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Le PQ viserait à imposer 30 % de contenu francophone aux grandes plateformes

Le parti a présenté dimanche ses principaux engagements en matière de culture.

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Le PQ présente ses engagements en matière de culture Paul St-Pierre Plamondon a présenté dimanche les principaux engagements du Parti québécois en matière de culture. On veut notamment imposer 30 % de contenu francophone aux grandes plateformes.

Un gouvernement du Parti québécois (PQ) «négociera» avec les grandes plateformes comme Netflix et Spotify pour les amener à diffuser environ 30 % de contenu francophone.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon était à Montmagny dimanche pour présenter les principaux engagements de son parti en matière de culture. 

Il est revenu en point de presse sur le projet de loi 109 du gouvernement caquiste, adopté en décembre, qui concerne la découvrabilité des contenus francophones. 

Il est notamment question dans cette loi d’imposer aux plateformes numériques une quantité X de contenu francophone. Ce quota reste encore à déterminer.

Alors que l’Union européenne impose à certaines plateformes une obligation de diffuser 30 % de contenu européen, le Québec n’a jamais voulu s’avancer sur un chiffre.

«Un gouvernement du PQ va être en position de (...) voir comment on peut trouver un terrain d’entente qui nous approche de (...) l’Europe, autour du 30 %, a expliqué M. St-Pierre Plamondon. Ce sont des négociations qui n’ont pas débuté, mais contrairement à la Coalition avenir Québec qui s’est couchée, (...) on va nommer le problème, on va aller à une table de négociation.»

M. St-Pierre Plamondon a parlé, dimanche, de «rencontres», de «négociations» et de «voies de passage» avec les grandes plateformes américaines, mais pas de pénalités. 

«Nous allons solliciter ces rencontres, négocier et voir toutes les possibilités gagnant-gagnant où le contenu culturel québécois retrouve sa place sur toutes les plateformes, a-t-il dit. Quelles négociations peuvent être entreprises maintenant pour trouver une voie de passage, parce que la grande entreprise privée voit toujours ça sous l’angle de la rentabilité.»

«Le rôle de l’État, c’est de dire oui, mais il y a des impacts sociaux, donc nous allons fixer des limites et négocier des ententes de façon que ce soit gagnant pour tout le monde», a-t-il ajouté.

Il a fait valoir que de s’allier avec d’autres pays renforcerait les chances de réussite, tout en refusant cependant de s’engager à participer au Sommet de la Francophonie en novembre.

Fusion de Télé-Québec et Radio-Canada

Paul St-Pierre Plamondon s’est également fait questionner sur la promesse contenue dans son Livre bleu de fusionner Télé-Québec et Radio-Canada advenant que le Québec devienne un pays.

Il a une fois de plus publiquement remis en doute la neutralité de Radio-Canada et de ses artisans.

«Ça va de soi que Radio-Canada (...) va être intégré à un Télé-Québec qu’on va vouloir beaucoup plus objectif dans la manière d’informer», a-t-il affirmé.

Selon lui, Radio-Canada a le mandat depuis longtemps de promouvoir l’«identité canadienne».

«Donc de dire que ça n’a aucune influence sur le travail des gens après, je pense que ce serait un peu s’aveugler», a-t-il dit.

La mission de Télé-Québec dans un Québec indépendant serait «de donner l’information la plus objective et neutre possible», selon sa vision.

Bouquet de mesures pour la culture

Le PQ annonce par ailleurs une myriade de mesures afin de favoriser l’accès des jeunes à la culture québécoise et mieux accompagner les artistes.

«La réalité, il faut la voir en face, c’est que les jeunes sont de moins en moins en contact avec la culture québécoise. Les chiffres sont indéniables», s’est désolé PSPP. 

«On parle d’une submersion de notre environnement culturel par des produits américains à travers notamment les téléphones et les plateformes.»

Il propose notamment de:

- mettre en place un «2 pour 1», c’est-à-dire qu’après l’achat d’un premier billet, un jeune de 25 ans et moins pourrait obtenir un deuxième billet gratuit dans la même institution culturelle;

- injecter 8 millions $ par année dans le fonds pour l’achat de livres pour les élèves du Québec;

- réinstaurer la gratuité des musées les premiers dimanches du mois, au coût de 5 millions $ par année;

- rétablir la mesure des sorties culturelles à l’école en protégeant son financement;

- porter les crédits du Conseil des arts et des lettres du Québec à 200 millions $ pour les cinq prochaines années;

- doubler le soutien à la Fondation des artistes, qui vient en aide aux artistes qui traversent une période précaire (l’État égaliserait les dons du public à cette fondation).

Selon M. St-Pierre Plamondon, «un petit environnement culturel aux portes du plus gros empire culturel du monde ne peut pas fonctionner sans soutien de l’État».

Jeudi, son candidat dans Charlevoix, François Gariépy, affirmait pourtant: «Je ne pense pas qu’on doit mettre quelqu’un en jachère pendant un an parce qu’on pense qu’il est en création.»

«Est-ce que quelqu’un peut remettre en question comment les subventions sont dépensées? (...) Toutes ces réflexions-là sont (...) bienvenues dans le PQ» a défendu M. St-Pierre Plamondon.

Labyrinthe politique

En ce 11e jour de campagne, la caravane péquiste s’est rendue dans le Bas-Saint-Laurent, après avoir parcouru dans les derniers jours l’Abitibi, le Nord-du-Québec et le Saguenay.

Paul St-Pierre Plamondon a profité d’un arrêt au Grand labyrinthe Kamouraska, à La Pocatière, pour se dégourdir les jambes. 

Vu du ciel, ce labyrinthe de maïs révèle une surprise: les sentiers dessinent un immense «OUI».

«Je vous souhaite de passer au travers du labyrinthe Kamouraska», a lancé un jeune père de famille, venu de Saint-Pacôme, au chef péquiste. 

«Et du labyrinthe politique!», a répliqué celui-ci, avant d’ajouter, sur le ton de l’humour: «C’est le fédéralisme qui est un labyrinthe: il y a une entrée et une sortie.»

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste