Les chefs des cinq principaux partis ont présenté, vendredi, leurs engagements devant les membres de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).
Cette organisation représente plus de 1000 petites municipalités et MRC au Québec.
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D’entrée de jeu, le président de la FQM, Jacques Demers, s’est fait clair: «S’il-vous-plaît, laissez-nous en paix pendant quatre ans!» a-t-il lancé.
Non aux «nouveaux règlements en environnement, aux nouvelles normes, aux (...) nouvelles responsabilités», a-t-il renchéri sous les applaudissements.
«Je sais qu’il y a des aberrations, je vous ai entendu M. Demers, et moi aussi, ça me fâche», a répondu la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette.
Elle a promis de créer un nouveau Bureau d’efficacité et de déposer un projet de loi «dont le seul objectif sera de faire le ménage dans la bureaucratie».
La cheffe caquiste a également annoncé qu’elle triplerait les investissements dans les commerces alimentaires de proximité afin de «redynamiser le coeur de nos villages».
Elle s’est aussi engagée à investir 100 millions $ sur quatre ans pour la requalification des bâtiments patrimoniaux, comme les églises.
Mme Fréchette a assuré les élus municipaux qu’elle n’allait pas «couper dans les travailleurs étrangers temporaires en région».
«Parce que je sais que vos régions dépendent de leur présence dans bien des cas au niveau des entreprises», a-t-elle dit, faisant écho au chef libéral Charles Milliard.
Plus de pouvoirs aux MRC, promet Milliard
Devant les membres de la FQM, M. Milliard a promis de doubler les investissements dédiés aux infrastructures municipales.
Il ferait passer de 4,4 % à 8 % la part de ces investissements dans le Programme québécois des infrastructures (PQI) au cours d’un premier mandat.
Le Parti libéral décréterait par ailleurs un moratoire sur toute nouvelle règle ou réglementation, et accepterait les projets des municipalités en continu.
Il mettrait en place une «asymétrie réglementaire régionale».
«Chacune des 89 MRC (...) pourra désigner trois règlements qu’elle souhaite adapter à sa réalité régionale et Québec aura l’obligation de négocier», a expliqué Charles Milliard.
Cette proposition lui a valu des applaudissements nourris de la salle.
«Cependant, a-t-il précisé, ces adaptations ne pourront pas affaiblir trois choses: la sécurité des Québécois, la langue française et notre capacité à construire des logements.»
Les libéraux promettent de construire 100 000 nouveaux logements par année afin de résorber la crise du logement.
PSPP veut «rétablir la relation de confiance»
Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon s’est pour sa part engagé à rétablir la relation de confiance avec les municipalités.
Il a tenté de les rassurer sur son plan visant à réduire l’immigration temporaire - sur laquelle comptent pourtant plusieurs secteurs économiques dans les régions.
«Si on réussissait à collaborer, puis à se parler, (...) même quand on a certains désaccords, ce serait déjà extraordinaire par rapport à ce qu’on vient de connaître», a-t-il plaidé.
Faisant écho au cri du cœur de la FQM, le chef du Parti québécois (PQ) veut également réduire la reddition de comptes exigée des municipalités.
Il a affirmé que le fardeau bureaucratique avait augmenté de 40 % en huit ans sous le gouvernement caquiste.
Le PQ ramènerait le nombre d’immigrants temporaires de 500 000 à environ 250 000, «un juste retour du balancier», selon lui, pour réduire la demande en logements.
M. St-Pierre Plamondon a assuré qu’il allait prioriser les «secteurs plus sensibles» et la «protection de l’activité économique».
Enfin, il a rappelé qu’il veut instaurer plus de concurrence pour réduire le coût des infrastructures, qui a explosé ces dernières années.
QS et PCQ: transport interrégional et nouveau pacte
La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a demandé avec humour à Jacques Demers d’attendre avant de lancer le mouvement «Les municipalités à boutte!».
«Ce matin, j’ai présenté un plan (...) pour le transport en commun interrégional, pour le rendre public, pour le rendre efficace», a-t-elle déclaré, provoquant des applaudissements dans la salle.
«Je savais que le transport en commun, ce n’est pas juste populaire à Montréal et à Québec. J’en ai la preuve!», s’est-elle félicitée.
Pour sa part, le chef conservateur Éric Duhaime a promis les trois D: dégraissage, déréglementation et décentralisation.
«On veut un vrai changement de modèle, a-t-il affirmé. On arrête le mur à mur, puis ce n’est plus Montréal et Québec qui décident.»
M. Duhaime s’est par ailleurs engagé à tenir un sommet et à conclure un «nouveau pacte» avec les municipalités.
Avec la collaboration de Patrice Bergeron et de Thomas Laberge

