Élections Québec précise que les électeurs non binaires qui souhaitent mettre à jour leur adresse dans le registre provincial devront choisir une option de «sexe» (masculin ou féminin) avant les élections de cette année.
Le genre ou le sexe n’est pas une condition pour voter, mais les registres électoraux ne proposent actuellement que ces deux options.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«À l’heure actuelle, notre système est conçu pour enregistrer le sexe des électeurs comme étant soit masculin, soit féminin», a indiqué la porte-parole Julie St-Arnaud-Drolet. «On va refondre ce système après les élections de cet automne, et on enregistrera le genre plutôt que le sexe. On garde une trace de toutes les demandes des électeurs qui souhaitent s’identifier comme non binaires et on mettra ces renseignements à jour dès que notre système pourra les prendre en compte.»
La Loi électorale modifiée stipule que les électeurs doivent indiquer leur nom, leur date de naissance et leur sexe, mais un article de la loi précise: «La mention du sexe figurant sur l’acte de naissance et l’acte de décès d’une personne désigne le sexe attesté à la naissance ou l’identité de genre de la personne si celle-ci ne correspond pas au sexe attesté à la naissance.»
Julie St-Arnaud-Drolet a précisé que l’ajustement de l’option «sexe» sera effectué dès que le nouveau système sera mis en place après les élections générales du 5 octobre, pour se conformer aux modifications apportées à la Loi électorale.
Pour une personne non binaire qui a signalé le problème à CTV News, ce changement est encourageant, mais il arrive trop tard.
«C’est vraiment encourageant et tout, mais je ne comprends pas pourquoi, quatre ans après la modification du droit civil, ils n’ont toujours pas modifié leurs processus», a-t-elle dit. «Je comprends que les systèmes informatiques prennent du temps à évoluer, mais quatre ans, c’est quatre ans. Ils auraient dû prévoir qu’il y aurait une nouvelle élection dans quatre ans.»
Cette personne a demandé à rester anonyme par crainte de harcèlement. Elle a souligné que le ministère de l’Éducation avait pu mettre à jour ses systèmes tout de suite, et qu’elle avait reçu son certificat de naissance sans indication de sexe.
Elle espère voter en 2026, mais est frustrée de devoir choisir une mention de sexe qui ne lui correspond pas.
«Ce n’est pas juste une petite carte pour accéder à un service isolé qui ne va pas me faire changer d’avis», a-t-elle déploré. «Il s’agit littéralement d’élections, et le parti au pouvoir en ce moment a une telle position sur les personnes non binaires que j’avais vraiment hâte de cette élection pour voter contre eux, comme je l’ai toujours fait.»

