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Dépouillement judiciaire dans Vachon: la candidate libérale défaite s'exprime

«Nous annonçons officiellement que nous allons déposer une contestation devant les tribunaux. Notre démarche dépasse le résultat d’une élection: elle soulève une question fondamentale sur le respect du droit de vote de chaque citoyen.»

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Affine Lwalalika (à gauche), candidate du Parti libéral du Québec (PLQ), et Stephan Fogaing (à droite), candidat du Parti québécois (PQ). Affine Lwalalika (à gauche), candidate du Parti libéral du Québec (PLQ), et Stephan Fogaing (à droite), candidat du Parti québécois (PQ).

La candidate libérale défaite dans Vachon après un dépouillement judiciaire prend la parole pour la première fois depuis l’annonce du résultat, pour accuser la juge d’avoir rejeté injustement des bulletins de vote.  

Dans une publication Facebook, Affine Lwalalika a invoqué lundi le respect du droit de vote de chaque citoyen pour contester la décision judiciaire qui accorde la victoire à son adversaire, le candidat péquiste Stephan Fogaing. 

Il avait d’abord été défait par 10 voix le soir des élections, mais au terme du recomptage réclamé par le PQ la semaine dernière, la décision avait été renversée en sa faveur, par seulement 3 voix.  

Dans la situation d’un gouvernement minoritaire péquiste qui comptait 59 élus sur 127 en Chambre, l’arrivée d’un autre élu était plus que bienvenue. 

Le Parti libéral avait déjà fait savoir la semaine dernière qu’il contestait l’invalidation de certains bulletins par la juge lors du recomptage. 

«Plusieurs (bulletins) jugés valides le soir de l’élection ont été rejetés lors du dépouillement judiciaire parce qu’un ou plusieurs traits de crayon, essentiellement mineurs (et parfois très pâles), figuraient à l’extérieur du cercle prévu, même lorsque celui-ci comportait également un X ou un crochet clairement inscrit dans le cercle», a justifié Mme Lwalalika dans sa publication.

«Une marque supplémentaire, sans inscription injurieuse, mineure et souvent très pâle, sans dessin ni élément permettant d’identifier l’électeur, devrait-elle suffire à écarter une voix clairement exprimée ? C’est ce que nous allons soumettre aux tribunaux.»

Elle ajoute que «l’intention de ces électeurs était sans équivoque et que ces bulletins devraient être déclarés valides au terme d’un nouvel examen judiciaire».

Élections Québec

Dans un courriel transmis à La Presse Canadienne, Élections Québec a rappelé que la Loi électorale ne prévoit pas de procédure en appel pour «renverser le résultat d’un dépouillement judiciaire».

On ajoute toutefois que la loi prévoit une contestation pour deux motifs, soit que «l’élection ou la proclamation qui s’y rapporte est irrégulière», soit qu’une «manœuvre électorale frauduleuse» a été pratiquée, «en conséquence de laquelle il est allégué que l’élection d’un député est devenue nulle».

Dans l’un ou l’autre des cas, «les faits rapportés doivent être susceptibles d’avoir changé ou notablement affecté le résultat de l’élection», précise-t-on.

La contestation doit être déposée en Cour du Québec et entendue par trois juges dans un délai d’au moins 10 jours francs après que chaque partie a été avisée et le jugement est rendu à la majorité des juges, indique Élections Québec. 

La Cour peut décider que l’Élection est nulle, ou que le député dont l’élection est contestée est dûment élu, ou qu’une autre personne a été élue et qui est cette autre personne.

Si l’élection est déclarée nulle, un autre scrutin doit être tenu. Mais si le tribunal décide qu’un ou l’autre candidat est élu, le résultat est transmis au secrétaire général de l’Assemblée nationale, comme le fait habituellement le Directeur général des élections, pour que le candidat élu prête serment à titre de député.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste