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Coût du TGV: le PLQ et QS toujours en faveur du projet, le PQ s'inquiète

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Un train de Via Rail est aperçu sur les voies à Dorval, au Québec, alors qu'il quitte Montréal, le vendredi 23 mai 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Un train de Via Rail est aperçu sur les voies à Dorval, au Québec, alors qu'il quitte Montréal, le vendredi 23 mai 2025. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Christinne Muschi)

Les chefs libéral et solidaire maintiennent leur position en faveur d’un projet de train à grande vitesse (TGV) reliant Toronto à Québec, malgré une estimation à la hausse de la facture. Leur rival péquiste s’inquiète du «sérieux du projet».

Le TGV que proposent le fédéral et la société Alto pourrait coûter entre 75 et 113 milliards $, selon les calculs de la directrice parlementaire du budget.

Cette évaluation a été rendue publique jeudi. Le bureau de la directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, est arrivé à cette conclusion après avoir analysé des projets de TGV réalisés ailleurs dans le monde, notamment en Europe.

Cette estimation évoque des chiffres plus élevés que la fourchette avancée jusqu’à présent par le gouvernement fédéral et la société d’État Alto, qui est de 60 à 90 milliards $.

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, souhaite avoir des explications du promoteur.

«J’aimerais comprendre comment on arrive à ces chiffres-là, parce que c’est quand même assez drastique comme augmentation», a-t-il dit en point de presse, à Cowansville, en Estrie.

«Mais sur le concept (...) à ce stade-ci, nous, on est favorables au TGV, a poursuivi M. Milliard. On pense que c’est un projet de développement économique et touristique important.»

Le chef libéral a refusé de s’avancer sur un montant qui ne justifierait plus la tenue du projet, disant du même souffle que le tracé devra être révisé.

«Évidemment, il y a une capacité limitée de payer. Mais surtout, le tracé devra aussi faire l’objet d’autres modifications parce qu’il y a suffisamment de populations, entre autres dans le milieu agricole, qui sont inquiètes. Et ce projet-là n’est pas encore sur les rails, sans faire de jeu de mots. Mais personnellement, j’y crois», a-t-il conclu.

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, défend le projet en soutenant que la province doit faire «un rattrapage immense» en matière de transport en commun.

Elle invite tout de même Alto à faire «les choses de façon la plus transparente».

«Qu’on n’apprenne pas des choses comme ça par la bande, que l’on connaisse tout l’impact de ce projet-là, par exemple sur les agriculteurs. Puis qu’on soit partie prenante et au courant, pour ne pas nuire à ce projet-là qui est quand même important pour l’avenir du transport en commun au Québec», a affirmé Mme Ghazal, en point de presse, à Montréal.

Investir l’argent ailleurs

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a jugé «inquiétant, en termes de sérieux du projet, d’avoir une telle fluctuation de la valeur du projet au gré du vent».

Il mentionne que des estimations tournant autour de 150 et 200 milliards $ avaient aussi déjà circulé.

En juin dernier, M. St-Pierre Plamondon avait annoncé qu’un gouvernement péquiste retirerait le Québec du projet de TGV. Il demanderait au fédéral que les sommes devant représenter la part de la province dans le projet lui soient versées sans condition pour l’investir dans d’autres projets d’infrastructures.

Le chef péquiste a réitéré jeudi que, même à 113 milliards $, cet argent pourrait être investi ailleurs, comme rénover les routes et les hôpitaux.

«Si on me donne le choix entre ça avec 113 milliards, ou me rendre plus vite à Toronto, je pense que je vais prendre ce qu’il y a plus d’urgent pour la population», a soutenu M. St-Pierre Plamondon.

«Ce n’est pas 113 millions $. C’est 113 milliards $. Le nombre de projets qu’ont peut réaliser au Québec dans l’état de nos infrastructures est gigantesque. Il faut revenir à nos esprits dans ce dossier-là, je pense», a-t-il ajouté.

Le projet de TGV, qui est dans une phase de développement et de préconstruction, doit passer par Trois-Rivières, Laval, Montréal, Ottawa et Peterborough.

— Avec des informations de Mathieu Paquette de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture

Frédéric Lacroix-Couture

Journaliste