Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, croit que ses adversaires inviteront les électeurs à faire barrage à sa formation politique dans la dernière ligne droite de la campagne électorale si la montée de ses appuis se maintient.
«C’est clair qu’ils vont tout faire pour nous empêcher d’entrer à l’Assemblée nationale», a-t-il affirmé en conférence de presse, lundi après-midi, à Montréal.
«C’est évident qu’ils vont se tenir les coudes serrés, puis ils vont se coller les uns sur les autres pour tenter de nous bloquer, parce qu’on représente une menace, parce qu’on représente un changement», a poursuivi M. Duhaime.
Le chef conservateur était interrogé à savoir s’il s’attend à des appels à bloquer son parti en fin de campagne face à une montée des appuis du PCQ dans les intentions de vote. Selon lui, «entre les lignes» et de manière «subtile», ses rivaux lancent déjà des messages en ce sens.
La cheffe caquiste, Christine Fréchette, a de nouveau mis en garde, lundi, contre une alliance entre les péquistes et conservateurs, qu’elle définit comme une «alliance souveraineté-austérité». Elle a accusé les deux partis de vouloir mettre «la hache» dans l’État.
Pour sa part, la porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, a dit voir une «bromance» entre les deux, faisant aussi référence à leur intention de couper dans l’État.
M. Duhaime soutient que voir «l’arrivée d’un nouveau joueur autour de la table, c’est évident que ça ne plaira pas à tous». Advenant un gouvernement minoritaire, il a exclu de former un gouvernement de coalition. Il a toutefois indiqué qu’il était ouvert à des collaborations ponctuelles avec toutes les formations politiques.
«Des instincts conservateurs»
D’après un sondage Segma Recherche, réalisé pour Radio-Canada et Les Coops de l’information entre le 8 et le 17 septembre, et publié lundi matin, les troupes conservatrices talonneraient les libéraux pour la troisième place, recueillant 18 et 19 % respectivement.
Un second sondage publié lundi après-midi et réalisé le 19 septembre, cette fois par la firme Pallas Data, accordait pour sa part 16 % au PCQ, le positionnant en quatrième place, derrière le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec avec chacun 22 % des appuis.
La dernière projection de QC125 à la suite de ces sondages suggère que les conservateurs pourraient obtenir autour de 14 sièges le 5 octobre.
M. Duhaime a affirmé au cours des derniers mois avoir l’ambition de faire élire au moins 12 députés cet automne. Sa formation politique pourrait aspirer à un plus grand nombre de sièges, mais il est aussi «conservateur» dans ses estimations, a affirmé le chef conservateur.
«Il faut rester les deux pieds bien sur terre. Il faut être réaliste aussi. Il faut voir que notre électorat est plus jeune. Il va falloir le faire sortir. Ça va être tout un défi pour le 5 octobre», a-t-il souligné.
Selon lui, son message commence à percoler à l’extérieur de la région de Québec.
«Je pense que les Québécois ont toujours eu des instincts conservateurs, mais ils n’ont jamais mis le mot ‘‘conservateur’’ sur ces instincts-là», a-t-il fait valoir. Il a cité en exemple l’ouverture que peut avoir une partie de la population envers l’exploitation du gaz naturel ou le privé en santé, des idées que tout le monde n’associe pas nécessairement comme conservatrice, a-t-il avancé.
«Pour toutes sortes de raisons, le mot conservateur, historiquement, dans la tête de plusieurs, malheureusement, était associé à quelque chose de péjoratif. Mais de plus en plus, ils sont capables de l’associer à l’idée que ça représente vraiment. Je pense qu’on est en train de mieux définir le conservatisme», a évoqué M. Duhaime.
Le chef conservateur a fait une annonce lundi sur le thème de l’équité intergénérationnelle. Le parti propose de «rétablir l’équilibre budgétaire sans refiler la facture aux jeunes».
Le PCQ a réitéré certains engagements, tels que d’économiser 47 milliards $ en cinq ans en coupant dans les dépenses de l’État, de baisser les impôts et les taxes devant redonner en moyenne 11 166$ à un ménage québécois typique sur cinq ans, ainsi que de remettre une allocation de 100 $ par semaine, par enfant, aux familles qui gardent leurs bambins à la maison.

