Après avoir tenté une réforme du régime forestier qui a viré au fiasco en 2025, la Coalition avenir Québec (CAQ) a assuré mardi en avoir tiré des leçons pour en promettre une nouvelle dans un troisième mandat.
«On va procéder à l’inverse», a déclaré la cheffe caquiste Christine Fréchette, devant l’usine de bois d’œuvre Arbec, à La Tuque.
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Plutôt que de déposer un projet de loi comme en 2025, le gouvernement Fréchette implanterait des projets-pilotes différents selon les régions pour ensuite en tirer une législation.
Il y aurait aussi un «Chantier national» réunissant les régions, l’industrie et les Premières Nations afin de déterminer la marche à suivre pour «réconcilier les impératifs» de tous les acteurs.
Elle s’est aussi engagée à régionaliser la planification forestière.
«On a tiré des leçons de ce qui s’est passé, a-t-elle assuré. On sait ce qui n’a pas fonctionné.»
Marché américain
L’industrie forestière est durement affectée par les droits de douane américains et la cheffe caquiste s’est engagée à réduire sa dépendance envers le marché des États-Unis – qui représentait 86,7 % de ses exportations en 2024. Mais elle ne s’est pas fixé de cible.
«Je n’ai pas une cible chiffrée en tête, on va voir, là on investit dans nos programmes pour justement accélérer la vitesse de transformation» qui permettront d’avoir accès à de nouveaux marchés, estime-t-elle.
«Ça va dépendre de la vitesse à laquelle on réussit ce pivot.»
Un gouvernement caquiste réélu pour une troisième fois investirait afin d’encourager l’usage du bois au Québec, pour la construction d’écoles, de centres sportifs, de bâtiments municipaux et commerciaux.
«Si on peut utiliser le bois du Québec, on doit utiliser le bois du Québec», a-t-elle résumé.
Par ailleurs, la cheffe de la CAQ a aussi réclamé un soutien financier du gouvernement fédéral.
Une réforme controversée
Il y a environ un an, le gouvernement caquiste avait abandonné un ambitieux projet de réforme de la foresterie qui semait la controverse.
La ministre des Ressources naturelles de l’époque, Maïté Blanchette-Vézina, avait pourtant mené des consultations pendant deux ans pour arriver à un projet de loi qui faisait pratiquement l’unanimité contre lui.
Le projet de loi prévoyait notamment de réserver le tiers des forêts publiques à l’industrie pour faire de l’exploitation intensive.
M. Legault a fini par jeter aux poubelles sa réforme et même par démettre sa ministre, qui a par la suite quitté le caucus caquiste et est passée au Parti conservateur du Québec (PCQ).
Députée sortante de Rimouski, elle est maintenant candidate du PCQ dans La Peltrie.
Le gouvernement Fréchette avait finalement adopté in extremis en juin dernier une «mini réforme» du régime forestier afin d’aider l’industrie, relativement au prix de la fibre, à la vente aux enchères et à la redevance annuelle.
La foresterie fait vivre une cinquantaine de municipalités et 60 000 travailleurs au Québec.
