Le Département d’État américain a refusé samedi de confirmer que le Parti québécois (PQ) a sollicité une rencontre plus tôt cette année à Washington.
De même, il a assuré que l’élection appartient aux Québécois seuls, alors que des allégations d’ingérence ont teinté la campagne électorale.
Le Département d’État donnait ainsi suite à une requête de La Presse Canadienne, après que le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a démenti samedi des informations voulant qu’il ait demandé de rencontrer des officiels du Département d’État.
Le journal montréalais The Gazette a rapporté que le chef du PQ avait sollicité ce rendez-vous en février.
La rencontre devait avoir lieu en mars à Washington, mais elle a été annulée, en raison de l’attaque américaine en Iran, indique-t-on.
Dans un courriel transmis à La Presse Canadienne samedi, le Département d’État a indiqué qu’il «rencontre régulièrement des représentants de divers horizons. Tous les engagements sont à la seule discrétion du Département d’État», ajoute-t-on.
Et enfin, le Département d’État a pris soin d’ajouter que «l’élection est une décision qui appartient à la population du Québec».
Dans le contexte des allégations d’ingérence de l’administration américaine pour déstabiliser le Canada, ces révélations ont eu une résonance dans la campagne électorale au Québec à moins de 48 heures du vote, alors que le Parti québécois (PQ) pourrait former le prochain gouvernement, avec comme programme de réaliser l’indépendance du Québec.
En conférence de presse samedi matin à Québec, M. St-Pierre Plamondon a assuré qu’il n’y avait eu aucune tentative de rencontrer des officiels américains et qu’il y voyait même un risque que l’événement puisse lui nuire et soit récupéré politiquement par le gouvernement américain.
«Il y a une manœuvre que je veux nommer, celle d’essayer de me coller à l’administration Trump, alors que vous savez qu’ils n’ont pas eu de rencontre, qu’on n’a pas eu de démarche», a offert comme démenti M. St-Pierre Plamondon.
Il a rappelé qu’il avait déjà annoncé plus tôt cette année qu’il avait l’intention d’aller aux États-Unis et que son équipe l’avait fait savoir au consulat américain, mais qu’il n’y avait pas eu de suite et que le voyage avait été annulé.
C’est donc pour lui absolument faux de prétendre qu’il y avait eu tentative de prendre rendez-vous ou d’avoir eu des échanges au-delà de cette intention exprimée en début d’année.
«C’est clair, on n’a pas eu de rencontre parce qu’on a compris que le contexte n’était pas approprié. Il n’aurait été approprié que si nous obtenions le mandat de la population pour représenter les intérêts du Québec.»
Le chef péquiste soutient que l’article prend des libertés avec la vérité, en affirmant que si on parle au consul, on parle au Département d’État. Il a rappelé que tous les partis ont des échanges avec les consuls quand ils viennent à l’Assemblée nationale.
Une porte-parole de l’ambassade des États-Unis à Ottawa citée par The Gazette a expliqué que les représentants des partis étrangers en visite à Washington demandent souvent des rencontres avec le Département d’État qui informe alors l’ambassade par courtoisie, mais, que dans ce cas, le rendez-vous n’a pas eu lieu parce que le voyage avait été annulé.
Plus tôt cette semaine, M. St-Pierre Plamondon avait déjà affirmé que personne, ni lui ni quelqu’un dans son parti, n’avait tenté de rencontrer un représentant du gouvernement américain.
La question de l’ingérence américaine est devenue un enjeu épineux de la campagne quand le 25 septembre, la cheffe caquiste Christine Fréchette disait être «très préoccupée» par «des informations sérieuses sur de possibles risques d’ingérence étrangère» américaine en vue de favoriser le PQ, à partir du contenu du blogue d’un groupe d’influence américain, puis elle avait ensuite admis qu’il n’y a «pas de nature à craindre pour l’intégrité du processus électoral québécois».
Avec des informations de Marieke Glorieux-Stryckman pour La Presse Canadienne

