Si les libéraux forment le prochain gouvernement, le Québec aurait un nouveau premier ministre issu de la filière québécoise du défunt parti progressiste-conservateur, comme l’ont été Lucien Bouchard et Jean Charest.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a milité activement pour le parti fédéral de centre droit dirigé alors par Joe Clark à la fin des années 1990 et au début des années 2000.
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Dans plus d’une entrevue, le politicien a qualifié ce courant de «portefeuille à droite et de cœur à gauche».
«Je m’identifiais beaucoup à ce mouvement-là, Mulroney, Bouchard, des hommes qui voulaient des livres bien balancés pour financer les programmes sociaux», a-t-il expliqué dans une entrevue à «La Presse» en mai 2025.
M. Milliard ne se reconnaît toutefois pas dans la frange des conservateurs sociaux. «Il y a quelque chose d’intéressant dans la droite économique, mais quand on parle de droite sociale, je ne suis pas là du tout. Rien, zéro, nada», a-t-il affirmé au magazine LGBTQ+ «Fugues» en février 2025.
Même s’il a eu la piqûre pour la politique très jeune, le chef libéral aura attendu la quarantaine avant de tenter de se faire élire.
«J’ai toujours su que la politique, ça faisait partie de moi, a-t-il confié au journal «Le Devoir» en janvier. Je ne me levais pas tous les matins pour arriver là, mais j’ai toujours su que je tenterais ma chance.»
De pharmacien à politicien
Né en 1979 à Lévis, il a commencé sa carrière en tant que pharmacien. Il a vite gravi les échelons chez Uniprix. En 2008, il est devenu le visage de l’entreprise, notamment en faisant des chroniques santé dans les médias québécois. En 2013, à 33 ans, il est nommé vice-président exécutif de la chaîne de pharmacies.
Après un passage à la firme de relations publiques National, il est nommé pdg de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) en 2020, où il a porté la voix du milieu des affaires auprès du gouvernement Legault de la Coalition avenir Québec (CAQ).
«Je pense que c’est mon côté politique qui commençait à piaffer un peu», a reconnu M. Milliard en parlant de ce changement de carrière dans une entrevue récente à la radio en ligne Qub.
Son travail à la FCCQ lui aura permis de diversifier ses dossiers au-delà de la santé pour parler d’économie, d’entrepreneuriat, d’éducation, de transport ou d’environnement.
«Ça m’a permis surtout d’aller partout au Québec, a-t-il dit au micro de la station en ligne de Québecor. (…) J’ai fait beaucoup de kilomètres. J’ai mangé beaucoup d’asphalte et ça me sert aujourd’hui et ça m’anime.»
Il se lance finalement en politique partisane en 2024, en annonçant son intention de briguer la chefferie du PLQ.
Son ascension à la tête du parti fédéraliste a été une double surprise dans les rangs libéraux.
Durant la première course, il a défié les prognostiques en chauffant le vainqueur pressenti. L’ancien ministre fédéral Pablo Rodriguez l’emporte de justesse au deuxième tour.
Un deuxième coup de théâtre survient quelques mois plus tard. L’exclusion de la cheffe parlementaire Marwah Rizqy et l’«affaire des brownies» ébranle le leadership de M. Rodriguez, qui démissionne.
M. Milliard l’emporte ainsi sans difficulté, en février dernier, lors d’une deuxième course à la chefferie.
Si les libéraux sortent vainqueurs de la campagne électorale, M. Milliard deviendrait le premier chef d’un gouvernement québécois ouvertement homosexuel.
Vingt ans après la nomination d’André Boisclair à la tête du Parti québécois (PQ), M. Milliard n’hésite pas à s’afficher avec son conjoint dans les événements publics, tout en parlant peu de cette partie de son identité.
«Je ne l’ai jamais cachée, mais je n’ai jamais écrit un courriel ou un communiqué de presse pour en parler, a-t-il expliqué à Fugues. Ça a toujours été une partie de moi, mais pas un élément de différenciation.»
Amateur d’art, M. Milliard a siégé au conseil d’administration de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et du festival TransAmérique (FTA). «J’ai une grande passion pour les arts et beaucoup d’amis en théâtre et en musique, alors j’ai voulu m’impliquer», raconte-t-il à «L’Express d’Outremont» en 2016.
Dans ses temps libres, M. Milliard est un amateur de lecture. Il a également un intérêt pour la lutte et le curling.

