L’économie était de nouveau au coeur des annonces du Parti conservateur du Québec (PCQ) dimanche. Le chef conservateur s’est engagé à abolir la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les biens usagés si son gouvernement arrivait au pouvoir, avant de présenter son plan pour protéger l’industrie forestière dans la province.
L’annonce sur la TVQ constituait la quatrième mesure économique que le parti présentait depuis le début de sa campagne, alors qu’Éric Duhaime a soutenu que le coût de la vie est, selon lui, la question de l’urne.
M. Duhaime a fait l’annonce de cet engagement en matinée aux côtés de son porte-parole en économie et en finances publiques, Adrien Pouliot, lors d’un point de presse tenu chez un concessionnaire automobile de Québec.
«Est-ce que c’est normal que l’État vienne reprendre sa cote sur des biens qui ont déjà été taxés une première fois et qu’ils puissent les taxer à l’infini? Évidemment que la réponse c’est non», a indiqué M. Duhaime.
Le PCQ estime que l’abolition de cette taxe permettrait de redonner 867 $ par famille.
M. Duhaime a par ailleurs avancé que la TVQ sur les biens usagés est une «taxe anti-environnement» et «anti-écologique».
«Elle nuit à la réutilisation des biens au Québec», a-t-il souligné.
Des engagements pour l’industrie forestière
Plus tard dimanche, le chef conservateur s’est rendu à Saint-Pamphile, dans la région de Chaudière-Appalaches, afin de dévoiler ses engagements concernant le secteur forestier, durement touché par les droits de douane du président américain Donald Trump.
M. Duhaime a indiqué que les propositions du PCQ concernant la forêt s’inscrivent dans la «plateforme anti-tarif» du parti.
Le chef conservateur a d’abord réitéré son engagement divulgué samedi de supprimer la «taxe carbone». M. Duhaime a aussi indiqué qu’un gouvernement conservateur réviserait le régime forestier, notamment en harmonisant la réglementation à l’échelle régionale. «Les cadres réglementaires différents d’une municipalité à l’autre, on sait que c’est très lourd pour l’industrie», a-t-il fait valoir.
Plus tôt dans la campagne, M. Duhaime a souligné que le PCQ prônait des baisses d’impôts aux entreprises plutôt que des subventions. Questionné dimanche à savoir comment cela pourrait impacter le secteur forestier qui a reçu des subventions dans le contexte de la guerre tarifaire, il a dit que les subventions resteraient en place à court terme, mais que l’objectif demeure de les retirer.
«L’industrie forestière, elle ne veut pas vivre des subventions. Elle veut pouvoir concurrencer, mais ne pas être handicapée parce qu’on lui met des taxes carbone ou parce qu’on lui met des tarifs de 45 %, a soutenu M. Duhaime. Il faut trouver une façon d’éliminer les barrières au commerce, puis il faut trouver une façon de s’assurer que ça ne coûte pas plus cher parce qu’il faut payer plus de taxes au gouvernement au Québec qu’en Ontario ou au Nouveau-Brunswick, qui sont leurs concurrents.»
Parmi les autres mesures se trouvant dans le plan conservateur sur la forêt figurent la planification de l’approvisionnement et du reboisement sur 10 ans ainsi que l’allègement du «fardeau réglementaire» des producteurs de bois privés.
Le «cynisme» à combattre, selon Duhaime
Un sondage publié samedi par le PCQ suggérait qu’il est en avance dans la grande région de Québec et de Chaudière-Appalaches.
L’enquête d’opinion de Pallas réalisée entre mardi et vendredi dans cette région attribue 31 % des intentions de vote au PCQ, contre 25 % pour le Parti québécois, suivi en troisième position par la Coalition avenir Québec, à 21 %.
Interpellé dimanche au sujet de la course dans la circonscription de Côte-du-Sud, qui englobe une partie de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent, M. Duhaime a soutenu que le principal adversaire de son parti est le cynisme.
«Notre principal adversaire, quant à moi, c’est le cynisme, parce que j’ai peur que les gens n’aillent pas voter. Nous, on parle à des gens qui sont écœurés, (...) comme des gens de l’industrie forestière, qui se sont fait promettre toutes sortes d’affaires, qui se sont fait rouler dans la farine, comme les gens avec le troisième lien ici dans Chaudière-Appalaches. Les gens ne croient plus la parole de politiciens parce qu’on leur a menti», a déclaré M. Duhaime.
Avec des informations d’Audrey Sanikopoulos pour La Presse Canadienne