Plusieurs organismes de l’industrie alimentaire demandent au prochain gouvernement québécois de soutenir davantage le secteur bioalimentaire, alors que le Canada est plongé en pleine guerre commerciale avec les États-Unis.
C’est le cri du cœur qui a été lancé par l’Union des producteurs agricoles (UPA), le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ), l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC), Sollio Groupe Coopératif (SGC), l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ) et le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) lors d’un point de presse mercredi à Montréal.
Selon les organismes, la filière bioalimentaire constitue un actif stratégique pour la province étant donné qu’elle est présente dans toutes les régions. Ils souhaitent que le prochain gouvernement en fasse l’une de ses priorités et lui offrir un environnement favorable à sa croissance et à l’innovation.
«Les entreprises agricoles incarnent le travail de familles qui ont contribué à construire le Québec d’aujourd’hui et qui continuent d’assurer la vitalité de nos communautés», a lancé Martin Caron, président général de l’UPA. «Elles réclament un soutien gouvernemental à la hauteur de leurs besoins, une adhésion indéfectible à la protection du territoire agricole et à l’assurance d’un environnement d’affaires axé sur la compétitivité.»
Ils affirment que le secteur bioalimentaire crée de la richesse, soutient les communautés et le développement régional, en plus de renforcer l’économie québécoise. On compte plus de 81 000 entreprises dans ce secteur et quelque 528 000 emplois à travers le Québec. Son PIB réel était de 30,5 G$ en 2025 (6,8 % du PIB québécois), en plus d’investir 3,8 G$ dans l’économie.
«Nous souhaitons que les prochaines élections soient l’occasion pour les partis politiques de démontrer, par des engagements concrets, leur volonté de soutenir la compétitivité de l’ensemble des entreprises du secteur bioalimentaire québécois et les milliers d’emplois qu’il génère», a souligné Sébastien Lacroix, président-directeur général de l’AQINAC.
Actuellement, les entreprises sont confrontés à des défis importants en raison de la guerre commerciale, de la lourdeur administrative, de la hausse des coût de production et d’exploitation et pénurie de main d’œuvre. Elles tentent de répondre au mieux aux demandes des consommateurs qui souhaitent des produits de qualité à «prix toujours plus compétitif».
«Les producteurs agricoles et les transformateurs doivent pouvoir compter sur l’appui des gouvernements afin de s’adapter à leur environnement d’affaires changeant sans nuire à leur compétitivité», a expliqué David Mercier, producteur agricole et vice-président du conseil d’administration de SGC.
«Maintenir des commerces viables dans toutes les régions, sur un territoire aussi vaste et dans un environnement d’affaires de plus en plus exigeant, représente un défi constant», a rappelé Michel Rochette, président Québec du CCD. «Si nous voulons renforcer notre autonomie alimentaire, nous devons considérer la chaîne dans son ensemble et préserver les conditions qui permettent à chacun de ses maillons, de la terre à la table, de demeurer fort.»
Selon les organismes, la sécurité alimentaire doit désormais être considérée avec le même sérieux que d’autres enjeux stratégiques fondamentaux, en lien notamment avec la sécurité nationale.
«Le prochain gouvernement devra faire des choix clairs pour soutenir notre capacité de produire, de transformer et de commercialiser davantage d’aliments au Québec», a dit Sylvie Cloutier, présidente-directrice générale du CTAQ . «Faire de l’autonomie alimentaire une véritable priorité politique et économique, c’est investir dans notre résilience, notre prospérité et notre capacité collective à nourrir le Québec aujourd’hui et pour les générations à venir.»
Les organismes demandent que le prochain gouvernement agisse pour les entreprises dès le lendemain des élections afin qu’elles atteignent leur plein potentiel. Ils invitent les partis politiques à rencontrer les détaillants de leur circonscription lors de la campagne électorale pour mieux comprendre les enjeux, a indiqué Pierre-Alexandre Blouin, président-directeur général de l’ADAQ.
