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Loi sur la gouvernance syndicale et élections: que vont faire les centrales?

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Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras, en conférence de presse à Montréal, le 26 mars 2026. Les Québécois sentent que le climat social s’est détérioré dans les dernières années, selon un sondage Léger commandé par la... Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras, en conférence de presse à Montréal, le 26 mars 2026. Les Québécois sentent que le climat social s’est détérioré dans les dernières années, selon un sondage Léger commandé par la CSQ. LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

Dans le cadre de la campagne électorale qui vient d’être déclenchée, les centrales syndicales devront composer avec la nouvelle loi sur la gouvernance syndicale, qui encadre l’action politique partisane.

La nouvelle loi sur la gouvernance et la transparence syndicale stipule en effet que les syndicats doivent convaincre leurs membres de verser des cotisations syndicales facultatives, en plus des cotisations principales, pour mener certaines activités. 

Ces cotisations facultatives servent à financer, notamment, «toute campagne de publicité, excluant celle destinée aux membres, ou toute participation à un mouvement social, lorsque cette campagne de publicité ou ce mouvement social concerne, en tout ou en partie, un sujet à caractère politique de nature partisane».

Mais il y a une différence entre «action politique» et «implication partisane», explique le président de la CSQ, Éric Gingras, dans une vidéo diffusée sur la plateforme numérique de la centrale, baptisée «Ça nous regarde».

Pour la FTQ, la CSN et la CSQ, l’action politique va au-delà de la politique partisane; c’est elle qui permet des changements sociaux et  économiques qui vont au-delà des strictes relations de travail. Derrière le filet social dont bénéficient les Québécois se profile de l’action politique syndicale, comme les services de garde, l’équité salariale, l’assurance parentale, plaide M. Gingras.

La FTQ, dont les statuts lui permettent de prendre position en faveur d’un parti politique, comme cela a déjà été fait, il y a plusieurs années, ne le fera pas. Son conseil général s’est réuni, à Rouyn-Noranda en mai dernier, et a statué que «la FTQ n’appuierait aucun parti politique».

La plus grande centrale syndicale du Québec se donne trois grandes priorités: reconstruire le dialogue social, tenir tête aux «attaques anti-travailleurs» comme certaines lois adoptées sous le gouvernement caquiste, et une politique industrielle «pensée pour créer des emplois durables».

La FTQ dit aussi vouloir se battre pour les priorités de ses membres: le logement et des services publics bien financés et de qualité.

La CSN, de son côté, s’attardera à revendiquer une décentralisation du réseau de la santé et des services sociaux, une réforme fiscale pour mieux redistribuer la richesse, l’abrogation des lois dites anti-travailleurs et un plan «ambitieux» de lutte contre les changements climatiques, notamment.

«Cette élection survient à un moment charnière pour le Québec. Entre la guerre tarifaire qui fragilise notre économie, un réseau de la santé à bout de souffle et une crise du logement et du coût de la vie qui frappe durement les familles, les partis politiques ne peuvent pas se contenter de promesses vagues», a déclaré la présidente de la CSN, Caroline Senneville, par voie de communiqué.

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste