En cette dixième journée de la campagne électorale, Paul St-Pierre Plamondon a annoncé qu’il gèlerait le salaire des députés, Québec solidaire a proposé un réseau de 400 points d’accès en première ligne et le Parti conservateur du Québec a présenté sa plateforme numérique. Christine Fréchette a soupçonné son rival péquiste d’éviter le mot «référendum» et Charles Milliard a accusé la cheffe caquiste d’avoir menti dans son annonce sur les places en service de garde.
Parlant de l’«exemplarité» de l’État, Paul St-Pierre Plamondon a déclaré samedi qu’un gouvernement du Parti québécois gèlerait le salaire des députés.
En fait, il gèlerait le salaire des députés, des ministres et des dirigeants des sociétés d’État jusqu’au retour à l’équilibre budgétaire en 2028-2029.
Le salaire des députés est passé de 100 000 $ en 2023 à 146 000 $ aujourd’hui, a souligné le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon en conférence de presse à Québec, samedi.
Les élus du PQ — qui avaient voté contre ces hausses — ont versé leur part à des organismes communautaires, pour un total de 194 000 $ remis à la collectivité.
Aussi, le PQ obligerait tous les candidats sélectionnés pour des postes à la tête de sociétés d’État à comparaître en commission parlementaire. Il ajouterait aussi des objectifs de performance pour les PDG des sociétés d’État et ferait le «ménage» dans leurs bonus.
Évoquant le «scandale SAAQclic», M. St-Pierre Plamondon a dit que le PQ renforcerait également la capacité du gouvernement à congédier les dirigeants responsables de mauvaise gestion grave.
Tout ça serait inclus dans un projet de loi sur l’exemplarité et l’imputabilité des hauts fonctionnaires qui serait déposé dans les 100 premiers jours d’un gouvernement péquiste.
«Consultation» plutôt que «référendum»
La cheffe caquiste Christine Fréchette a reproché samedi à son adversaire péquiste Paul St-Pierre Plamondon de ne pas avoir parlé de référendum à son grand rassemblement à Québec vendredi soir, alors qu’il en a pourtant parlé.
C’est que Mme Fréchette soupçonne le chef indépendantiste de recourir au terme consultation plutôt que référendum, pour que cela apparaisse plus «soft».
«S’il y en a un qui veut cacher quelque chose, c’est bien M. St-Pierre Plamondon», a-t-elle laissé tomber.
Le chef péquiste s’est défendu en disant qu’il utilisait des fois «consultation populaire», des fois «référendum».
«Je pense qu’il faut respecter l’intelligence des gens et qu’ils comprennent ce que ça veut dire», a-t-il argué.
En conférence de presse samedi matin à Lorraine, dans la circonscription de Blainville, Mme Fréchette a dit qu’elle n’enlevait rien à la validité du processus référendaire, mais qu’il s’agissait du pire moment pour en tenir un et que ce n’était pas la volonté des Québécois.
Par ailleurs, la Coalition avenir Québec s’est engagée samedi à créer 25 000 places à prix réduit de plus dans les services de garde.
En fait, la plupart de ces places ont déjà été annoncées.
Au net, la CAQ annonce 5000 nouvelles places additionnelles par rapport à ses engagements précédents.
Le parti a fait état d’un coût pour cet engagement de 750 millions $ sur quatre ans.
Le chef libéral Charles Milliard n’a pas mâché ses mots à l’endroit de l’annonce de la cheffe caquiste.
En mêlée de presse à Lévis, il a accusé Christine Fréchette de mentir sur la question des places en garderie.
Mme Fréchette promet «25 000 nouvelles places de conversion», mais «elle sait très bien qu’il y a 20 000 de ces places-là qui sont en cours de conversion en ce moment», a-t-il fait valoir.
M. Milliard a soutenu que Mme Fréchette «est prête à dire n’importe quoi» pour gagner l’élection.
Le chef libéral n’a pas fait d’annonce samedi, et avait un ordre du jour réduit, car il était témoin pour le mariage de son frère.
QS veut s’inspirer du modèle des CLSC
Pour s’attaquer aux problèmes d’accès aux services en santé, Québec solidaire propose de mettre sur pied un nouveau réseau de 400 points d’accès en première ligne «inspirés sur le modèle des CLSC».
Le parti y voit une occasion de décentraliser les services et d’assurer une couverture élargie dans les régions éloignées.
Québec solidaire estime le coût de cette mesure à 1,8 milliard $ par année.
La porte-parole solidaire Ruba Ghazal compte cependant y aller par étape, en s’engageant à offrir 200 points de service lors d’un premier mandat, avant de doubler ce nombre au terme d’un second mandat.
En campagne au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mme Ghazal a déploré entendre les autres partis pendant cette campagne électorale proposer «plus de privé».
Par ailleurs, le porte-parole de Québec solidaire Sol Zanetti a invité tous les partis à résoudre des appels en justice qui pourraient avoir un impact «concret» pour améliorer la sécurité des femmes autochtones. M. Zanetti a lancé cet appel dans une lettre directement adressée aux autres chefs.
Le PCQ veut tirer les leçons de SAAQclic
De leur côté, les conservateurs ont présenté une plateforme numérique qui permettrait d’accélérer et de sécuriser l’accès des citoyens aux services gouvernementaux.
Le Parti conservateur du Québec assure s’inspirer dans son plan des recommandations de la commission Gallant, qui s’est penchée pendant plusieurs mois sur le fiasco SAAQclic.
Il souhaite créer un «statut d’expert numérique stratégique» au sein de la fonction publique, et mettre en place un tableau de bord public pour chaque projet numérique jugé important, qui présenterait les coûts, les délais et les résultats.
Le chef Éric Duhaime a dit que sa formation voulait favoriser l’accessibilité en ligne de presque tous les services gouvernementaux.
L’inclusion de l’intelligence artificielle dans l’appareil gouvernemental fait aussi partie intégrante du plan numérique du PCQ, qui s’engage à le faire «avec supervision humaine».
M. Duhaime a fait campagne samedi dans la circonscription d’Arthabaska-L’Érable, où il n’était pas parvenu à se faire élire lors de l’élection partielle tenue l’année dernière.
Avec des informations de Caroline Plante, Patrice Bergeron, Thomas Laberge et Audrey Sanikopoulos de La Presse Canadienne
