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«La page est tournée»: Duhaime défend un autre candidat pro-annexion du Canada

Guy Diotte se serait prononcé en faveur que le Canada devienne le 51e État américain.

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Le PCQ promet de baisser le prix à la pompe Le Parti conservateur du Québec (PCQ) s’engage à baisser le prix à la pompe pour les ménages québécois.

Au troisième jour de la campagne électorale, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, est de nouveau rattrapé par des propos controversés tenus par un autre de ses candidats.

Guy Diotte, qui se présente pour le PCQ dans la circonscription montréalaise de Westmount–Saint-Louis, se serait prononcé en faveur que le Canada devienne le 51e État américain, en plus de propager des arguments anti-vaccins et de s’être moqué d’un homme âgé portant un masque dans une épicerie. Ces informations ont été révélées par La Presse en début d’après-midi, samedi.

M. Diotte s’est excusé dans une déclaration transmise au quotidien, affirmant que ce ne sont plus les idées qu’il défend à titre de candidat conservateur.

De passage à La Malbaie en après-midi pour y présenter une candidature, M. Duhaime s’est fait avare de commentaires sur les publications de M. Diotte, malgré l’insistance des journalistes.

«Je pense que le candidat s’est expliqué depuis, puis, comme je vous dis, la page est tournée», a déclaré le chef conservateur.

La formation politique de M. Duhaime est loin de connaître sa première controverse. La Presse avait révélé en début de campagne que deux autres candidats avaient aussi partagé des publications troublantes sur l’annexion du Canada aux États-Unis.

Pour M. Duhaime, cela n’est pas un reflet de la qualité de ses candidats, mais plutôt une preuve que ses rivaux le considèrent comme un adversaire sérieux.

«C’est sûr que nos adversaires fouillent beaucoup sur nous. Nos adversaires font tout pour faire dérailler notre campagne», a soutenu M. Duhaime.

Prix à la pompe

Plus tôt samedi, le PCQ s’est engagé à baisser le prix à la pompe pour les ménages québécois.

Pour y arriver, un gouvernement conservateur abolirait ce qu’il qualifie de «taxe carbone» en retirant la province du marché du carbone, et suspendrait la taxe provinciale sur le carburant.

«Si les conservateurs étaient élus, le prix derrière moi ne serait plus de 1,83 le litre. Il serait à peu près à une piastre et demie», a déclaré M. Duhaime, qui a fait son annonce devant une station d’essence de la ville de Lévis.

Depuis 2014, le Québec fait partie du Système de plafonnement et d’échange de droits d’émission avec la Californie, qui permet aux entreprises d’acheter et de revendre des crédits carbone, soit des droits d’émettre une quantité donnée de CO₂.

Ces compagnies peuvent ensuite refiler la facture au consommateur, ce que font généralement les producteurs et détaillants de carburants, affirme l’Institut du Québec (IDQ). Ainsi, le marché du carbone ajoute environ 10,7 cents par litre d’essence, selon un rapport de l’IDQ publié en 2025.

Le parti conservateur qualifie ce montant de «taxe indirecte et cachée aux distributeurs d’énergie et aux grands émetteurs».

En retirant la participation du Québec à ce marché, M. Duhaime croit qu’un «ménage typique québécois» pourrait épargner environ 1350 $ sur une période de cinq ans.

Le PCQ s’engage également à suspendre pendant une durée de cinq mois la taxe provinciale sur le carburant de 19,2 cents/litre.

Ces mesures, affirme M. Duhaime, devraient permettre aux familles d’économiser en moyenne 1573 $ sur cinq ans.

Depuis le début de la campagne, le chef du PCQ multiplie les annonces visant à mettre plus d’argent dans les poches des ménages québécois. Selon M. Duhaime, sa plateforme économique permettra à un «ménage québécois typique» de compter sur une somme moyenne de 2233 $ de plus par an, soit 11 166 $ après cinq ans.

Il fait le pari que les Québécois seront beaucoup plus préoccupés par le coût de la vie que par les conséquences de la guerre commerciale avec les États-Unis lorsqu’ils se rendront aux urnes le 5 octobre prochain.

Si M. Duhaime s’attaque à une préoccupation qui fait échos à celle du chef conservateur fédéral Pierre Poilievre sur la tarification du carbone, il est important de préciser qu’il s’agit de deux systèmes de tarification distincts.

«Instantanément, en 24 heures, on a vu l’écart entre le Québec et l’Ontario s’accroître», a affirmé M. Duhaime, qui soutient que, depuis, les Québécois ont toujours payé plus cher à la pompe que les Ontariens.

En avril 2025, le premier ministre du Canada Mark Carney a aboli la «taxe carbone» fédérale pour les ménages, qui s’appliquait dans toutes les provinces, à l’exception du Québec. Cette taxe faisait grimper le prix de l’essence d’environ 18 cents/litre ailleurs au pays.

Plusieurs craignent que les pétrolières se servent de cette baisse pour augmenter leur marge de profit sans réellement réduire le prix de l’essence.

«Carney l’a déjà fait, et le prix de l’essence n’a pas baissé. On sait que cette suspension sera compensée par les pétrolières qui augmenteront leur profit», a répliqué la porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, sur X.

À titre d’exemple, le prix de l’essence n’a diminué que 2,6 cents/litre le lendemain de l’abolition de la taxe carbone fédérale, selon des données fournies par CAA Québec.

M. Duhaime a toutefois balayé du revers de la main cette préoccupation. «Pourquoi les pétrolières n’ont pas bouffé quand les taxes ont été baissées au Canada anglais ? Pourquoi elles boufferaient au Québec ? Ça, c’est une énigme», a-t-il soutenu.

Une ex-députée libérale rejoint les rangs

Le chef conservateur était dans Charlevoix, samedi après-midi, afin d’annoncer la candidature de Caroline Simard, une ancienne députée libérale.

Mme Simard est loin d’être une inconnue dans la région, puisqu’elle avait représenté la circonscription de Charlevoix-Côte-de-Beaupré de 2014 à 2018.

Elle avait d’ailleurs battu l’ancienne première ministre Pauline Marois lors des élections de 2014.

«Sur le terrain, je rencontre mes concitoyens qui veulent être entendus. Ils veulent un parti qui bâtira un troisième lien pour leur éviter le grand détour, qui remettra de l’argent dans leurs poches et qui sera à l’écoute des réalités régionales de chaque MRC de notre belle et vaste circonscription», a-t-elle affirmé par communiqué.

Elle fera face à la ministre caquiste et actuelle députée de la circonscription, Kariane Bourassa, au candidat péquiste François Gariépy, au libéral Michel Bureau et à la solidaire Dulce Vivar.

Samira Ait Kaci Ali

Samira Ait Kaci Ali

Journaliste