QUÉBEC — Le chef libéral Charles Milliard met en garde les électeurs tentés par le Parti québécois (PQ) contre le risque «d'entrer dans une spirale» qui mènerait à notre propre «Brexit».
Selon lui, les Québécois doivent regarder la contraction économique subie par le Royaume-Uni après son retrait de l'Union européenne.
«De toute évidence, les Anglais regrettent (...) de s'être séparés de l'Union européenne», a déclaré M. Milliard en mêlée de presse à Lachute, samedi.
Il plaide que le contexte géopolitique mondial se prête à l'unification des puissances moyennes.
«Face aux grands géants du monde, l'union fait la force pour nos agriculteurs, pour nos entrepreneurs, pour tout l'aspect de la réglementation», a-t-il dit.
«Donc, on devrait (...) agir avec extrêmement de précaution. (...) Le projet du (chef péquiste) Paul St-Pierre Plamondon, il est archaïque par rapport à la réalité économique.»
M. Milliard rappelle également que le premier ministre du Royaume-Uni, Andy Burnham, a récemment évoqué le retour du pays au sein de l'Union européenne.
Le «Brexit» est un peu devenu le «Bregret», a-t-il dit, reprenant la fameuse expression utilisée pour décrire le sentiment de regret des Anglais.
Charles Milliard se trouvait à reprendre à son compte l'argument présenté vendredi par le ministre des Finances, et candidat caquiste dans Groulx, Eric Girard.
Ce dernier prévenait qu'un «Québec indépendant, souverain, serait plus pauvre» et pourrait perdre jusqu'à 65 milliards $ de son activité économique, selon certains scénarios.
Il soulignait que l'économie britannique était de 6 à 8 % inférieure depuis qu'elle avait décidé de «se replier sur elle-même».
Samedi, le chef libéral s'est fait demander pourquoi il laissait la place à la Coalition avenir Québec (CAQ) dans ce dossier.
Ce n'est pas plutôt le rôle du Parti libéral du Québec (PLQ) de présenter ce genre d'analyses? a demandé une journaliste.
«Je pense que les jeunes ne sont pas nécessairement à savoir est-ce que ça va avoir un impact de 40, 50, 60 milliards $» a-t-il répondu.
«À ce stade-ci de la campagne, je pense que les gens sont à se demander: "Est-ce qu'on veut manger de ce pain-là ou pas?"»
Ce qu'il faut savoir, c'est que le PLQ, lui, «n'amputera pas des opportunités économiques», a-t-il plaidé.
«Absolument rien n'est joué»
M. Milliard a commencé la journée, samedi, à Lachute, dans le comté d'Argenteuil, qu'il souhaite reprendre à la CAQ.
Il s'est ensuite dirigé vers Trois-Rivières, où il a participé à un dîner militant, avant de reprendre la route pour Québec.
Vers midi, le restaurant Maman Fournier était bondé de sympathisants libéraux qui regardaient LCN et qui réagissaient à chaque apparition de Charles Milliard.
Quelques-uns d'entre eux ont hué Paul St-Pierre Plamondon, entre deux bouchées de spaghetti, quand il est apparu à l'écran.
La circonscription de Trois-Rivières, où se présente la cheffe caquiste Christine Fréchette, pourrait très bien passer aux mains des péquistes, selon l'agrégateur de sondages Qc125.
Le chef libéral a dit ne rien concéder à 48 heures du vote, alors que les sondages placent toujours son parti en deuxième position, derrière le PQ.
Dans les circonscriptions de Louis-Hébert, de La Peltrie et de Jean-Talon qu'il a visitées à Québec, son parti se bat avec le PQ et le Parti conservateur.
Pour l'instant, aucune circonscription n'est acquise aux libéraux à Québec.
«Absolument rien n'est joué», a toutefois martelé M. Milliard devant ses partisans. Si 26 % des Québécois sont allés voter par anticipation, cela veut dire qu'il en reste 74 %, a-t-il dit.
«Ça, c'est encore plusieurs millions de personnes qui n'ont pas encore pris leur crayon, ils ne sont pas encore allés faire un X. (...) C'est tout sauf terminé.»
Il a demandé à tous les bénévoles, aussi bien dans Argenteuil que dans Trois-Rivières et Québec, de travailler jusqu'à «19 h 59 lundi soir».
Les bureaux de vote fermeront à 20 h lundi.
Caroline Plante, La Presse Canadienne

