Il faudra notamment, selon la cheffe caquiste Christine Fréchette, que les retombées soient d’une «bonne ampleur» et que le tracé soit convenu avec les «différents acteurs», incluant le milieu municipal et les agriculteurs.

L’UPA a demandé la suspension du projet au gouvernement fédéral et a commandé un sondage pour renforcer sa position. L’enquête d’opinion de la firme Synopsis suggère que l’appui au projet de TGV passe de 69 % à 59 % une fois que les participants reçoivent une présentation détaillée du projet.

Le tracé envisagé emprunterait la rive-nord du Saint-Laurent, donc il traverserait l’Outaouais, les Basses-Laurentides, Lanaudière, la Mauricie et Portneuf, autant de régions où on trouve beaucoup d’exploitations agricoles.

Les coûts du projet de TGV sont actuellement estimés par Alto entre 60 et 90 milliards $, mais certains experts croient que cette fourchette pourrait être difficile à respecter. Le premier tronçon, entre Montréal et Ottawa, doit être mis en chantier dès 2029.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste