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Éric Duhaime: le libertarien «qui perce le mur de l’indifférence»

Portrait du chef du PCQ.

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Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, lors d'une conférence de presse à Montréal le 24 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, lors d'une conférence de presse à Montréal le 24 août 2026. (Christinne Muschi)

Éric Duhaime a été séduit par les idées de droite dès l’âge de «12-13 ans» alors qu’il avait une affiche de Margaret Thatcher, la première ministre du Royaume-Uni, sur les murs de sa chambre.

Que ce soit derrière le micro, avec sa plume ou en politique, le chef conservateur a passé sa carrière à défendre l’idée de réduire la taille de l’État, chère à la dame de fer.

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Les idées de Mme Thatcher ont séduit le jeune mordu de politique. «Je pensais qu’au Québec, ce n’était pas possible d’avoir ces idées-là», alors que le débat politique était entre souverainistes et fédéralistes, a-t-il raconté dans une entrevue récente à la radio Qub.

L’autre affiche sur son mur était celle du premier ministre René Lévesque. C’est d’ailleurs dans le mouvement souverainiste que M. Duhaime fait ses premiers pas en politique militante.

À 16 ans, alors qu’il est encore trop jeune pour voter, l’adolescent est nommé président d’une association du Parti québécois (PQ) à Laval. Dans les années 1990, il travaille pour le chef du Bloc québécois, Gilles Ducceppe, «un des meilleurs patrons que j’ai eu», a-t-il dit au journal «Le Devoir» en 2017.

Indépendantiste de droite, M. Duhaime se trouve toutefois des affinités idéologiques avec le chef de l’Alliance canadienne à Ottawa, Stockwell Day. Il part travailler pour M. Day comme conseiller.

Il fait ensuite le saut à l’Action démocratique du Québec (ADQ) pour laquelle il tente de se faire élire à Deux-Montagnes en 2003. Il termine troisième. Il travaille au sein du parti par la suite.

Après le revers électoral de l’ADQ en 2008, il bifurque vers l’ONG américaine National Democratic Institute, qui vient en aide aux parlementaires et à l’organisation d’élections démocratiques.

Il séjourne au Maroc, en Mauritanie et en Irak. Il revient d’Irak, pays déchiré par une guerre civile, avec un choc post-traumatique. «Je n’ai jamais dormi une nuit de huit heures consécutives» depuis son retour, a-t-il confié à Qub.

Le provocateur

M. Duhaime passe les années 2010 à promouvoir les idées libertariennes au Québec, en animant à la radio et en publiant des chroniques et des livres. Il est également l’un des fondateurs du Réseau Liberté-Québec (RLQ).

Ses interventions sur l’immigration, le féminisme, les environnementalistes et les syndicats créent régulièrement la controverse.

En 2016, un an avant l’attentat à la Mosquée de Québec, une tête de porc est laissée devant la porte du lieu de culte. M. Duhaime qualifie le geste islamophobe de «joke niaiseuse».

La même année, une vague d’agressions sexuelles survient dans les résidences de l’Université Laval. L’animateur fait alors une comparaison malhabile entre le viol et le vol de voiture, pour indiquer que les victimes qui n’avaient pas verrouillé leur porte avaient une part de responsabilité. Il s’est excusé par la suite.

En 2017, il sort du placard d’une manière tout aussi fracassante dans un livre où il critique le «lobby gai».

«Moi ce dont je me rends compte et encore aujourd’hui avec la réaction du lobby gai, c’est que pour des activistes, l’homosexualité, c’est une idéologie, ce n’est plus une question d’orientation sexuelle, a-t-il défendu dans une entrevue au magazine LGBTQ Fugues en 2017. Et moi, je n’adhère pas à cette idéologie-là.»

À cette époque, l’animateur ne semble pas nourrir d’ambitions politiques. «Ce n’est pas en faisant de la politique que je peux avancer mes idées, a-t-il affirmé au journal Le Devoir en 2017. Je pense que j’ai beaucoup plus d’impact où je suis présentement (à la radio) que si j’étais “back-bencher” à l’Assemblée nationale.»

«Percer le mur de l’indifférence»

Le confinement durant la pandémie lui fait toutefois changer d’avis. Son arrivée à la tête du parti, combinée à la contestation des mesures sanitaires, sort le Parti conservateur de la marginalité.

«La première étape en politique, c’est de percer le mur de l’indifférence», a-t-il dit au magazine «L’Actualité» en 2022.

En 2018, le parti a terminé sixième, derrière le Parti vert. Il a obtenu seulement 59 000 votes, soit 1,46 % des voix.

Avec M. Duhaime, les conservateurs ont recueilli l’appui d’un peu plus de 530 000 électeurs en 2022, soit 12,91 % des bulletins.

Bien que les conservateurs n’aient fait élire aucun député, ce résultat s’est approché des appuis d’entre 14,37 % et 15,43 % qu’ont obtenus les trois partis d’opposition ayant remporté des sièges.

Le chef est resté à la tête du parti, effectuant le travail de l’opposition hors des murs de l’Assemblée nationale.

M. Duhaime tente sa chance dans l’élection partielle d’Arthabaska en 2025, mais le Parti québécois (PQ) lui damne le pion.

Avec la prochaine élection, M. Duhaime a une nouvelle occasion de faire entrer des conservateurs à l’Assemblée nationale.

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste