La cheffe caquiste Christine Fréchette n’écarte pas de reprendre les activités de financement de son parti avec des ministres, si elle est réélue.
En 2024, à la suite d’une controverse sur le financement de la Coalition avenir Québec (CAQ), son prédécesseur François Legault avait mis fin aux activités de financement public, où l’on pouvait en échange d’un don de 100 $ rencontrer un ministre.
Des maires avaient ainsi versé plus de 100 000 $ à la caisse électorale de la CAQ, selon une compilation obtenue par La Presse Canadienne.
«À mon avis, ça peut être intéressant d’avoir des ministres dans des activités, maintenant, à voir si ça respecte les règles», a déclaré Mme Fréchette en conférence de presse à Mont-Saint-Hilaire mercredi.
En 2024, les partis d’opposition avaient accusé la CAQ d’avoir recours à un «stratagème de financement», lorsque plusieurs députés avaient organisé des activités de financement en présence de ministres et lancé des invitations laissant entendre que l’on pouvait ainsi discuter et faire avancer des enjeux de transports, par exemple.
Des élus municipaux se questionnaient sur cette pratique.
Élections Québec stipule qu’une contribution à un parti doit être faite «sans compensation ni contrepartie».
«Pour moi, ce qui est important, c’est de respecter les règles qui encadrent ce type de rencontres et on va s’assurer de respecter les règlements», a précisé Mme Fréchette, en assurant que son parti n’est «pas achetable» à coups de 100 $.
La controverse du financement
Parmi les élus caquistes éclaboussés à l’époque des cocktails de financement en 2024, il y avait le député sortant de Rousseau, Louis-Charles Thouin, qui avait invité les élus municipaux de sa circonscription à un «cocktail privé» au coût de 100 $, formule 5 à 7, en présence de la ministre des Transports d’alors, Geneviève Guilbault.
Dans son message de sollicitation, le député caquiste avait précisé: «chaque député doit, chaque année, amasser des fonds en vue des prochaines élections, toutefois cette année j’ai décidé de vous proposer une nouvelle formule».
La commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale, Ariane Mignolet, avait ouvert une enquête à la demande du député Vincent Marissal, alors de Québec solidaire.
Elle avait conclu que le député de Rousseau n’avait pas commis de manquement au code d’éthique des élus, mais avait ajouté qu’elle allait faire valoir «certaines considérations et certains enjeux éthiques et déontologiques en lien avec le financement politique» ainsi que des «lignes directrices».
Elle invitait les députés à «faire preuve d’une grande prudence lorsqu’ils sollicitent des contributions financières de personnes avec lesquelles ils interagissent».
Toujours en 2024, un couple qui était en croisade pour faire abaisser la limite permise d’alcool au volant à la suite de la perte de son fils avait révélé qu’on lui avait offert de payer 200 $ pour rencontrer la ministre des Transports, Geneviève Guilbault.
Radio-Canada avait aussi révélé une controverse sur le financement de la CAQ qui touchait le député de Chauveau, Sylvain Lévesque.
Une citoyenne qui souhaitait que son député fasse progresser son dossier s’était fait offrir de rencontrer le ministre des Finances, Eric Girard, en échange d’une contribution de 100 $ à la caisse du parti.
M. Lévesque avait été blanchi par l’enquête de la commissaire à l’éthique, mais réprimandé par l’Assemblée nationale.
