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Christine Fréchette, une vie d’engagements à son point culminant

Portrait de la première ministre sortante.

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Le première ministre et cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, prend part à un événement à L'Assomption, le mercredi 26 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov Le première ministre et cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, prend part à un événement à L'Assomption, le mercredi 26 août 2026. (Christopher Katsarov)

«La suite pour moi n’est pas écrite», avait dit Christine Fréchette à La Presse, en 2014, lorsqu’elle a quitté le Parti québécois en raison de la controversée Charte des valeurs.

La «suite» s’est écrite en 2022, lorsqu’elle a choisi la Coalition avenir Québec, qui lui a permis d’accéder au plus haut poste du pouvoir, là où seule une autre femme avait mis le pied.

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Avant son entrée en politique active, Christine Fréchette a fait discrètement sa place dans la sphère publique, notamment grâce à ses nombreux engagements. Dans la vingtaine, Mme Fréchette était impliquée dans la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), ainsi que dans différents organismes féministes, dont la Fédération des femmes du Québec et le Conseil du statut de la femme (CSF).

En tant que membre du CSF, elle militait entre autres pour une plus grande implication des femmes en politique.

«À l’Assemblée nationale, les élues féminines viennent à peine de franchir le cap des 20 %, constatait-elle en entrevue avec “Le Devoir” en 1998. Un gouvernement qui représente aussi mal 52 % de sa population est-il légitime?»

Lorsqu’elle est allée à l’Assemblée nationale pour la première fois en 2022, la proportion de femmes élues avait atteint 46 %, un record.

Dans les années 2000, Mme Fréchette s’est fait connaître notamment pour ses analyses sur la politique américaine, en tant que fondatrice-directrice du Forum sur l’intégration nord-américaine ou comme membre du Centre d’études et de recherches internationales (CÉRIUM). Lors des élections fédérales de 2011, elle commentait même l’actualité en tant que «férue de politique» aux côtés de l’actuel chef du Parti québécois, Paul St-Pierre-Plamondon.

C’est en 2012 qu’elle est entrée en politique active au Parti québécois, comme attachée de presse du ministre Jean-François Lisée, alors responsable des Relations internationales. Avant les élections de 2014, elle a finalement décidé de se retirer en raison de son désaccord sur la Charte des valeurs du gouvernement Marois. «Ce sera un volet important de la campagne, et je ne suis pas à l’aise de défendre cette position», avait-elle expliqué à «La Presse».

Son départ de la politique marque un virage plus économique pour Mme Fréchette, qui a d’abord occupé le poste de directrice des relations externes et institutionnelles chez Montréal International de 2014 en 2016. En 2016, elle est devenue présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal.

Elle est revenue en politique en 2022, cette fois-ci au-devant de la scène et avec un nouveau parti, la Coalition avenir Québec (CAQ). À entendre son prédécesseur, François Legault, elle a été accueillie à bras ouverts.

«Ça m’a pris 20 ans avant de la convaincre de soumettre sa candidature», avait lancé M. Legault, selon ce qu’a rapporté un journal local.

Selon les sources de «La Presse», Mme Fréchette avait failli faire le saut en politique municipale aux côtés de Denis Coderre, avant de se raviser.

Aussitôt élue en 2022, Christine Fréchette s’est fait confier un dossier chaud par le premier ministre Legault: l’immigration. Et moins de deux ans plus tard, elle a été choisie pour succéder à Pierre Fitzgibbon au poste de «superministre» de l’Économie. Ce sont dans ces nouveaux habits qu’elle a piloté notamment la réforme énergétique, qui a finalement été adoptée sous bâillon en 2025.

Lors du retrait de François Legault au début de l’année, le nom de Mme Fréchette figurera naturellement parmi ses principaux dauphins.

Celle-ci a tenté depuis ce moment de se distancier quelque peu du bilan de son prédécesseur, mais le temps presse pour se faire un nom en vue du scrutin d’octobre prochain.

Selon un coup de sonde effectué par la firme Léger pour les médias Québecor au début de l’été, seuls 12 % des répondants jugeaient que Mme Fréchette représentait le changement, loin derrière le chef péquiste Paul St-Pierre-Plamondon à 22 %.

Mme Fréchette talonnait toutefois davantage le chef du Parti québécois lorsqu’il est question du candidat qui ferait le meilleur premier ministre: 18 % des répondants ont donné leur appui à la caquiste, contre 22 % pour le péquiste.

Depuis l’élection de Mme Fréchette à la tête de la Coalition avenir Québec, plusieurs soulèvent la possibilité que celle-ci soit confrontée à une «falaise de verre» – une expression utilisée lorsqu’une femme est placée à une position de direction à un moment où une organisation traverse une crise. On la compare parfois à Kim Campbell, qui avait pris les rênes du gouvernement progressiste-conservateur dans la tourmente, avant que le parti soit presque éliminé de la carte en 1993.

Maintenant qu’elle a poursuivi la démolition du plafond de verre amorcée par ses prédécesseures, Mme Fréchette passe à la prochaine étape pour rester bien droite sur cette falaise où plusieurs d’entre elles ont trébuché malgré elles.

Vicky Fragasso-Marquis

Vicky Fragasso-Marquis

Journaliste